La guerre souterraine – fin –


Renseignement contre libertés! Attention danger. Chapitre 15 final

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Observatoire du MENSONGE 

La guerre souterraine

Par Daniel Desurvire

Chapitre 15

Quand le renseignement d’État, au motif de terrorisme, explose le secret de la vie privée des citoyens, faisant fi de la corruption financière qui sévit dans ses rangs.

Dans son livre, Philippe de Villiers se souvient de ses jeunes années à l’ÉNA, grande école dont il fut lui-même stagiaire : « On nous donne un dossier, et on a 6 heures pour faire un décret. C’est l’idée qu’un jeune homme, qui ne sait rien de la vie et ne dispose d’aucune expérience, va réformer la société… » La technocratie de l’oligarchie sociale-démocrate accouche d’un monde virtuel qu’elle est la seule à appréhender, tandis que le vrai monde saigne sous le poids de l’incompétence chronique de ces premiers incapables de réaliser les conséquences sur le terrain de leur incurie sociale, de leurs décisions liberticides et de leur laxisme aux frontières de l’Europe. L’ÉNA, « C’est une couveuse à têtes d’œuf du politiquement correct, et ça donne Juppé et Fabius. Vous entrez à l’ÉNA avec 3 000 mots, vous sortez avec 30 mots », affirme Philippe de Villiers. On ne devrait jamais abandonner une démocratie entre les mains des élites, parce que précisément cette fine fleur clonée d’une mandature à l’autre, dès lors qu’elle entre en séminaire dans les grands corps de l’État puis en campagne où ceux-là prêchent pour eux-mêmes, ont pour vocation de mépriser le peuple d’en bas ; une locution douteuse de Jean-Pierre Raffarin, vraisemblablement inspirée de l’œuvre phare de Jack London (« The People of the Abyss » 1903).
Sur un registre assez proche bien qu’historiquement lointain, il est annoncé que le petit peuple, selon l’expression de Cicéron, ne peut agir sans ses représentants, car les masses populaires sont considérées immatures, donc présumées dépourvues d’instruction, de compétence et de discernement. Ainsi, pour l’Abbé Emmanuel-Joseph Sieyès, l’un des principaux promoteurs de la Constitution française, « La grande majorité des Français n’a pas assez d’instruction, ni assez de loisir pour vouloir s’occuper directement des lois qui doivent gouverner la France ». Ironie qui frise le mépris dans l’esprit des fondateurs de la République, il ne saurait y avoir de démocratie directe (participative) ou de peuple souverain, lequel s’exprimerait en même temps ce qui le rendrait inaudible. Ce pourquoi les élus se dissocient du bas-peuple pour se donner les moyens de gouverner en marge d’une démocratie populaire délibérative.
Pourtant, à bien y regarder, les électeurs français n’apparaissent pas aussi ganaches ou insensibles aux fricotages politiques qui se trament dans les coulisses du pouvoir. C’est ainsi qu’aux élections présidentielles d’avril-mars 2017, le système bipartiste qui régentait la Nation depuis la Ve République a été brisé au premier tour, puis balayé au second. Ne voit-on pas dans cette rupture imprédictible sur le moment un message du peuple, un vote sanction de salut public qui aura finalement disqualifié les états-majors de la prétendue indétrônable social-démocratie de gauche à droite ? Les frères « Pierre et Jean » de Guy de Maupassant illustrent quelque peu cette rivalité feinte, une parabole permise entre républicains et socio-libéraux qui se partagent impunément et comme larrons en foire le gâteau élyséen depuis le 4 octobre 1958.
La jésuitique alternance gagnant-gagnant entre républicains centristes et socialistes libéraux aura finalement achoppé sur l’obstacle de la suffisance ou de l’illusion, quant à la conviction que rien ne changera lorsque tour à tour chacune de ces dynasties, depuis la rue de Solferino à rue de Vaugirard, se relayent depuis des lustres sur le perron de l’Élysée. Ce fut en effet par l’imprudente certitude que rien ne pourrait jamais ébranler le château de cartes soi-disant le plus stable de l’histoire – sauf durant la IIIe République – derrière cette théâtrale mise en scène entre bonnet blanc et blanc bonnet, que les électeurs de la vieille France auront choisi l’intrépide jeunesse d’un candidat pour assumer la charge de la plus haute fonction, certes de profil social-républicain (RS) comme le fut en son temps Charles de Gaulle, mais sans étiquette, autant dire sans casseroles !
En conclusion et pour boucler la boucle, le droit au renseignement ne doit pas ou ne doit plus être l’apanage des puissants et de leurs donneurs d’ordre. Que peut rapporter l’espionnage de 99,99 % de français qui ne sont pas des terroristes (Voir supra, §-II) ? Ne serait-il pas plus judicieux de retourner d’abord le renseignement en enquête de probité vers ceux qui font les lois et ont la charge précisément d’assurer la sécurité du territoire et des citoyens ? Ne faudrait-il pas établir au premier chef la crédibilité d’une gouvernance et garantir la probité des élus ; ces élites qui se doivent d’être exemplaires dans l’exercice de leur charge puisqu’ils sont les garants des institutions républicaines ? Le droit à la vie privé est d’abord un droit qui concerne tous les français lambda, et non pas s’organiser en pré carré des hommes publics, lesquels se doivent de n’avoir rien à dissimuler de leur patrimoine eu égard à leur fonction politique et leur responsabilité morale envers le peuple qui leur a accordé confiance par les urnes.
Et pourtant, lorsqu’en avril 2016 il fut révélé le scandale des « Paradise Pepers », les conclusions d’enquêtes menées par 381 chroniqueurs à l’initiative du quotidien allemand Süddeutsche Zeitun sous la coordination du consortium international des journalistes d’investigation ICIJ à Washington, il fut constaté que les paradis fiscaux n’étaient pas une anomalie du système, mais qu’ils étaient le système ! 13 millions de documents furent extraits de cette zone d’ombre, dont les « Panamas Papers », qui impliquent directement ou indirectement des personnalités ou leur entourage comme la Reine d’Angleterre, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le Président US Donald Trump, le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, et des milliers d’autres personnes influentes en politique ou en affaires sur la planète, donc en Europe et bien entendu en France. Alors oui, entre le renseignement d’État et la confidentialité de vie privée : pour qui ces droits et ces devoirs doivent-ils prioritairement s’imposer ?
fin…

Daniel Desurvire

Ancien directeur du Centre d’Étude juridique, économique et politique de Paris (CEJEP), correspondant de presse juridique et judiciaire.

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5 commentaires

  1. En admettant que soit juste: « La grande majorité des Français n’a pas assez d’instruction, ni assez de loisir pour vouloir s’occuper directement des lois qui doivent gouverner la France ». Ceci amène un argument de preuve supplémentaire que la gouvernance du pays ne s’intéresse pas du tout à l’évolution du Peuple. Vaut mieux le garder dans l’ignorance afin de mieux le manipuler. Ce n’est pas pour rien, comme dans un de mes articles, que les Énarques apprennent à maîtriser la langue de bois:belles paroles, beaux discours pour ne rien dire. Le Peuple vit constamment dans le leurre. Manipulations volontaires éhontées.
    Comment lui demander de faire la part des choses? Alors que, dans ses conditions actuelles de vie, le Peuple est siphonné de tous bords tous côtés, il est beaucoup plus préoccupé à trouver le moyen de survivre.

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  2. Abraham Lincoln dans l’un de ses discours énonçait : « La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. » Oui mais en réalité ce n’est pas le cas en France ou le pouvoir d’Indépendance de la justice n’est pas neutre : Les magistrats devraient avoir interdiction de faire allégeance à toute organisation politique, syndicale ou franc-maçonne. Tout manquement doit être sanctionné par une révocation sans délai…
    Comme l’a si bien écrit Alexandre Goldfarb :
    « La France avait Saint-Louis rendant la justice sous son chêne, elle connait maintenant Macron créant l’injustice partout et en prime c’est super bling bling… »

    Et que penser de votre phrase Daniel Desurvire ??? :
    « On ne devrait jamais abandonner une démocratie entre les mains des élites, parce que précisément cette fine fleur clonée d’une mandature à l’autre, dès lors qu’elle entre en séminaire dans les grands corps de l’État puis en campagne où ceux-là prêchent pour eux-mêmes, ont pour vocation de mépriser le peuple d’en bas ; une locution douteuse de Jean-Pierre Raffarin, vraisemblablement inspirée de l’œuvre phare de Jack London (« The People of the Abyss » 1903). »

    « Quant au peuple contrairement à ce qu’en disait De Gaulle il n’est pas veau mais plutôt mouton. Il se contente de suivre, de subir et de râler. » Une très belle citation de Alexandre Goldfarb
    Daniel Desurvire, il y a un espoir, celui de vous lire prochainement encore dans l’Observatoire du Mensonge pour de nouveaux chapitres sur des faits nouveaux…Encore merci pour vos éclairages.

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