Pourquoi Les Républicains ont perdu


L’abandon de la cause identitaire par la droite élitaire, pressée d’être de son temps, vaut à Bellamy son échec cuisant. Ce séisme annonce un basculement politique.

«Pourquoi Les Républicains ont perdu»

Par Ivan Rioufol

CHRONIQUE – L’abandon de la cause identitaire par la droite élitaire, pressée d’être de son temps, vaut à Bellamy son échec cuisant. Ce séisme annonce un basculement politique.
À quoi ressemble la France? À un pays durablement fracturé. Les habitants des métropoles mondialisées se désolidarisent des inquiétudes de ceux qui, au cœur des provinces, craignent la dilution de leur mode de vie. La bourgeoisie urbaine a déserté le combat civilisationnel des «réacs» d’en bas. Elle a préféré rejoindre la majorité présidentielle et son parti de l’Ordre, conforté par la mise au pas des «gilets jaunes». La photographie des européennes fait ressortir cette mésentente civile: le Rassemblement national domine les territoires en quête de protections sociales et culturelles ; La République en marche s’impose dans les grandes villes ouvertes et enrichies, ainsi que dans l’Ouest désenclavé et catholique. À Paris, le feutré XVIe arrondissement a préféré voter pour le «progressisme» plutôt que pour le conservatisme de François-Xavier Bellamy (LR). Même à Versailles, l’enfant de la ville et adjoint au maire n’est arrivé que deuxième. Cet abandon de la cause identitaire par la droite élitaire, pressée d’être de son temps, vaut à Bellamy son échec cuisant (8,48 %). Ce séisme annonce un basculement politique.
Cette débandade dit la médiocrité de cette droite sans convictions.
Dès lundi, Geoffroy Didier, ex-bras droit de Bellamy, a reproché au vaincu son «conservatisme sociétal» et son plaidoyer contre l’arrêt des soins de Vincent Lambert. Cette débandade dit la médiocrité de cette droite sans convictions. La trahison est chez elle une seconde nature. La voilà prête à imiter la macronie bêtasse quand celle-ci désignait la tête de liste LR comme un «passéiste», au prétexte que le jeune philosophe évoquait brillamment les racines gréco-latines et judéo-chrétiennes de l’Europe. Rien de durable ne peut être construit avec cette caste sans honneur ni vision. Elle est prête à larguer la nation et le peuple pourne pas paraître, aux yeux de prétendus modernes, nationaliste ni populiste. Les électeurs soucieux de la préservation de leur pays ne peuvent plus faire confiance à de tels bradeurs. Bellamy n’a pas à s’excuser de sa déroute comme il l’a fait: elle vient des défaillances répétées de son camp mouvant. Les Républicains n’apportent plus rien à la politique, sinon, pour certains, la honte du reniement.
La nouvelle révolution, entamée avec le réveil des Oubliés, n’épargnera pas les équilibres politiques. Édouard Philippe a raison quand il dit, au vu des résultats de dimanche: «Les anciens clivages ne sont plus.»Le tête-à-tête entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron balaie la vieille opposition droite-gauche, au profit de la confrontation mondialistes- souverainistes, avalisée par le chef de l’État. Toutefois, rien n’est moins évident que sa victoire, présentée comme acquise par le Système en dépit de sa deuxième place. Certes, moins de 1 % des voix sépare LREM (22,41 %) du RN (23,31 %). Mais ce score fait perdre au président son pari de battre Le Pen. RN gagne 600 000 voix par rapport à 2014 et arrive en tête dans 76 départements. Quant à Macron, s’il peut se féliciter d’avoir attiré 27 % des électeurs de François Fillon, il reste confronté à la défiance de 8 Français sur 10. Près de 50 % des inscrits se sont abstenus. Lorsque Loiseau dit de son bilan: «Ce n’est pas une défaite», resurgit l’incendiaire arrogance d’un pouvoir resté fragile.
Laurent Wauquiez, président des Républicains, propose des «états généraux» du parti, à la rentrée. Gérard Larcher, président du Sénat (LR), veut pour sa part susciter dès à présent un rassemblement de la droite et du centre, en partant des élus de terrain. Ces gesticulations resteront vaines tant que la droite n’aura pas choisi son camp, entre progressisme et populisme. Macron sera réélu en 2022 s’il se retrouve face à Le Pen, restée isolée politiquement. Or cette issue pourrait être détournée si les souverainistes décidaient enfin de s’allier contre les mondialistes, en passant outre les interdits d’un rapprochement avec le RN recentré. Dès dimanche soir,la gauche en déroute n’avait que le mot «union» à la bouche. Rien ne justifie que ce qui reste de la droite conservatrice, élaguée de ses faux frères, ne puisse tisser de semblables coalitions avec ceux qui lui ressemblent. Sur les questions sociétales,les différences entre LR et RN sont mineures. Les questions économiques et sociales peuvent s’ouvrir à des compromis.
Pourquoi tergiverser?

Ivan Rioufol

éditorialiste au Figaro

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Ivan Rioufol pour Le Figaro

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6 commentaires

  1. c’est juste , à mes yeux ce que vous dites Mr Rioufol , je mets un bémol à : « la droite n’a pas choisi entre le progressisme et le populisme « , les deux sont compatibles il faut savoir ce que l’on met dedans , mais surtout ne pas céder à la facilité et aux dires de ce président qui nous enferme dans (s)ces définitions ! le populisme peut, en gardant son identité, et le socle qui a batit la Nation , aller vers le progres ; c’est évident, car fort de notre identité nous allons au progrès avec l’énergie qu’il sied à tout être humain ! là avec ce président , notre assise, nos valeurs sont coupées à la base, et c’est normal puisqu’il ne les connait pas ! juste que certains ont voté pour sa jeunesse ! Zermmour donnait une citation de Lamartine qui me parait juste : » à chaque fois qu’une théorie est en contradiction avec la survie de la société, elle est fausse ! » dès qu’ on le constate , nous avons la réponse ! depuis 40 ans le « progressisme « , celui que nous vivons, complètement anti humain, nous détruit , quand celui d’avant les 40 ans nous a fait construire de belles choses, sur le plan spirituel comme sur le plan matériel ! c’est l’instinct de mort ! AQue voulons nous ?

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  2. L’un comme l’autre n’apporteront rien de ce qu’il est indispensable c’est à dire l’espoir d’un monde meilleur. Ces partis ont fait leur temps et ont mené la France dans les bras d’un jeune fou piloté par le Grand capital. A l’heure actuelle les peuples commencent à prendre conscience de l’état de notre pays. Les braillements sans cesse répétés de l’attachement à l’UE ne font que convaincre unpeu plus les gens de l’inutilité de ce machin qui sert à tout et à rien sauf d’enrichir un peu plus les riches. Le LR comme le RN cherchent leur part de gâteau. Ce ne sont pas ceux là qui sortiront notre pays de l’esclavage de l’UE pour redonner au peuple français son indépendance. Vive le crédit et vive Monsieur Asselineau. S B

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    1. @ baby
      « ..LR comme le RN cherchent leur part de gâteau. Ce ne sont pas ceux là qui sortir pays de l’esclavage de l’UE pour redonner au peuple français son indépendance. » À ctoire que vous n’avez pas compris ou envie dr comprendre le RN : MLP veut l’Europe des nations souverainistes et non plus l’EU telle qu’elle existe…

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  3. vous me faites sourires , avec Macron élues en 2022 ,,,les municipales c « est bientôt ,plus les gens en on real bol du président , plus il voterons RN ,,

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  4. fin de l’UMP,RPR, UD5
    la disparition du parti héritier du gaullisme est la punition d’une longue série de trahisons et de reniements, depuis le « je vous ai compris » en 58, l’abandon de nos harkis et des français d’algérie massacrés en 62, le regroupement familial de Chirac dont on voit les conséquences désastreuses aujourd’hui, le traité de Mastrich adopté de justesse grace à l’appui de Chirac, encore lui, le traité de Lisbonne de Sarkozy voté en congrès alors que le référendum l’avait refusé, une forfaiture, et j’en oublie!
    ils quittent aujourd’hui le navire en perdition pour rejoindre la chaloupe macron , dirigeants sans convictions politiques, sans honneur, avec seulement des ambitions de carriére, je ne cite pas de noms, inutile nous les connaissons tous!

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