L’Etat faible et le malheur français

Le naufrage dans l’exubérance politico-médiatique a un sens: recouvrir, masquer une logique d’échec et de démission…

L’Etat faible et le malheur français

Par Maxime Tandonnet

La question n’est pas ici d’incriminer en particulier les dirigeants actuels du pays. Les gesticulations, polémiques, postures, coups de menton, provocations à tort et à travers, reculades, volte-face, la logorrhée et le tourbillon politico-médiatique, l’exacerbation du culte de la personnalité, sont les symptôme de l’impuissance et non la cause. Le naufrage dans l’exubérance politico-médiatique a un sens: recouvrir, masquer une logique d’échec et de démission qui se prolonge sur des décennies et ne fait jamais que s’accélérer.

Le mal est profond et s’aggrave presque à vue d’œil. L’Etat ne remplit plus ses missions essentielles. Le rôle d’un Etat, par-delà les aléas des politiques, est d’assurer l’ordre public: la sécurité face à la criminalité et la délinquance, le contrôle des frontières et le respect intransigeant des règles de l’entrée et du séjour, la protection face aux menaces extérieures, la cohésion sociale en combattant la pauvreté et l’unité nationale en interdisant les velléités séparatistes ou communautaristes. A cette fin, il dispose d’un pouvoir législatif pour définir la loi ou les règles de la vie en commun, d’un exécutif, d’une armée et d’une police pour les faire appliquer et d’une justice dont la mission est de sanctionner la violation du droit.

Toute cette logique est fracassée aujourd’hui, et c’est pourquoi, sous des formes multiples, la France plonge dans le chaos: violence, délinquance, criminalité, explosion des flux migratoires, terrorisme, fragmentation communautariste, et manifestations ouvertes de toute les haines, pauvreté galopante, bidonvilles, banalisation de l’échec scolaire, ont une cause essentielle: la défaillance de l’Etat. En s’effaçant, ce dernier ouvre la voie au fanatisme et à une logique de guerre civile. La défaillance a pour origine l’effondrement, dans les sphères dirigeantes et influentes du sens de l’esprit public, la diabolisation des notions d’ordre et d’autorité.

Remplacer un Guignol par un (e) autre ne changera strictement rien. L’entreprise de redressement de l’autorité de l’Etat est une oeuvre de longue haleine qui passe par une prise de conscience aussi large que possible de la situation authentiquement cataclysmique de la France et par la mobilisation d’une équipe dirigeante nouvelle, œuvrant, autant que faire ce peut, dans la confiance du pays. Tout commence par le rétablissement de l’autorité dans les esprits et de l’ordre dans la vie publique sans lesquels rien ne sera jamais possible.


2 commentaires

  1. M. Tandonnet vous écrivez justement: « banalisation de l’échec scolaire ». Encore faut-il souligner, aussi, la dégradation des programmes visant aussi, à camoufler (minimiser) les échecs!

  2. Merci de signaler cette situation, M. Tandonnet, qui ne cesse d’empirer avec cette gangrène d’une religion qui n’est pas d’amour mais bien guerrière.

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