Rebondir 5


Si les petites et moyennes entreprise (PME) ne changent pas leur façon de procéder, la crise risque fort de les dévorer.

Rebondir

Par Robert Coignard

Chapitre 5

→ Autre regard sur la « résilience »
Nous sommes tous potentiellement résilients
Cette capacité à surmonter les traumatismes s’appelle la résilience. Le terme, emprunté à la physique, désigne le retour à l’état initial d’un élément déformé. Les psychiatres américains spécialisés dans la petite enfance, ont adopté le mot dans les années 90. Il a ensuite été popularisé en France par Boris Cyrulnik. A en croire le psychothérapeute, « environ une personne sur deux subit un traumatisme au cours de son existence, qu’il s’agisse d’un inceste, d’un viol, de la perte précoce d’un être cher, d’une maladie grave ou d’une guerre ».
La résilience, innée ou acquise ?
Notre développement est régi par un certain nombre de déterminants génétiques. Le cerveau de certains individus sécrète beaucoup de dopamine et de sérotonine, qui jouent un rôle d’euphorisants. A contrario près de 2 % des enfants naîtraient avec un potentiel de « force psychique » diminué. Il serait cependant illusoire d’imaginer qu’une analyse de l’ADN suffirait à savoir si un enfant est prédisposé. Son caractère et son environnement affectif jouent un rôle primordial.
Dès leurs premiers jours, les bébés adaptent leurs comportements en fonction de l’attitude des parents à leur égard. Quatre sortes d’attachement réciproque peuvent ainsi être distinguées :
• Sécurisant (65 %), ces enfants ont les meilleures chances de s’en sortir en cas de malheur ;
• Evitant (20 %), ils maintiennent leurs distances ;
• Ambivalents ou désorganisés (15 %).
Selon le type de relation qu’ils réussissent à établir, ils sauront plus ou moins bien se reconstruire après une blessure de la vie.

Savoir « mettre au monde »
« Faire naître un enfant n’est pas suffisant, il faut aussi le mettre au monde » affirme Boris Cyrulnik. Ses travaux insistent sur l’importance des « nourritures affectives ». C’est pour l’avoir ignoré, sous l’ère Ceausescu, que 40 % des orphelins et enfants abandonnés sont morts en Roumanie. Les adultes doivent aider les enfants à se construire un capital psychique qui leur permettra de façonner leur résilience et trouver les ressources intérieures et extérieures le moment venu. Ainsi quand un père joue à poursuivre son enfant en faisant la grosse voix, ce dernier comprend qu’il s’agit d’un jeu. Cette comédie permet la familiarisation avec l’inconnu et sert à maîtriser sa peur. Cela ne signifie pas que l’enfant sera « immunisé » à vie contre les malheurs, mais il acquière un premier facteur de résilience.
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Indifférence n’est pas résilience
Pour se protéger, les enfants non résilients mettent en œuvre des stratégies qui vont de la négation des événements dont ils ont été victimes, à l’humour qui permet la mise à distance, ou la haine. Un jour les enfants se révoltent et refusent d’être stigmatisés dans le rôle d’une victime qui subit. Légèrement narcissiques les résilients ? Peut-être, car il y a quelque chose de l’ordre du défi qui s’exprime ainsi : « l’image que vous vous faites de moi ne correspond pas à ma réalité. Un jour je m’en sortirai et vous montrerai de quoi je suis capable ». Ce sursaut d’orgueil s’appuie souvent sur des « tuteurs de développement : des adultes compréhensifs, choisis comme substitut parental, qui vont leur redonner confiance en posant sur eux un nouveau regard.
La résilience comme mythe du renouveau
Si l’on parle davantage de résilience aujourd’hui, c’est que nous sommes plus réceptifs à ce discours. Les affaires de pédophilie et de viols sortent de l’ombre, et les victimes, rongées par leur sentiment de culpabilité et de honte, osent un peu plus prendre la parole.
Cette attitude « christique » (la nécessité de mourir pour pouvoir renaître) est très valorisée.
Michel Hanus, spécialiste du deuil, en vient à se demander si en fait de résilience, il ne s’agirait pas tout simplement d’une forme de deuil avec ses 3 phases :
→ Le traumatisme, l’état dépressif, l’assimilation du deuil.
Dans tous les cas, être résilient ce n’est pas être invulnérable, mais apprendre à résister aux traumatismes, en faisant appel à la confiance enfouie en chacun de nous et qui tarde parfois à s’exprimer…
(Ecrit par:Mathieu Ozanam, Journaliste
Révision médicale : Dr Jesus Cardenas, Directeur médical de Doctissimo, 11 décembre 2015)
Sources :
« Un merveilleux malheur » de Boris Cyrulnik, Editions Odile Jacob, 1999.
« La résilience à quel prix ? » de Michel Hanus, Editions Maloine, 2001.
« Plus fort que la haine » de Tim Guénard, Presses de la Renaissance, 1999.

D- APRES UNE CRISE
Le risque de « stress post traumatique » (TSPT)
Une « Crise majeure, ou pas, » traumatise toujours tant les Hommes que les Organisations par les « résidus de stress post traumatiques » des Hommes qui la constituent.
La « Communication pour sortir d’une crise » revêt donc la nécessité d’un « doigté » particulièrement souple et prudent suivant les divers interlocuteurs, dont, parfois « les nerfs sont à fleur de peau ».
Les « stress post-traumatiques » ne sont jamais à négliger après n’importe quel évènement dramatique de quelle qu’origine qu’il soit. Une « crise majeure », avec ou sans confinement, est traumatisante pour tous !
De nouveaux traitements ont été mis au point récemment pour réduire « l’émotivité » qui est la cause principale des conséquences dues aux traumatismes :
Les travaux en 2003 d’Alain Brunet et l’équipe de Guillaume Vaiva, chef du service de psychiatrie du CHU de Lille, ont démontré que l’utilisation du « prépranolol » (bêta bloquant) pouvait bloquer la consolidation du souvenir émotionnel (La molécule agit principalement sur l’amygdale et bloque la reconsolidation de la mémoire, atténuant ainsi la charge émotionnelle du souvenir traumatique- A. Brunet et al. The American Journal of Psychiatry, 2018).
→ Ce protocole a été validé dans la pratique clinique courante, fin 2019, dans le cadre du projet Paris Mémoire vive (Paris MEM)

À suivre

Robert Coignard


(Ingénieur Conservatoire National des Arts et Métiers) (DEA images et communications – Labo. IMAC de Paris Nord) (Euring : Ingénieur européen FEANI)


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