La conquête de l’Occident #23


Qu’on le veuille ou non, notre société occidentale se trouve confrontée à une croisade contre ses valeurs et son mode de vie : le nier ne sert à rien, l’accepter c’est se soumettre. Chapitre 23

La conquête de l’Occident

Par Daniel Desurvire

Chapitre 23

De fait, cette élite apprêtée d’énarques use et abuse des pouvoirs concentrés dont elle dispose à la faveur d’une démocratie représentative ; la plus éloignée possible du « peuple d’en bas » (« The People of the Abyss », selon Jack London). Il est aperçu plus loin combien il est périlleux pour les édiles et autres Néron qu’une démocratie puisse fonctionner de façon délibérative. Même les fondateurs de la DDHC du 26 août 1789 avaient admis qu’aucun régime populaire ne pouvait placer la gouvernance d’un pays sous l’autorité directe des citoyens, car en laissant tout le monde parler en même temps, les débats tourneraient à la cacophonie et le pays serait livré à l’anarchie. Le mouvement des Gilets jaunes en France illustre ce paradoxe où la démocratie directe ne saurait être un droit d’expression populaire monochrome, paisible et délibératif, alors que la démocratie représentative finit par se déboulonner de sa base et se corrompre dans l’abus de pouvoir, les concussions et la cupidité.

Le référendum et les élections au suffrage direct sont des moyens d’appel les plus courts vers les électeurs. Or, ce droit d’expression sans entrave pour les citoyens, se pose telle une épée de Damoclès pour les gens de pouvoir, d’où un cauchemar pour la carrière les élus ! Ipso facto, le pouvoir sans accommodement avec le peuple suppose pour les gouvernances un verrouillage contre toute sédition intellectuelle, un droit que l’exécutif ne souhaite pas répandre au-delà des pupitres des porte-parole ministériels et des bancs parlementaires. Ce pourquoi, de ces instruments de gestion d’État d’un abord facile pour les citoyens, mais tranchants et imprévisibles pour les élus, les politico-technocrates n’en font usage que très modérément, autant dire dans la stricte limite imposée par la Constitution.

Devant cette frilosité des grands élus à user de ce type de consultation référendaire par les électeurs, comprenons que seulement neuf référendums furent proposés aux Français sur l’Hexagone en 60 ans passé la Ve République (1958), dont quatre par Charles de Gaulle, les cinq autres par des législatures de droite et dans les DOM-TOM, mais jamais par les gouvernements de gauche, comme sous les mandatures socialistes de Mitterrand et de Hollande qui se prétendent pourtant plus près du peuple ! En guise de consultation populaire, la vulgarisation du numérique sur la toile, le GSM et les réseaux sociaux, renforcent ce pouvoir exorbitant habitué à fonctionner en autarcie chez les gens de pouvoir, moins disposés à user d’outils de consultation délibératifs auprès de leurs électeurs. Une manipulation discrète de l’information est opérée par le renseignement administratif qui échappe à l’ordre judiciaire ; un travail parfois dévolu à des organes de droit privé mandatés[1]Les données recueillies sont captées depuis les instruments fournis par les Gafam à l’insu des internautes, lesquels subissent une censure voilée sur des codes d’erreur (n°s 403, 404 [page inexistante, introuvable], 451, 503 [indisponible]). En échange de ces yeux numériques, un régime fiscal de faveur est accordé aux Gafam qui transmettent à l’exécutif des volumes colossaux de correspondances qui sont observés, triés puis stockés à l’aide de blakbox cryptographiques (coffres-forts digitaux).

Les résultats de ces investigations binaires sont dépecés, triés et classés, puis font l’objet d’exploitations statistiques discrètes très efficaces, écartant du même coup le démarchage par le porte-à-porte recenseur et les questionnaires aléatoire quant à la sincérité des réponses. La démocratie ainsi exploitée par les oligarques se prive des voies de consultation référendaire et d’un dialogue délibératif entre le peuple et ses élus, au profit de la mainmise sur l’information et le repli subreptice de la liberté d’expression. Par ce canal, pourtant prohibé et quasiment inaccessible aux citoyens ordinaires, des pratiques subliminales canalisent les options des ressortissants imprégnés puis orientés sous l’effet anamorphosé d’une séduction implicite, selon des méthodes d’influence expliquées en 1958 par l’Américain Vance Packard (Voir note 6). L’espionnage en direct des électeurs lambda est devenu la marotte privilégiée des élus. Le Code de la sécurité intérieure se fait l’arme secrète des barbouzes et des hackers de l’État providence, dépossédant les citoyens de leur l’intimité tout en les canalisant et les influençant pour mieux les récupérer.

Exit leur vie privée, qu’importe leur liberté d’opinion, pourvu que les prospects, les électeurs ou les consommateurs conservent l’illusion de leur libre-arbitre, même si chacun croit agir selon ses propres choix et se sent libre de ses convictions dans les urnes ! [2]

La propagande subrepticement instillée par des moyens infraliminaux (Voir infra, chap. V, § 1°) agit à la manière de sectes pernicieuses qui séduisent leurs adeptes à la recherche d’un refuge existentiel. Le droit de vote est ainsi récupéré par des artefacts d’imprégnation puis de suggestion. Ces techniques insidieuses sont élaborées par des faiseurs d’opinion à l’aide de clichés itératifs et des prêts-à-penser inhibiteurs de conscience. Les juges du siège sont remisés au placard et ne sont compétentes sur ce registre que les juridictions administratives hiérarchisées tenues par un lien de subordination avec le new deal de l’exécutif. C’est alors que la démocratie vire au rouge, à l’instar des KGB, Stasi, Sigurimi, Securitate, MBP, StB. Ces glaives inquisitoriaux du parti unique des tyrannies prolétariennes d’antan offrent des résultats décuplés au service du pouvoir ; l’ubérisation en plus.

L’oligarchie ostensible parvient à asservir les électeurs en conditionnant leur mental, parfois avec un accent de mise en garde voire d’intimidation, puis à gouverner sans réel partage dans une fraternité acidulée entre bonnet blancet blanc bonnet. Ceux-là laissent croire au peuple bluffé qu’il reste maître du jeu, choisit ses candidats, qu’il pense et se convainc qu’il fabrique seul ses opinions.

La démocratie représentative (participative, directe) n’est jamais qu’une dictature douce et insidieuse aux accents comminatoires et circonspectes ; l’oppression, les internements arbitraires, les rapts et la torture en moins ! Seule règne, au-dessus du peuple des électeurs, une social-démocratie d’élites et d’accommodement où sont ostensiblement écartés les partis non-alignés, des valeurs hybrides mises en quarantaine sous des prétextes prétendument moraux ou anti-démocratiques. En toile de fond, c’est fréquemment au nom des libertés et de l’ordre public que s’érigèrent la plupart des dictatures dans l’histoire.

°°°


[1] La théorie probabiliste de l’information, dite entropie de Shannon, permet de profiler le contenu des messages numériques à travers des variables aléatoires et de thésaurus (mots-clés, saisie thématique via des moteurs de recherche). Cette formule, par invariance du repérage, induit une menace dystopique susceptible de cibler aussi bien un suspect (S) que de fragiliser le profil d’internautes inoffensifs mais incommodants car polémiques, par indiscrétion de ses contacts ou de ses inclinations.

[2] Voir de l’auteur, LPA édition Lextenso, 9 oct. 2015 « À propos de la loi relative au renseignement ». Enquête & Débat, 1er août et 27 octobre 2015.

Daniel Desurvire

Ancien directeur du Centre d’Étude juridique, économique et politique de Paris (CEJEP), correspondant de presse juridique et judiciaire.
Daniel Desurvire est l’auteur de : « Le chaos culturel des civilisations » pointant du doigt les risques de fanatisme de certains cultes et de xénophobie de certaines civilisations, auxquels s’ajoutent les dangers du mal-être social, de la régression des valeurs morales et affectives ou de la médiocrité des productions culturelles, dont la polytoxicomanie en constitue l’un des corollaires. L’auteur choisit d’opposer le doute et le questionnement aux dérives dogmatiques et aux croyances délétères » (in, Les cahiers de Junius, tome III, “La culture situationniste et le trombinoscope de quelques intellectuels français” : Édilivre, 2016).
***** Copyright obligatoire en cas de citation ou de transmission de cet article, vous pouvez le copier:
Daniel Desurvire pour Observatoire du MENSONGE

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A lire deux articles importants :
La chute de l’Occident : une réalité hélas quotidienne et qui ne fait qu’empirer…
et
il n’y aura aucune guerre civile en France parce que c’est d’une conquête dont il s’agit… Je rappelle mon article republié et traduit dans le monde en 2016, article que les médias français ont peur de publier : 2034 l’année où…

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La conquête de l’Occident  
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3 commentaires

  1. Le gouvernement Philippe, dirigé par Macron, pratique sur ce sujet, l’islam en France, déjà la langue de bois. C’est sûr qu’il ne fera rien parce qu’il est pro islam.

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  2. Il serait grand temps, que la France accepte la réalité du danger de l’islam sur son sol…! Mais ce gouvernement comme d’autres avant manque singulièrement de courage.
    il faut rappeler ce que la culture française doit rester : judéo-chrétienne et que si la France accepte des immigrés, ceux-ci doivent s’intégrer. C’est un simple constat. Nos politiciens feraient bien de lire les écrits de Daniel Desurvire, là au moins, ils se cultiveraient.

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