… qui galvaude la démocratie, désinscrit les libertés naturelles et viole le droit à une vie privée

Le nouveau livre de Daniel Desurvire (existe aussi en format liseuse) :


Histoire d’un Président qui n’aime pas la France

Par Daniel Desurvire

I / La démocratie : entre grandeur et décadence

En introduction à cet ouvrage, je propose au lecteur de s’inspirer d’un document courageux pour un universitaire qui osa s’affranchir de la didactique régentée par le verni des normes académiques, comme de décliner la réalité des altérations de la démocratie et de ses mutations délétères dans le temps. Mais de quelle démocratie parle-t-on ? Voilà bien un mot qui habituellement force le respect en regard de sa dynamique incantatoire et du sacro-saint esprit révolutionnaire qu’il retient dans l’imaginaire. Francis Dupuis-Déri, professeur en sciences politiques à Montréal, publia en ligne : « L’esprit antidémocratique des fondateurs de la “démocratie” moderne » (août 1999). Ce texte fut également produit en version numérique dans la collection Les classiques des sciences sociales.
Fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi (C. info@cchic.ca. – Québec, G7H 1Z6), la monographie susvisée est consultable à la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet de l’Université du Québec. Cette étude fait la part entre le peuple d’un côté, et ses représentants de l’autre, ces derniers appartenant d’abord à un système politique avant de servir leurs électeurs. Il en résulte que ledit système piège les citoyens qu’il est censé protéger, cela en usurpant le mot démocratie ou en falsifiant le langage qui l’interprète. De sorte que les discours et les pratiques des femmes et des hommes politiques qui œuvrent sous l’étiquette démocrate, auront selon l’auteur, permuté la démocratie en anti-démocratie. Le Docteur JS McClelland, auteur de : A history of Western Political Thought (Éditions Kindle/Amazon en anglais, 28 mars 1996) écrivit, « On peut presque dire que la théorisation politique a été inventée pour montrer que la démocratie, le gouvernement des hommes par eux-mêmes, vire nécessairement en règne de la populace… S’il existe quelque chose telle que la tradition occidentale de la pensée politique, elle débute avec ce biais profondément antidémocratique ».

Sans adhérer pleinement à cette dernière réflexion, où l’accent inélégamment adjectivé traduit le mépris qu’observent de nombreux élus envers la communauté de leurs électeurs, la démocratie sert effectivement trop souvent d’alibi pour concéder une licence d’honorabilité aux régimes présidentiels. Il en va ainsi avec la France que les politologues classent prudemment parmi les régimes semi-présidentiels, dans la nébulosité d’une prétendue séparation des pouvoirs. Or, la question ne se pose plus désormais, car le doute est irrémédiablement levé avec le mandat d’Emmanuel Macron, dont l’enseigne politique exacte serait de désigner « l’État-Macron » ; un indiscutable pouvoir régalien qui prend le pas sur le législatif, le judiciaire et même pleinement sur les médias et l’industrie du livre. Par une approche générale, vue sous le prisme de l’histoire révolutionnaire, des évènements géopolitiques contemporains et du concept « 2.0 », pour exprimer les modernités de la communication, des produits du numérique dans toutes leurs applications, puis bientôt du monde quantique qui frappe déjà à nos portes, la démocratie n’aura jamais cessé de faire le grand écart depuis que la civilisation s’est organisée autour des échanges discursifs des peuples. Entre d’un côté la démocratie participative, délibérative ou directe, et de l’autre la démocratie représentative ; sur ce dernier volet, il ne subsiste généralement plus grand chose à ce jour de véritablement démocratique.
D’aucuns suggèrent que la démocratie directe, sans la solide garantie d’un ordre constitutionnel équilibré et indépendant, prend le risque de sombrer dans l’anarchie et le chaos si la Nation venait à manquer de vigilance et se laissait déborder par sa base, comme il en va inversement d’une démocratie représentative, dès lors qu’elle se laisse étrangler par l’autorité présidentielle au sommet du pouvoir. Dans ce dernier cas de figure, nous pourrions introduire la notion d’un modèle démocratique illibérale, selon la politologue américaine Fareed Zakaria, où les chefs dirigeants démocratiquement élus rompent a posteriori avec la démocratie durant le temps de leur mandat, en contestant l’autorité des pouvoirs concomitants des assemblées parlementaires et de la justice. Mai il faut également inclure les médias, qualifiés de quatrième pouvoir, même si ceux-là ne sont pas censés entrer de front dans l’arène politique, s’ils veulent conserver leur indépendance et respecter la déontologie qui seule peut garantir leur crédibilité.
Cette rupture entre deux élections se produit notamment lorsque le chef d’État se soustrait aux procédures de contrôle de l’organe constitutionnel, voire en prend insidieusement la direction, comme en nommant lui-même son président ; ainsi en va-t-il en France. Quant au pouvoir parlementaire, s’il veut réellement exister en-dehors de l’influence immédiate des élections présidentielles, qui généralement offrent à l’Assemblée nationale une majorité qui est favorable au nouvel Exécutif après l’élection du chef d’État, il aurait été judicieux que cette élection des représentants du peuple au Palais Bourbon se déroule à mi-chemin du quinquennat présidentiel.
La sacralisation de ce type de régime est souvent personnifiée par un charisme plébiscité par les urnes en amont, en adossant cette démocratie illibérale à la tyrannie d’une majorité aux décisions arbitraires par un abus de sa position dominante. Ce type de régime n’est pas atypique, puisqu’il fut déjà introduit par les notions de centralisation, d’État interventionniste, collectiviste, sinon un bonapartisme résurgent ; tout un symbole ! Selon l’ouvrage de l’essayiste et journaliste Jean-François Revel, « L’Absolutisme inefficace ou contre le présidentialisme à la Française » (1er août 1993, éditions Agora, format Pocket), ce réquisitoire fait état d’un pays sacrifié à l’autorité d’un seul, où l’Exécutif « phagocyte 57 % des richesses publiques, tout en se montrant incapable de protéger ses propres citoyens et d’assurer l’ordre public ».
L’auteur va même jusqu’à comparer ce régime inquisitorial à la Stasi, où le monopole de la surveillance est concentré autour d’une présidence omniprésente et indiscrète qui use sans limite des pouvoirs médiatiques pour son compte, en multipliant les fake news et en censurant tout ce qui peut nuire à ses schémas réducteurs de liberté et de patriotisme. Mais ce qui ajoute à ce pouvoir des facultés hors-limites, est désormais facilité par la mainmise sur toutes les formes de la communication électronique, faisant du Gouvernement* le plus grand barbouze de la Nation. Le terrorisme islamique toujours actif et la pandémie de Covid-19 auront ouvert toutes les voies de piratage et de viol des données personnelles à l’État-Macron*, à l’aide du Code de la sécurité intérieure (CSI créé par l’ordonnance n° 2011-267 du 14 mars 2011) qui ne cesse de s’étoffer en pouvoirs inquisitoriaux.

À SUIVRE

Daniel Desurvire


Ancien directeur du Centre d’Étude juridique, économique et politique de Paris (CEJEP), correspondant de presse juridique et judiciaire. Daniel Desurvire est l’auteur de : « Le chaos culturel des civilisations » pointant du doigt les risques de fanatisme de certains cultes et de xénophobie de certaines civilisations, auxquels s’ajoutent les dangers du mal-être social, de la régression des valeurs morales et affectives ou de la médiocrité des productions culturelles, dont la polytoxicomanie en constitue l’un des corollaires. L’auteur choisit d’opposer le doute et le questionnement aux dérives dogmatiques et aux croyances délétères » (in, Les cahiers de Junius, tome III, “La culture situationniste et le trombinoscope de quelques intellectuels français” : Édilivre, 2016).


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By Observatoire du MENSONGE

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2 thoughts on “Histoire d’un Président qui n’aime pas la France”
  1. Excellent article documenté et très révélateur de cette société en pleine débandade.

  2. Le titre et l’image de l’article sont sublimes. je recommande cette lecture pour mieux comprendre à quelle sauce Macron va ruiner la France.

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