Par Yves-Marie Sévillia
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Le parti veut s’attaquer au « grand tabou » de l’immigration sur laquelle il prévoit 18 milliards d’économies par an.
« France Faillite » : le RN alerte sur une situation financière qui vire au fiasco
Le Rassemblement national veut alerter les Français sur la situation financière catastrophique de la France. En conférence de presse, ce jeudi 11 juin à l’Assemblée nationale, le député RN Jean-Philippe Tanguy résume l’ampleur du désastre en une formule : « France Faillite ».
Pour l’élu de la Somme, notre pays est confronté, cette année encore, à « un énième dérapage du déficit, de la dette et de l’ensemble des finances publiques ». « Les Français ne sont pas informés comme ils le devraient », souligne le Monsieur Économie du parti à la flamme, qui veut braquer les projecteurs sur la « gravité de la situation ». Selon le média l’Opinion, le déficit public pourrait atteindre 5,2 % du PIB, en 2026 – alors que le gouvernement table officiellement sur 5 % –, mais la situation pourrait totalement dégénérer, en 2027, avec un déficit atteignant 6,2 %, si la barre n’était pas redressée. « Le tendanciel des prestations sociales explose avec l’inflation 2026, les dépenses de santé continuent de galoper, les collectivités territoriales ne freinent pas assez et la charge de la dette s’alourdit du fait de la montée des taux », confiait un spécialiste au Figaro, la semaine dernière. « Si l’effort budgétaire n’est pas à la hauteur, la Commission pourrait imposer des sanctions dès la fin de l’année 2027, après la présidentielle », alerte un parlementaire auprès du journal qui fête, cette année, ses 200 ans d’existence.
L’État fait appel à quatre économistes
Pour tenter d’enrayer cette spirale infernale, le gouvernement a confié en mai, à quatre économistes, « indépendants » selon le ministre des Comptes publics David Amiel, le soin de rendre un rapport en juillet sur « l’horizon des finances publiques françaises d’ici 2030 ». « Les risques pour le déficit en 2027 seront rendus publics », assure David Amiel. Du chiqué pour le RN.
Pour Jean-Philippe Tanguy, cette situation des finances publiques, dont la responsabilité collective revient « aux socialistes, à la droite et aux centristes », est « mise sous silence ». Signe supplémentaire du rejet de la politique budgétaire du gouvernement, les projets de loi d’approbation des comptes du budget général et de la Sécurité sociale pour l’année 2025, qui valent approbation symbolique du Parlement, sans que cela ne bloque le budget de l’État, ont été rejetés il y a deux jours par les députés.
« Tenir ses comptes, c’est tenir la France »
« Nous sommes toujours dans une augmentation structurelle hors de contrôle des dépenses parallèle à des augmentations d’impôts qui sont insupportables pour les classes moyennes et pèsent sur l’activité », assène le parlementaire mariniste pour qui déficit et dégradation de notre économie vont de pair. « Nous risquons d’entrer dans une récession officielle. » À cela, le RN ajoute la « dérive de l’endettement, 60 milliards cette année, qui s’accélère plus vite que la croissance », et ce, d’autant plus que « cette dernière n’existe plus ». « L’incompétence et l’insincérité du gouvernement » sont pointées du doigt par un parti conscient que le « rétablissement des finances publiques sera au cœur du débat de 2027 ». D’autant que la dégradation des comptes publics, qui a pour mère « la gabegie », ne s’accompagne de « services publics de qualité ». « Tenir ses comptes, c’est tenir la France », affirme Jean-Philippe Tanguy.
Face au désastre annoncé, le député de 40 ans annonce le plan d’attaque de son parti. Le RN prône « un plan d’économie nettes de plus de 100 milliards d’euros » qui permettra de financer, entre autres, « deux baisses d’impôts massives » : une sur les ménages de 25 milliards, « pour leur rendre du pouvoir d’achat », et une de 20 milliards pour les entreprises, dont 17 sur les impôts de production.
18 milliards d’économies sur l’immigration
Parmi les économies nécessaires, la formation patriote veut s’attaquer au « grand tabou » du contrôle de l’immigration, domaine dans lequel il prévoit 18 milliards d’économies par an. Parmi les réformes proposées : le conditionnement des aides sociales aux étrangers ayant travaillé au moins cinq ans sur le territoire national, le remplacement de l’aide médicale de l’État (AME) par une aide médicale d’urgence, la suppression des visas pour soins, la fin des accords de 1968 avec l’Algérie, le renvoi des étrangers qui n’ont pas eu d’emploi pendant un an et la hausse des frais des étudiants étrangers.
À cela doit s’ajouter une réforme de l’État et une baisse de son train de vie, la suppression d’agences publiques et de deux échelons du millefeuille territorial (les régions et les intercommunalités), des baisses de subventions pour des associations politisées pour 3 milliards d’euros et une reprise en main de la contribution financière de la France à l’UE. Désormais à la porte du pouvoir, le RN joue gros, sur le volet économique. Si les Français le plébiscitent sur les questions identitaires, le parti qui sera mené par Marine Le Pen ou Jordan Bardella à la prochaine présidentielle doit convaincre quant à ses capacités à redresser une situation financière à la dérive.

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Boulevard Voltaire

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