Par Daniel Desurvire
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L’Europe et l’« IA Act » II -suite et fin –
II – L’IA, après être passée dans le goulot d’étranglement de la social-démocratie, est en route pour reformater la démocratie en dictature mondialiste
Des techniques de manipulation fondées sur l’IA peuvent être utilisées pour persuader des personnes d’adopter des comportements indésirables ou pour les tromper en les poussant à prendre des décisions d’une manière qui met à mal et compromet leur autonomie, leur libre arbitre et leur liberté de choix. La mise sur le marché, la mise en service ou l’utilisation de certains systèmes d’IA ayant pour objectif ou effet d’altérer substantiellement les comportements humains, avec le risque de causer des dommages importants, puis en particulier d’avoir des incidences suffisamment importantes sur la santé physique ou psychologique ou sur les intérêts financiers, sont particulièrement dangereuses […].
Ces systèmes d’IA font intervenir des composants subliminaux, tels que des stimuli sonores, visuels ou vidéo que l’individu ne peut percevoir, étant donné que ces stimuli échappent à la perception humaine, ou d’autres techniques trompeuses ou manipulatrices qui mettent à mal ou altèrent l’autonomie de la personne, son libre arbitre ou sa liberté de choix, de telle sorte que l’individu n’est pas conscient de ces techniques ou, à supposer qu’il le soit, sans qu’il puisse échapper à la duperie ni opposer une résistance ou un contrôle auxdites techniques. Cela pourrait être facilité par des interfaces cerveau-machine ou par la réalité virtuelle, étant donné qu’elles permettent d’avoir plus de contrôle sur les stimuli qui sont présentés aux personnes, où elles peuvent en altérer sensiblement leur comportement de manière nocive.
En outre, des systèmes d’IA peuvent également exploiter les vulnérabilités d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur âge, d’un handicap […] susceptible de rendre ces personnes plus vulnérables à leur exploitation, telles que les personnes vivant dans une extrême pauvreté ou appartenant à des minorités ethniques ou religieuses. De tels systèmes d’IA peuvent être mis sur le marché, mis en service ou utilisés avec pour objectif ou pour effet d’altérer substantiellement le comportement d’une personne d’une manière qui cause, ou est raisonnablement susceptible de leur causer un préjudice important, ou à des groupes de personnes, y compris des dommages susceptibles de s’accumuler au fil du temps ». Voilà bien une façon sordide de l’UE de retourner les propres vices de ses IA sur d’autres IA qui lui sont étrangères (gaslighting ou décervelage).
Les protections exigées par l’UE sont censées rassurer les utilisateurs, quant à leur indiquer la provenance des informations qu’ils recherchent et qui leur parviennent incidemment : « AI generated » ou « AI modified ». Ces icônes de facture officielle, nonobstant intégralement générées par une IA programmée par un service gouvernementale pour ce faire, mais sans intervention humaine, indiquent clairement que l’IA est impliquée d’une manière ou d’une autre dans la création d’un contenu falsifié. À savoir qu’il serait possible, par cette indication, de réguler ce secteur en éliminant un deepfakes audio tronqué, ou un montage hyperréaliste susceptible de duper le public sur l’hypertrucage visuel d’un contenu. Certains outils intelligents vont jusqu’à analyser et exploiter l’émotion du récepteur d’un message ou d’une image suggestive. Cependant, cette obsession du législateur UE à vouloir réguler tout ce qui provient d’une IA, ou qui s’y dissimule, suggère que le loup est déjà dans la bergerie à Bruxelles, car à trop vouloir s’en prendre aux autres, pose le doute, à savoir, qui contrôle les contrôleurs ?
Quant à distinguer les développeurs des déployeurs, des véritables exploitants de ceux qui les protègent avec l’excuse de l’économie et des emplois générés, ceux-là ne sont pas connus du grand public, mais complices des politiciens qui se gardent d’en délivrer l’identité et de les montrer du doigt. Le Règlement général sur la protection des données et des bonnes pratiques (RGPD), fait également profil de figurant, sinon le doublon de cet « IA Act ». Non, trop de transparence évoquée finit par révéler une opacité dissimulée dans le clair-obscur d’une tromperie. Ce prétendu pacte de bonne conduite numérique, se joue sur le fond de corruption théâtral, avec des mentors politiques qui produisent des IA en embuscade, tels des souffleurs nichés dans une trappe au ras de la scène. Ici, le régime mondialiste fonctionne à la façon collectiviste ; autrement dit une dictature chinoise qui impose un crédit social inquisiteur, et son carnet à points liberticide ; le tout orchestré par des IA dédiées au pouvoir dominant.
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Mais l’IA a son prix et ses exigences environnementales qui n’ont cure de la santé de la planète, ainsi que du biotope de l’humanité. S’agissant des rejets « PFAS » (substances chimiques très persistantes ou polluants éternels), la surconsommation d’eau et d’électricité, puis des nuisances pathogènes depuis les cratères d’extraction de terre et de métaux rares, surtout dans le tiers-monde ; voilà autant d’évocations qui pourrait contrarier le projet de construction d’un méga data center européen. Que nenni, car un immense campus AI gigafactories va jaillir de terre en Seine-et-Marne, dans la commune de Fouju, pour animer un centre de données. Son financement gigantesque viendra ajouter aux déficits budgétaires abyssaux de l’UE et de la France. Paradoxalement, les considérants 1, 2, 4, 8, 27 etc., évoquent :
- Tantôt une création d’emplois tertiaires grâce à l’implantation d’un hyper data center de l’Union (UE) hautement polluant et privatif de ressources hydriques et électrique pour les ménages et les autres industries. Ceux-là n’ont plus la faveur des élus de Bruxelles à Strasbourg, dès lors que certaines IA dérangent la politique de la pensée unique autour de la social-démocratie de l’Union des méritocrates.
- Tantôt en soulevant le prétexte controuvé de l’écologie, dont la principale préoccupation de cette armée de miliciens serait de faire le ménage parmi les hackers exogènes. Mais ce coup de balai fait l’impasse sur l’hypocrisie de la gouvernance de l’Union elle-même, cela en balayant d’un revers de main l’aspect environnemental, puis les valeurs cardinales de la démocratie ; un considérant qualifié d’anti-productif.
Voilà qui inscrit tout et son contraire, comme pour se dédouaner ou faire plaisir à tout le monde, mais en tirant la couverture à soi, tout en rassénérant ceux qui sont lésés. La sécurité informatique passerait donc par-dessus les priorités écologiques, et l’emploi serait le moteur d’un service Desk de la législation sur l’IA, pour répondre à la concurrence américaine, russe et asiatique, que la Commission européenne ne cesse d’accuser de tous les maux. Oui mais voilà, tandis que l’Amérique exporte et inonde le marché du produit de ses recherches autour de l’IA, l’UE légifère à la façon d’un moulin à vent … pathétique ! L’approche fondée sur les risques a été définie sur quatre niveaux de risque pour les systèmes d’IA :
- Unacceptable risk (guerre entre IA)
- High risk (manipulation, tromperies)
- Limited risk (obligation de transparence)
- Minimal risk (acceptable mais vigilance)
Tous les systèmes d’IA considérés comme une menace manifeste pour la sécurité, les moyens de subsistance et les droits des personnes sont rayés des discours. L’UE énonce 9 prohibitions qui seront en vigueur dès le mois de décembre 2026, introduite dans le cadre de l’Omnibus de l’IA. Inutile de les citer, elles sont explicitées in extenso dans l’EUR-Lex, document 32024R1689, 2024, 1689 (version consolidée du 27 juillet 2026 – 124 pages, format PDF, 114 articles, 13 chapitres). Or cette initiative, pour qu’elle soit viable et s’inscrive dans la concorde, devrait plutôt s’élaborer à l’échelle d’une charte mondiale pour en peaufiner le contenu et les contours, puis être déontologiquement transposable en droit interne, en harmonie et consensuelle. Mais en procédant de façon diamétralement opposée, ainsi l’« IA Act », il faut s’attendre que chaque État, ou communautés de pays, rédige son modèle de charte, d’abord pour s’opposer aux autres ; et que tout change pour que rien ne change.
En effet, à quoi sert de gesticuler tout seul dans son coin, alors que l’Europe fait figure de petit poucet sur la scène internationale, entre les géants de l’IA US, chinois, russe, indien, nippon, israélien… ? Cette attitude arrogante pourrait s’interpréter comme une provocation, comme si l’UE avait la carrure d’un donneur de leçon. Rien ne saurait être plus insoluble à l’établissement d’un accord pérenne entre leurs homologues étatiques, que de dénoncer les rivalités comme une menace, parce que précisément l’IA y est mieux expérimentée de façon pragmatique de longue date. L’Europe subcontinentale aurait plutôt besoin de ces partenaires pour s’entendre, car l’IA, répétons-le, ne connaît ni frontière ni pulsion patriotique. Gagnant un jour, perdant le suivant, nul n’y gagne à ce jeu !
FIN
Daniel Desurvire
Ancien directeur du Centre d’Étude juridique, économique et politique de Paris (CEJEP), correspondant de presse juridique et judiciaire. Daniel Desurvire est l’auteur de : « Le chaos culturel des civilisations » pointant du doigt les risques de fanatisme de certains cultes et de xénophobie de certaines civilisations, auxquels s’ajoutent les dangers du mal-être social, de la régression des valeurs morales et affectives ou de la médiocrité des productions culturelles, dont la polytoxicomanie en constitue l’un des corollaires. L’auteur choisit d’opposer le doute et le questionnement aux dérives dogmatiques et aux croyances délétères » (in, Les cahiers de Junius, tome III, “La culture situationniste et le trombinoscope de quelques intellectuels français” : Édilivre, 2016).
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Copyright obligatoire en cas de citation ou de transmission de cet article, vous pouvez le copier: Daniel Desurvire pour Observatoire du MENSONGE
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Sommaire :
I – L’Europe sans constitution, mais dotée de son IA ad hoc, est du pain béni pour les autocrates de Bruxelles
II – L’IA, après être passée dans le goulot d’étranglement de la social-démocratie, est en route pour reformater la démocratie en dictature mondialiste
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La grandeur morale d’un pays ne se mesure pas à l’excellence de son ingénierie, mais à pourvoir au bonheur de son Peuple. Or, le numérique et son prolongement avec l’IA, va plus vite que l’humanité ne peut absorber pour se donner le temps d’adapter ces nouvelles technologies à la démocratie et à la qualité de vie. Pour se dédouaner devant les citoyens subornés par les promesses d’un monde meilleur, la rhétorique des puissants de ce monde évoque le « progressisme » et le « libéralisme ».
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