Par Stephane Goldin
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Négocier avec l’Iran: l’illusion qui se répète!
Après les menaces, Donald Trump reprend aujourd’hui, pour la énième fois, le chemin des négociations avec l’Iran.
L’objectif affiché:
Trouver une issue diplomatique à cette guerre.
L’intention peut sembler louable mais repose sur une illusion dangereuse:
Croire que le régime iranien est prêt à renoncer est complètement illusoire.
Depuis 1979, Téhéran applique la même méthode.
Il négocie, promet, signe parfois, puis retarde, contourne, dissimule et reprend ses activités (souvent terroristes) dès que la pression internationale faiblit.
Les discussions ne sont pas un moyen d’abandonner ses ambitions, elles sont un instrument pour gagner du temps.
Sur la question nucléaire, imaginer que les mollahs y renonceront volontairement relève davantage du vœu pieux que de l’analyse stratégique.
À cela s’ajoute son arsenal de missiles balistiques.
Développé depuis des décennies, il constitue un outil majeur de dissuasion et de pression sur ses adversaires.
Là encore, rien n’indique que Téhéran soit prêt à sacrifier ses missiles qu’il considère comme essentielle à sa sécurité et sa dissuasion.
L’Iran ne se limite pas non plus à ses frontières.
Son influence repose aussi sur un réseau de proxys qui lui permet de frapper indirectement ses adversaires, de déstabiliser la région et de conserver une capacité d’action sans s’exposer directement.
Imaginer que Téhéran renoncera spontanément à cet instrument d’influence est tout aussi illusoire.
Il en va de même pour le détroit d’Ormuz.
Cette voie maritime, par laquelle transite une part du pétrole mondial, est devenue une arme géopolitique.
La menace permanente d’en perturber le trafic offre à Téhéran un formidable moyen de pression sur les marchés, sur les puissances occidentales et sur les États du Golfe.
Là encore, pourquoi abandonner un atout aussi précieux sans contrepartie majeure ?
L’histoire récente démontre que chaque cycle de négociations a surtout permis au régime iranien de consolider ses positions. Pendant que les diplomates discutent, les centrifugeuses continuent de tourner, les proxys continuent à exister et les ressources financières alimentent les gardiens de la révolution et ses groupes armés alliés.
Si l’on exclut le recours à la force, une seule stratégie peut affaiblir le régime des mollahs:
Tarir ses ressources financières. Réduire ses revenus pétroliers, appliquer de vraies sanctions et démanteler ses circuits de contournement.
C’est le seul levier capable de créer un véritable rapport de force.
La véritable question n’est donc pas de savoir si l’Iran acceptera un compromis.
Elle est de savoir combien de temps la communauté internationale acceptera encore d’être enfermée dans cette mécanique.
La diplomatie sans stratégie claire ni rapport de force n’est qu’une illusion que le régime iranien exploite avec cynisme (et ricanement).
Gardons-nous de toute naïveté et de toute illusion, après il sera trop tard.

Stephane Goldin
Analyst on security and military matters and Managing Editor
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