Par Ophélie Roque
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Et un nouveau portrait qui vaut le détour !
Ophélie Roque et Sarah Knafo :

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Sarah Knafo a même répondu… Voir le tweet en fin du portrait.

Sarah Knafo: Demain dès l’aube…
De grâce et pitié ! Je sais que je prends des risques considérables à ainsi m’avancer vers la pythie d’une partie de la droite pour bassement venir souiller de boue le bas de la robe mais souvenez-vous du poème Héautontimorouménos de Baudelaire. Et comme le dit si bien Michel Serrault dans Les Fantômes du Chapelier : « Ne me battez pas, ne me frappez pas, j’arrive ! »
Si Sarah a su s’inspirer de Louis le Quatorzième en reprenant à son compte le cuivre blanchi du Soleil (souvenez-vous Wauquiez avait préféré choisir la teinte « jaune vespasienne ») a-t-elle eu raison de choisir pareil patronage ? Les Parques l’ont fait naître aux Pavillons-sous-Bois, Seine-Saint-Denis, d’une famille issue en droite lignée de juifs séfarades. Ses grands-parents quittèrent le Maroc dans les années 1960 ayant au cœur une farouche envie de réussite qui passerait par l’intégration républicaine. Le père est gestionnaire dans l’immobilier, la mère psychologue et la petite Sarah est une élève studieuse. Si studieuse d’ailleurs qu’elle s’envole pour Paris, direction les cours Cochet (un peu de théâtre ne nuit jamais), Sciences Po et l’ENA, promotion Molière (le théâtre encore !). Puis elle rejoint la Cour des comptes en Janvier 2020 où elle aura notamment pour mission de se pencher sur les dépenses internes… de l’Élysée. La louve est dans la bergerie et certains s’en indignent. Ainsi lorsque Pierre Moscovici, par deux fois, lui adresse un rappel à l’ordre -rapidement suivi d’une convocation- elle tient bon, ne rosit pas et décide de quitter la maison. On ne renvoie pas les loups, ils partent d’eux-mêmes. Elle est donc partie mais pour aller où ? Chez Éric, bien évidemment !
Comment passer sous silence, Éric Zemmour, le père de ses enfants ? Il l’a connue au sortir de l’adolescence et c’est d’ailleurs lui qui l’a aiguillée vers Sciences Po, l’a encouragée à passer le concours de l’ENA, l’a incitée à franchir le pas de la politique. Bref, ils se sont nourris l’un de l’autre. Vitalité contre carnet d’adresses, jeunesse contre sagesse. De l’amour aussi, probablement. Zemmour le dit lui-même : « Sans elle, il n’y aurait pas eu de campagne ». Mais ici la précision est-elle bien utile ? N’est-ce pas admettre, de facto, qu’il n’est pas grand-chose sans elle ? Le Grand Effacement, c’est pour sa pomme.
Et pendant qu’Éric nous berce d’un long et beau thrène (avec, en plus, l’exploit de moduler cette funèbre antienne entre deux publicités) et fixe l’horizon neuf d’un nouveau millénaire, elle contemple -elle- sa nuque. Un coup, un seul suffira. Après avoir fait la bête à deux dos avec son mentor, elle en fait (en attendant mieux) sa bête de somme. Marchepied et cadavre en sursis. Bel attelage en vérité: l’un sonne la trompette du Jugement Dernier, l’autre attend que le sonneur s’effondre. Mais écoutez ! Voici que l’olifant sonne de moins en moins fort et que, désormais, elle signe des livres sous son propre nom. Immobile comme le vautour suspendu à sa branche, l’esprit tourné sur celui qui va bientôt cesser de bouger. Et pourtant, elle le clame sur les ondes (haut et fort qui plus est !): Zemmour reste le candidat naturel de Reconquête. En même temps, la nature est bien la première des saloperies, le jeune arbre qui pousse à l’ombre du vieux finit parfois par lui pomper l’air. Pareil pour la jeune araignée de type Amaurobius ferox, elle finit par boulotter son ainée.
Mais il n’y a pas que son homme qu’elle souhaite réduire au silence : il y a aussi ses rivales. A savoir toute femme qui n’est pas elle :la liste est donc longue… Même quand elle se retire au profit de Rachida Dati, on sent la générosité foireuse mais c’est être bon général que d’abandonner une bataille lorsque l’on sait que celle-ci est perdue. Et pourtant chaque personne qu’elle croise repart persuadée d’avoir trouvé en elle une alliée. Déjà à l’époque de Sciences Po, elle maniait l’art du discours double, militant d’un côté sous les couleurs de la « droite classique », lorgnant de l’autre vers le Front national. Il est, ma foi, fort avantageux de jouer des deux côtés de l’échiquier : on est sûr d’y gagner d’une manière ou d’une autre !
Mais là où Sarah excelle c’est dans la planification au long cours. Comme Pénélope, elle n’a de cesse de tisser sa toile mais à l’inverse de l’autre, elle n’a pas la saugrenue idée de tout détricoter une fois la nuit venue. Il faut dire, aussi, que la notion de fidélité n’est peut-être pas la même pour les deux femmes. Qu’importe, elle profite des velléités présidentielles d’Éric pour se plonger dans la fondation ex nihilo d’un tout nouveau parti. C’est elle qui contribue à transformer une candidature un peu foutraque en véritable ambition politique disposant de ses relais, ses soutiens, ses finances et ses meetings. Elle filtre, trie, organise, éloigne ou rapproche ceux qu’elle souhaite près de son candidat. Même si elle n’est pas la tête du mouvement, on la retrouve au croisement de tous les réseaux. Alors on connaît la suite, Eric Zemmour ne passera pas le premier tour. Mais est-ce vraiment un échec ?
Reconquête ne cesse de s’institutionnaliser et qu’elle tente de se démarquer de plus en plus « son » parti du Rassemblement national. Mais, d’une certaine manière, rien ne bouge encore et ce n’est véritablement qu’à l’approche des élections européennes de 2024 qu’elle commencera à se mettre en scène…pour elle-même. Charité bien ordonnée commence etc… Placée en troisième position sur la liste conduite par Marion Maréchal, elle parvient à évincer cette dernière du mouvement. Ou du moins Marion préfère partir. C’est qu’avec Sarah, les rivales ont la délicate obligeance de s’en aller d’elles-mêmes, elles ne sont pas bêtes et flairent un peu le poison dans la tasse de thé. La sirène de Villiers écartée, sa place s’en trouve mécaniquement renforcée. Il est loin le temps où elle n’était que la « stratège » de Zemmour et elle fait désormais partie des principaux visages de Reconquête. C’est d’ailleurs l’une des rares personnalités à disposer d’un mandat électif d’ampleur.
Ce glissement est essentiel si l’on souhaite comprendre son rôle exact dans le mouvement. Reconquête est pour elle un formidable laboratoire, qu’on ne s’y trompe pas elle œuvre moins pour la gloire de son homme que pour la sienne en propre ! Les cornues chauffées, les alambics remués, la thériaque espérée, tout cela sert à une chose : préparer sa prochaine candidature. Pas maintenant. Pas demain. Bientôt ! En attendant qu’Éric rêve, espère et prospère. Il risque simplement de s’éveiller un matin seul dans le noir, la lumière se sera déplacée. Avec peut-être un ultime merci avant le Grand Remplacement !

Ophélie Roque
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