Par Iris Bridier
« À vue humaine, les catholiques sont en passe de disparaître », alerte l’ECLJ avant la visite du pape.
Effondrement du catholicisme en France : le rapport choc
Bientôt une France sans cathos ? « Aujourd’hui, à vue humaine, ils sont en passe de disparaître, ainsi que la France qu’ils ont forgée. L’Église, en France, devient résiduelle. » À moins d’une semaine de la visite très attendue du Saint-Père sur nos terres, c’est le constat implacable que dresse le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) dans un rapport sans concession. À ce stade, ce document de 76 pages, intitulé Souffrances et espérance de l’Église en France, ne parle même plus de déclin mais bien d’effondrement, pour paraphraser l’historien Guillaume Cuchet. Le point de bascule se situerait dans les années 1960. À cette époque, ils étaient 35 % des Français à assister à la messe dominicale. Ils ne sont plus que 5 %, aujourd’hui. Et si l’actualité quotidienne banalise et « fait-diverdise » les profanations, on apprend avec consternation qu’une église disparaît toutes les deux semaines (destruction, vente, démolition). Une église toutes les deux semaines… Notre héritage, ce blanc manteau qui façonnait jusque-là nos paysages, se réduit comme peau de chagrin.
Certes, détaille Grégor Puppinck, directeur de l’ECLJ, « la France conserve les formes extérieures d’une civilisation chrétienne », notre patrimoine, notre calendrier, nos expressions sont là pour nous le rappeler, mais faut-il se fier aux apparences quand, en réalité, « elle s’est peu à peu vidée de son intériorité spirituelle, de la foi » ? Toutes les attaques que nous dénonçons à longueur de colonnes dans BV : déboulonnages de statues, noms de villages rebaptisés, spectacles blasphématoires (l’on peine à oublier l’indigne ouverture des Jeux olympiques), effacement du mot « Noël », interdictions des crèches dans les mairies suscitent l’indignation de beaucoup, chez les croyants comme chez les non-croyants et souvent même chez les non-catholiques, et ce, au nom de la défense de nos racines. C’est déjà cela. Mais in fine, que deviennent des racines si elles ne sont plus arrosées ni cultivées ? Souhaitons-nous vraiment voir la France, terre de saints, de missionnaires et de clochers, sous nos yeux s’effacer ?
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Deux destins intimement liés
Les lecteurs de BV ne seront pas étonnés de lire dans ce rapport, en outre, que « le catholicisme, religion historiquement majoritaire, est la cible privilégiée des logiques d’effacement menées au nom de la neutralité, tandis que l’islam s’épanouit de facto dans l’espace public ». Faut-il rappeler également, à l’instar de cette étude, la progression continue des actes antichrétiens ? L’ECLJ classe leurs auteurs en trois catégories : « des musulmans radicaux, souvent impliqués dans les violences physiques et explicitement appelés par la propagande islamiste à s’en prendre aux chrétiens en Europe ; des organisations militantes laïcistes qui utilisent la voie judiciaire pour faire retirer les symboles religieux de l’espace public ; et des militants d’extrême gauche hostiles au christianisme ».
N’en déplaise, pourtant, à ces laïcistes de combat, à quelques heures de la venue du pape Léon XIV, ce bilan montre combien le destin de la France et celui de l’Église semblent intimement liés. Parce que l’effondrement de la foi va de pair avec les transformations anthropologiques de la société, parce qu’en somme, elle a relégué ses repères et ses valeurs au rayon du passé, la fille aînée de l’Église souffre autant que ses enfants. Triste record tricolore : notre pays détient le taux de dépression le plus élevé d’Europe. La France, alerte Grégor Puppinck, « perd sa mémoire, ne transmet plus la vie et la culture, et sombre dans le désespoir. Elle ne croit plus en son destin. »
Autant dire que cette visite apostolique, trente ans presque jour pour jour après celle de Jean-Paul II, s’annonce historique. Quatre jours de liesse pour les catholiques qui vont montrer à la France mais aussi au monde entier que cette minorité, si souvent persécutée, se lève et jouit encore d’une enthousiasmante vitalité. (Plus de 21.000 catéchumènes baptisés à Pâques 2026, un record depuis vingt ans). Et une mission cruciale pour le Saint-Père : redonner à une France au pronostic vital engagé, appauvrie matériellement et spirituellement, cette espérance dont elle manque cruellement.

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