Par BVoltaire
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« Beaucoup de personnes sont dans la détresse la plus absolue, méprisées par l’État après avoir travaillé toute leur vie ».
« Faire des efforts : comme si nous, anciens, n’en avions pas fait assez ! »
Témoignage :
BV a choisi de publier ce témoignage d’un travailleur indépendant, Pascal Sauvageot, qui, comme bon nombre de futurs retraités, rencontre bien des difficultés à finaliser son dossier pour toucher sa retraite et à qui la Macronie réclame toujours plus d’efforts…
En tant qu’ancien chef d’entreprise, j’ai exercé pendant des années mon métier entre les contraintes professionnelles ordinaires et celles, beaucoup plus inutiles, de l’administration macronienne, principal frein au développement de mon entreprise. Aujourd’hui, 62 ans sonnent à l’horloge de ma vie. Prochainement, je serai en retraite. J’ai effectué ma demande de retraite auprès de la CARSAT. Cet organisme de Sécurité sociale qui gère la retraite du secteur privé, créé en 2010 sous Nicolas Sarkozy, a pris la forme d’une usine à gaz lors de la réforme des retraites du gouvernement Borne en 2023, avec, à la clef, de nombreux dysfonctionnements : erreurs redondantes de dossier et mépris des personnes handicapées ou âgées souffrant souvent de maladies chroniques.
Des petits vieux pas assez « glamour » pour les médias ?
J’ai abîmé ma vie dans les pires chantiers, sous toutes les latitudes, et particulièrement en Afrique, n’ayant pas compté mes heures de travail – pour ne vivre qu’avec 830 euros mensuels de retraite, alors que mes revenus auraient dû être multipliés par trois. Comme beaucoup d’autres, je me retrouve ainsi à « ferrailler » contre ceux qui ont détruit ma vie, sauf que maintenant, je n’ai plus 20 ans. 42 années se sont écoulées depuis… J’ai saisi le médiateur de la CARSAT pour mon affaire, mais il ne fait rien de plus pour m’aider à corriger mon relevé de carrière qui n’est pas à jour depuis 2024. Je suis loin d’être un cas isolé. Il suffit de lire la presse et les réseaux sociaux pour s’en convaincre : les plaintes de nos retraités contre la CARSAT sont récurrentes.
Étonnamment, les médias restent muets à leur sujet : pas assez « glamour », tous ces petits vieux qui crèvent en attendant le paiement de leur retraite. Ils sont pourtant des milliers de retraités, laissés pour compte, à percevoir le RSA faute d’obtenir le versement de leur retraite dans les temps.
À ce sujet — [VOTRE AVIS] Faut-il supprimer l’abattement de 10 % des retraités ?
Méprisés par l’État et sommés de faire des efforts
Beaucoup de personnes sont dans la détresse la plus absolue, méprisées par l’État après avoir travaillé toute leur vie. Notre gouvernement envisage même de geler leurs pensions de retraite ou de supprimer leur abattement de 10 % ! « Il faut que chacun fasse des efforts », clament, cyniquement, nos ministres, comme si nous, anciens, n’en avions pas assez fait pendant qu’ils étaient en culottes courtes.
Pour ma part, je suis arrivé à la conclusion que le problème de nos retraites, qui s’identifie avec celui du déclin de notre pays, est voulu. Force est de constater que l’État macronien s’empêtre dans sa stratégie habituelle de désinformation, cherchant à laisser entendre aux Français que la plupart de nos aînés vivent confortablement avec 2.000 euros de retraite par mois. Ce qui est loin d’être le cas.
Et on ne parle jamais de ceux qui, comme moi, n’ont même pas 1.000 euros de retraite pour vivre ni aucunes économies devant eux autres que leur patrimoine. C’est bien ce qui arrive à la dernière génération de boomers, celle née entre 1964 et 65, la plus impactée car elle est au cœur de l’abandon de la réforme des retraites. Leur jeunesse non plus n’a pas été représentative du plein-emploi des Trente Glorieuses de leurs aînés. Elle fut celle des petits boulots, des stages précaires ou autres TUC [travaux d’utilité collective, NDLR] de l’ère mitterrandienne. Ceux qui ont pu réussir professionnellement à cette période ne sont pas forcément riches mais, bien souvent, possèdent un patrimoine gagné à la sueur de leur front. L’éducation gaullienne héritée de leurs parents ayant porté ses fruits, jamais l’on ne douta des vertus du travail. Ainsi, plutôt que de jouer les cigales pendant leurs jeunes années, ces boomers déshérités du plein-emploi des Trente Glorieuses sont finalement devenus propriétaires de leur maison, en contrepartie de leur jeunesse qui se consuma dans un prêt immobilier pendant vingt ans.
Pauvre parce que propriétaire
Ce fut mon choix et je ne pensais pas le regretter quand l’heure de la retraite viendrait. Ce qui a lieu actuellement est contraire à l’éducation reçue de mes parents : « Travaille et tu réussiras dans la vie », car désormais, le travail ne paie plus. « Propriétaire » et « riche », ces deux mots allaient de pair, avant. À présent, je suis pauvre parce que, précisément, je suis propriétaire.
Heureux, les oisifs : l’État-providence peut tout pour eux. Pour moi, aucune aide sociale ni même alimentaire, ce qui n’empêche pas l’administration fiscale de me demander de payer des impôts avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté ; les assistantes sociales, qui ne peuvent rien pour moi, m’expliquant que j’ai la chance d’être propriétaire…

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