Par Ophélie Roque
🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷
Et un nouveau portrait qui vaut le détour !
🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷
« C’est plaisant d’encourager les lycéens à faire Tétris avec les poubelles du quartier mais encore est-il bon que ce ne soit pas devant l’école de ses enfants. »

Aymeric Caron, Danton chétif…
Comme pour Manon Aubry, je n’avais nullement prévu de portraiturer Aymeric Caron mais le voir ainsi s’occuper de la voirie parisienne m’a considérablement émue et m’a rappelé le mot de Zézette « Pourquoi pas ramasser les poubelles pendant que vous y êtes ?». Pauvre Zézette, si tu savais… C’est un drôle de personnage aussi que cet Aymeric, une sorte d’étrange synthèse entre un tribunal révolutionnaire et un sachet de graines germées. Un Danton chétif, sans la niaque ni la joie de vivre. Peut-être à cause du véganisme, allez savoir…
Né en 1971 à Boulogne-sur-Mer, d’un père directeur d’école et d’une mère infirmière, Aymeric sort diplômé de l’École supérieure de journalisme de Lille en 1995. Il part alors deux ans à Shanghai pour travailler dans un studio radio rattaché au consulat de France. Rien d’exotique au demeurant : au mitan des années 1990, nombre de jeunes diplômés rejoignent les consulats et ambassades au titre de la coopération qui tient lieu de service militaire. En plus, s’il avait fait l’armée, il aurait fallu qu’il se coupe les cheveux, lui qui les a si jolis…Quant au Shanghai de l’époque, c’est la vitrine des réformes de marché lancées par Deng Xiaoping, pas franchement un haut lieu d’apprentissage du maoïsme. Mais il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. On l’imagine bien devant une affiche de Mao, le remerciant pour la Chine des travailleurs et du communisme éternel. Trente ans plus tard, cette Chine là lui fait un énorme doigt ! Dans les dents le Grand Timonier ! Aux chiottes, le petit livre rouge ! Et les 60 millions de morts te disent bien des choses ! Et pas que des aimables…
De retour en France, il fait ses classes à TF1, LCI et France 3 avant d’entrer à Canal+ comme grand reporter. Chroniqueur au Grand Journal en 2004, il présente ensuite les matinales du week-end d’I-Télé (cette même chaîne qui deviendra un jour… CNews) puis passe à Europe 1. L’ironie de la chose confond. Pour faire bref, ça ronronne pendant une quinzaine d’années avant que Laurent Ruquier ne lui offre en 2012 une place de chroniqueur dans l’émission « On n’est pas couché ». Un jour, il faudra faire un papier sur l’influence quasi occulte de Laurent qui semble avoir une prédisposition inouïe à lancer des carrières politiques insoupçonnées. Qu’y fait-il ? Pas grand-chose à part dézinguer les livres d’autrui… Il se découvre les plaisirs mouillés d’un petit censeur. Ça j’aime, ça j’aime pas. Toi tu vis, toi tu meurs. Dans les deux cas, je jouis. Mais au fond, ce ne sont là que jeux télévisuels… du moins avant le premier dérapage. En avril 2014, un échange avec Alexandre Arcady, venu présenter son film portant sur le meurtre d’Ilan Halimi, dégénère et est coupé au montage. Le cinéaste accuse Caron d’avoir établi des raccourcis « abjects » entre Ilan Halimi, Merah et le conflit israélo-palestinien jusqu’à comparer les souffrances d’Ilan à celles des enfants palestiniens. Ambiance ! Caron dénonce une ignoble distorsion de ses propos et dit souffrir de cette accusation d’antisémitisme. La séquence n’ayant jamais été diffusée, c’est parole contre parole mais au vu de la suite, on peut se dire qu’Alexandre Arcady n’a peut-être pas halluciné.
Parce qu’on sent chez lui une appétence antisioniste qui, souvent, s’égare. Notamment après le 7 octobre qui marquera le début d’un nouveau combat. Son fil X devient alors une litanie -sans début ni fin- de vidéos à la provenance plus ou moins douteuse. Personne ne nie la situation dramatique des Gazaouis mais de là à relayer des vidéos postées par le Hamas… Surtout qu’en plus de commenter la géopolitique, l’ancien chroniqueur se fait juge, procureur et bourreau en affirmant qu »Arthur, le président du Crif, Caroline Fourest, Bernard-Henri Lévy et j’en passe sont les « soutiens des massacres de Gaza. » Tous génocidaires selon lui. Et quand les victimes ont l’audace de se plaindre un peu, l’ancien critique (si féroce envers les autres) a pour lui-même des tendresses et des indulgences de père. Il peut tout se permettre, et surtout le pire, puisqu’il est LUI. Il n’a à se justifier de rien.
En 2017, dans Utopia XXI, l’essayiste a une idée. Une toute petite lâchée comme ça entre deux fantasmes: instaurer un « permis de voter » afin de s’assurer que l’électeur ne soit décidemment pas trop con. Le suffrage universel certes mais avec des limites ! Il ne s’agirait pas que n’importe quel déficient mal embouché puisse glisser, pépère, son bulletin dans l’urne. Deux siècles de barricades pour aboutir sur un QCM. Enfoncés Jean-Jacques Rousseau et Condorcet. Puis l’année 2022 s’en vient et avec elle une circonscription à prendre. Sud Radio lui ressort l’idée du permis. Lui, avoir dit ça ? Mais enfin, jamais ô grand jamais ! Ou plutôt si, il l’a dit… enfin, pas vraiment. L’essayiste l’a en effet écrit mais pas le candidat ! C’est qu’entre ces deux êtres qui partagent la même tête il y a dissension. L’un dit oui, l’autre dit non. Aymeric dans tout ceci l’est innocent.
En juin de cette même année, la vague Nupes déferle sur la France et charrie avec elle tout ce qui flotte : feuilles mortes, emballages ménagers, excréments… Aymeric arrache la députation avec la dix-huitième circonscription de Paris avec 51,65 % face au sortant Pierre-Yves Bournazel qui décrit son rival comme un transfuge de la télé-réalité entièrement étranger aux misères du quartier. Il faut dire aussi que dans sa vie de tous les jours, le député de la XVIIIᵉ circo vit à Versailles. C’est d’ailleurs là où il scolarise ses enfants, loin de la mixité des quartiers « bobos mais pas trop » parce qu’il y a quand même des gens un peu louches qui y trainent. Le peuple c’est très bien à condition de conserver une certaine distance. C’est plaisant d’encourager les lycéens à faire Tétris avec les poubelles du quartier mais encore est-il bon que ce ne soit pas devant l’école de ses enfants.
Les comptes rendus de séance, greffiers aux doigts froids, disent le reste. A 99%, il vote comme le groupe LFI-NFP. L’inclassable, l’électron toujours libre, bat la mesure comme la tige du métronome ou la queue du chien. Hélas, il est parfois capable d’envolée comme en cette fin décembre 2025 où il propose la semaine de quinze heures assortie d’un congé parental pouvant durer jusqu’à cinq ans. Sûr de lui, il ose et convoque Keynes comme on invoque l’esprit d’un macchabée un soir de pleine lune autour d’une table tournante. « Youhou ! Keynes ! T’en penses quoi de ma proposition ? Si tu ne dis rien c’est que tu approuves ». Long silence. « Il approuve ! »
Avec les municipales de 2026, Aymeric se voit bien maire du 18ème arrondissement de Paris quand -on n’est trahi que par les siens- la France insoumise choisit… Danièle Obono. C’est pas mal ça, niveau diversité et féminisme. Il devrait être content. Il ne l’est pas. Furieux qu’il devient. Trahi par Mélenchon. Pour qui il se prend le vieux de la Montagne ? Blessé dans son orgueil, il rompt avec LFI. Résultat ? Aymeric récolte 5,01% des voix, Obono faisant près de quatre fois mieux ! Le prophète découvre la taille véritable de son troupeau : un peu plus de 3 000 fidèles dans un arrondissement de 115 000 inscrits. Heureusement, la célébrité et le succès sont choses relatives.
Et c’est en cliquant sur « publier » que je me rends compte que nous sommes le 7 Octobre.

Ophélie Roque
Copyright obligatoire
en cas de citation ou de transmission de cet article, vous pouvez le copier:
Attention ce texte est un pamphlet n’engageant que son auteur. Observatoire du MENSONGE défend la liberté d’expression !
Faîtes de même en le partageant et/ou en nous suivant. MERCI !
L’article à lire :
🌠 🌠 🌠 🌠 🌠 🌠 🌠
*** Pour tout abonnement en cadeau vous recevrez par mail un livre en PDF























Laisser un commentaire