Le Grand fichage

EXCLUSIF : « 2.0 » : Une magnificence technologique qui induit la décadence du genre humain

Le Grand fichage

Par Daniel Desurvire

« 2.0 » : Une magnificence technologique qui induit la décadence du genre humain

a) Voici l’estimable vision d’un progrès présentée par les puissants de ce monde, lesquels ordonnancent une civilisation entrelacée de nombres et de codages


La nouvelle version du web dans ses interfaces innovantes symbolisées par le sigle numérique « 2.0 », avec son futur proche « 3.0 », annonce un artefact prédictif des sociétés humaines les plus évoluées. Ce cheminement qui conduit le voyageur à s’expatrier en direction d’une communauté d’expression régulière dite Perl pour PCRE (Perl Compatible Regular Expression, ou langage de programmation textuel), est une contraction numérisée pour évoquer un format digital participatif ou social d’une civilisation avancée. Il s’agit notamment d’une idéation de la communication ou de l’invention qui amène une standardisation des moyens cybernétiques et robotiques, par l’opération organisationnelle d’un développeur interactif. Les objectifs visent à optimiser les potentiels urbains dans les domaines de la construction, des moyens de transports, des réseaux de communication, des services publics dont la gestion des déchets et des rejets.
Maillées par des logarithmes dédiés à chaque instant et dans chaque espace de la vie, les données recueillies et innovantes sont faites pour réguler des applications sociétales à l’aide de la recherche fondamentale, de la nanotechnologie, de la biotechnologie, de la santé et de tout ce qui entre dans le domaine des biens et des services. Par ce foisonnement épistémologique de possibilités exhumées depuis ce brasero de connaissances incandescentes, toutes les compétences peuvent s’y déployer. Les synergies induites par l’incommensurable potentiel du Big Data, permettent à tout un chacun de s’approprier de nouvelles fonctionnalités sur la toile, pour ensuite les répandre sur les terreaux corporatifs ; telles des semences de cultures cognitives nouvelles à disposition des entreprises, des particuliers et des politiciens.
Doit-on évoquer une science citoyenne avec des wikis émergeants (sites de partage et de création rapide et informel), au-delà des blogs et des réseaux sociaux nonobstant compatibles avec les échanges ? Ces logiciels « 2.0 » à croissance exponentielle, ne sont plus seulement des outils personnels, mais des moyens collaboratifs, inventifs, modifiables. Cette facilitation numérique, aussi ingénieuse que d’une multiplicité incommensurable, navigue à travers plusieurs dimensions, se métamorphosant à une vitesse vertigineuse. La mobilité de cette intelligence, réceptive voire mutante, concourt à l’explosion de la sérendipité des chercheurs. La motricité d’un diagramme « 2.0 » s’ouvre au processus stochastique (calcul aléatoire, résultat imprédictible), où du chaos peut émerger le plausible.
Telle une variable qui prendrait forme au cœur d’une entropie, voyons-là une heuristique à la portée des bricoleurs du hasard, grâce aux fonctions imprévisibles de cet instrument malléable et perfectible. Les usages du « web 2.0 » sont infinis, et les applications en progression géométrique ne sont pas seulement le produit statique de téléchargements, mais d’un concours de moyens innovants qu’il reste toujours à explorer et à remettre sur la table. Si l’on y ajoute la performance des calculs quantiques à venir et l’intelligence artificielle déjà en action, ce monde vu du dehors pourrait apparaître surréaliste, impénétrable pour les néophytes, puis encore incompatible avec notre faible entendement cartésien.


De fait, cette uchronie transcende la fiction, puisqu’elle se métamorphose en une réalité paradoxale. Il pourrait s’agir d’une émergence superposée à la nôtre, où la cybernétique prendrait possession d’un futur en gestation, tout en accompagnant les hommes dans leur devenir. Mais dans notre réalité, ces deux mondes s’interpénètrent, cohabitent, fusionnent, mais une interdépendance qui engendre un contrôle de la machine sur l’homme, voire infère l’assujettissement de ce dernier. Le paradigme « 2.0 » capte ostensiblement toujours plus de surface, grignotant çà et là tous les recoins de notre conscience captée, modulée voire reprogrammée.
Les process informatiques procèdent tantôt de la dissection analytique, statistique et prospective des problématiques sociales et du comportement des individus, tantôt de la surveillance électronique de masse que balaie les caméras, les micros et les satellites. Cette compilation d’informations politiques, sanitaires ou consuméristes est étudiée, fichée puis conservée, pour être randomisée par des usines de propagande, puis rendue à des fins exploratoires, soit mercantiles, soit électoralistes. De sorte qu’à la fin de cette comptine onirique, l’éveil sur l’abscisse « 2.0 » cesse de promettre autre chose que la chimère d’un plan qui dessinerait une société futuriste, où la prééminence humaine se voit progressivement compartimentée, promise à se dissoudre au profit d’une colonie d’insectes sociaux.
Bien des dirigeants de pays démocratiques sont fascinés par cette capacité d’asservissement pratiqué en douceur ; celle qui use d’une instrumentalisation rhétorique empreinte de promesses de développement, de croissance, de confort et de mieux-être pour endormir la défiance. Cette stratégie s’opère à l’aide d’instruments marmoréens, invisibles, silencieux, donc salvateurs et lénifiants. Ces élus aux commandes de ces régimes constitutionnels rattrapés par leur déchéance, s’ajustent en embuscade avant de déployer leur piège arachnéen sous la dictature des nombres. Une nouvelle entité politique, sous l’excellence du « 2.0 », est en voie de se répandre sur la planète, avec ses troupes avant-gardistes de l’Empire du Milieu. Cette nouvelle gestion empruntée au collectivisme, à l’instar de Singapour, fait ostensiblement glisser les populations confiantes et sereines quant au devenir de ce choix de société, vers un renouveau du communisme que l’on croyait politiquement frappé d’obsolescence.


b) Lorsque l’homme cède sa place à l’univers binaire, matrice des futurs quanta


De l’autre côté du miroir, la référence « 2.0 » prend également forme derrière les écrans qui relayent des caméras à reconnaissance faciale, la géolocalisation spatiale pourvue d’une modélisation en 3D sémantique, équipée en 5G pour coiffer en instantané des milliards d’images avec leurs attributs de terrain. À ce thésaurus documentaire avec son intelligence intuitive (l’IA), s’y ajoute une plateforme holistique dotée d’un moteur de recherche avec ses mots clés et ses enregistreurs de frappes. Il en découle de vraisemblables censures aux fonctions qui tendent à l’inquisition, à l’aide du superpouvoir des IPE (Logiciel espion, boîte noire). Or déjà, l’anonymat sur internet est de facto relatif, en retenant bien que le plus grand des hackers et le plus important fournisseur de falk news n’est autre que l’Exécutif politique. Tout est surveillé par le pouvoir dominant, quelle que soit la sensibilité ; de la plus féroce des dictatures à la démocratie la plus convenable ; ainsi la social-démocratie internationale qui fait tant illusion.
Le « web 2.0 », qui fait autorité à Singapour avec la Media Development Authority (MDA), certes loin derrière le Great Firewall’ chinois avec ses camps de rééducation, bloque certains accès en ligne même aux adultes. Ici, la pédopornographie et le terrorisme ne sont que des excuses propices pour dédouaner beaucoup d’autres usages moins prophylactiques au sens moral. L’imaginaire, que floute le quotidien habituel, ne parvient pas à cerner les contours sans cesse en mouvement de cette mécanique digitale, ni à mesurer les avantages ou les risques d’un tel processus en marche. Le lobe frontal ne parvient même plus à digérer les informations clandestines qui persuadent l’électeur ou décident le prospect ; tous deux convaincus de leur libre-arbitre. Une persuasion socio-psychologique est injectée dans le cortex cérébral de chacun par un canal subliminal itératif, dont le curseur est manipulé par le marchandising des faiseurs d’opinion.
La circulation d’un savoir manipulé, et la captation des esprits par cette clé ouverte sur l’inconnu, sont comparables à une réalité virtuelle, où la mystification se confond aux apparences. Voyons-là un potentiel insondable qui vient coiffer notre réalité jusqu’à dématérialiser la finitude du temps et déchirer l’espace euclidien. Cet instrument, encore analogique et numérique à ce jour, mais prochainement quantique, fera exploser les normes ajustées au fonctionnement interne de la société, jusqu’à rompre avec les concepts démocratiques et les modèles éthiques, sociaux et juridiques convenus. Lorsque le progrès se retourne contre l’humanité, gageons qu’il contribue à son déclin, en effaçant ses valeurs morales, ses standards égalitaristes et ses libertés fondamentales.
Le vrai n’apparaît plus seulement dans la perception oculaire d’une image naturelle, mais également dans son interprétation abstraite, comme il en fut des œuvres figuratives avec les peintres des XIXe-XXe siècles, corrigées sous l’œil anamorphosé de l’impressionnisme. Autrement dit, c’est le « web 2.0 » qui prend le relais du réel ; un monde alternatif qui pénètre la carnation du vivant jusqu’à s’y substituer, planifier ses modes de vie, voire agir inopportunément à sa place. Oui mais par qui et pour quel usage ? Est-ce une voie seyante qui s’ouvre vers un confort anesthésiant, une sérénité qui relâche la vigilance, un bonheur empreint de résilience, de tempérance et autres vertus cardinales, ou une collusion d’intérêts politiques, industriels et financiers qui corrige les indociles, et qui se refermera inexorablement sur l’individu lambda ainsi privé de son ego, de son droit à la différence, de tout ce qui lui confère une personnalité, une originalité.
Globalement, le trafic web de Singapour, la vitrine du « 2.0 », passe par une dizaine de serveurs détenus par les autorités qui conservent la trace de tous les sites consultés par les ressortissants de la cité-État. De sorte que les essayistes polémiques et dissidents politiques y sont étroitement surveillés, la pensée unique du Parti d’action populaire (PAP) n’hésitant pas à intervenir et prévenir de façon inquiétante les imprudents bloggers en passant par leur adresse IP. Il ne s’agit pas ici d’une autorité de régulation, mais d’une police politique du numérique gouvernée par le People’s Action Party du fondateur Lee Kuan Yew, aujourd’hui animé par ses successeurs suffisamment habiles pour se jouer de la démocratie, tout en agitant un prétendu pluralisme politique. Mais sur ce registre, on se croirait en France !
Pour édulcorer l’ordre glacial d’une société réduite à n’obéir qu’à ses propres schémas numériques, les médias forcent l’admiration et font l’apologie de ce type d’organisation autour de cet îlot futuriste, cela en focalisant autour de l’Oasia Dowtown. Ce gratte-ciel, à l’écosystème vertical, simule une profusion de verdure, d’insectes et de rongeurs vivant en osmose à l’intérieur de cette superstructure. Mais ce spectacle est offert pour céder un peu de vert aux écologistes, et faire oublier aux riverains que cette cité est la seconde la plus dense de la planète comprimée entre le béton, l’asphalte et les tours qui font de l’ombre au soleil. Voilà bien un succédané, l’irisation éphémère d’un jour pour stipendier les profanes, les plus fragiles et perméables, dès lors que la surveillance comminatoire entrave les libertés naturelles, et fait du droit d’expression un délit d’opinion, via les logiciels espions, via le « 2.0 » !
Certes, les touristes n’y perçoivent qu’étonnement et admiration devant une hôtesse humanoïde gracieuse, intelligente et compétente au comptoir de leur hôtel. Puis encore, devant le gigantisme d’une cité accueillante, scintillante, propre et harmonieuse, ce microcosme urbain prend toutes les apparences d’une tribu de béni-oui-oui angéliques. Mais qu’en est-il pour le ressortissant national qui doit vivre ce décor factice au jour le jour ? Ainsi, ce micro-État fait figure de leader des modernités autour du « 2.0 » que lorgne la social-démocratie mondiale, dont l’Europe avec en tête de proue l’Allemagne d’Angela Merkel et la France d’Emmanuel Macron ; lesquels voudraient bien ici pouvoir transposer les mêmes schémas réducteurs.
Paradoxalement, ce point géographique, au cœur du Sud-Est asiatique, illustre ô combien ce paradigme « 2.0 » peut asservir, comme d’annihiler toute velléité personnelle jugée coercitive contre la collégialité du système, comme celle de vouloir revendiquer son individualité. Est-il possible de déchirer le voile de l’intimité au tréfonds de la vie privée des citoyens de facto devenus sujets, de cloisonner la cognition de chacun, seulement disponible et exploitable dans un sens unique obligatoire, de violer le secret de leurs opinions et de les détourner de leurs choix existentiels. Quid des fondements les plus élémentaires des droits naturels conjugués à la première personne du singulier ? Serons-nous bientôt la ruche ou la termitière d’un Big Data autocratique ?
Le « 2.0 » qui devrait servir le peuple, les libertés, la sécurité, la justice et contribuer au bonheur, est en voie de devenir une autoroute vers un collectivisme de sinistre mémoire. Or cette mainmise sur le digital global fut déjà alpha-numérisée en France avec en toile de fond le Code de la sécurité intérieure, la loi Renseignement, la tentative manquée de la loi Avia etc. Ne serait-ce pas pour laisser croire que l’État lutte contre le terrorisme musulman tout en le déversant sur le territoire sous la défroque des réfugiés ; une mascarade qui dédouane l’inquisition régalienne, liberticide et corrompue, sur la Nation hexagonale ? Voilà autant de moyens coercitifs placés entre les mains d’une oligarchie élitiste en France, laquelle prépare insidieusement le terrain à cette vocation du pouvoir absolu sur des citoyens… devenus à leur corps défendant des sujets, des numéros alignés en rang d’oignon derrière le parangon « 2.0 ».

Daniel Desurvire


Ancien directeur du Centre d’Étude juridique, économique et politique de Paris (CEJEP), correspondant de presse juridique et judiciaire. Daniel Desurvire est l’auteur de : « Le chaos culturel des civilisations » pointant du doigt les risques de fanatisme de certains cultes et de xénophobie de certaines civilisations, auxquels s’ajoutent les dangers du mal-être social, de la régression des valeurs morales et affectives ou de la médiocrité des productions culturelles, dont la polytoxicomanie en constitue l’un des corollaires. L’auteur choisit d’opposer le doute et le questionnement aux dérives dogmatiques et aux croyances délétères » (in, Les cahiers de Junius, tome III, “La culture situationniste et le trombinoscope de quelques intellectuels français” : Édilivre, 2016).


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L’ignorance est la nuit de l’esprit
et cette nuit n’a ni lune ni étoiles.

5 commentaires

  1. La tentation collectiviste a toujours été un leitmotiv des sociétés décadentes et comme notre société est la plus décadente qui soit, alors cette tentation est démesurée pour le malheur des hommes qui n’apprennent toujours rien de l’Histoire.

  2. Pour ceux qui ont lu le fameux livre d’Orwell, 1984, pas de surprise et pour les autres, c’est en cours.

  3. Nous sommes dans un monde de dingues où la délation fonctionne à plein régime, où les gens ont peur de leur ombre et où un gouvernement met en place une bonne dictature des familles…

  4. La technologie c’est bien et c’est mal mais comme maintenant il y en a vraiment trop, c’est le mal qui l’emporte.

  5. Cette société fait peur : elle renonce à ses valeurs pour à la place installer une dictature de la pensée. retour en arrière comme au temps de l’Urss et de la RDA, ou de Cuba ou encore de la Grèce des Colonels !…

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