… qui galvaude la démocratie, désinscrit les libertés naturelles et viole le droit à une vie privée

Le nouveau livre de Daniel Desurvire (existe aussi en format liseuse) :


Histoire d’un Président qui n’aime pas la France

Par Daniel Desurvire

Chapitre 2

I / La démocratie : entre grandeur et décadence

Cette démocratie illibérale ne s’oppose pas à l’ultralibéralisme qui tend à une mondialisation de l’économie de marché et à l’ouverture des frontières selon l’ordre établit par l’OMC, ainsi que par une immigration de surcapacité pour affaiblir les notions désormais honnies de nationalisme républicain et réduire les coûts de production. La juxtaposition de ce plurit antilibéral, ainsi désigné par le sociologue et philosophe Raymond Boudon, avec ce libéralisme dévoyé qui ne tient aucun compte de la balance commerciale déficitaire du pays et de l’endettement public exorbitant, ainsi que les débordements migratoires de réfugiés surnuméraires et des dangers de déstabilisation émeutières et terroristes, sont autant de facteurs dommageables pour la démocratie et la souveraineté nationale des régimes constitutionnels.

La démocratie illibérale n’est qu’un podium où seul compte la plus haute marche, comme pour les États impérialistes d’antan. Ces élites sont seulement animées par l’instinct compulsif du pouvoir et par l’appétence de profits colossaux que génèrent les pôles transnationaux de la haute finance et des grandes industries dispensatrices de dividendes et de royalties, dont se gavent ces oligarques encensés par leurs caudataires obséquieux sous un atrium de privilèges. Cette approche politique contemporaine du pouvoir quasi absolu est une renardière qui se dissimule derrière l’évocation lénifiante d’une démocratie qui n’existe que de nom, ainsi sous le règne d’un Président hors de contrôle depuis 2017, pour qui gouverner c’est fliquer, asservir ou punir.

En l’occurrence, ce postulat qui installe un confort rassurant dans les foyers populaires, ou nombre de citoyens estiment ne rien avoir à cacher ou à craindre, alors même que la sécurité n’est pas assurée dans la rue, se mue en une insouciance de tous les dangers, en rompant avec la vigilance et le contrôle des électeurs. Les citoyens leurrés par l’intoxication propagandistique instillée par l’État, s’abandonnent à une confiance subornée par l’endormissement subjectif, voire infraliminal depuis les précurseurs lénitifs d’un exécutif qui passe pour être providentiel. L’analphabétisme et l’inculture qui traduisaient la vulnérabilité de la plèbe, ce bas peuple prolétarien de jadis, justifiaient sa soumission face aux audaces et aux prévarications des seigneurs. Mais à ce jour, même dans une démocratie atrophiée, les citoyens n’ont plus cette excuse pour se dédouaner de leur inertie devant les outrages que leur infligent certains élus.

Pour l’Abbé Emmanuel-Joseph Sieyès, l’un des illustres promoteurs de la Constitution française, « La grande majorité des Français n’a pas assez d’instruction, ni assez de loisir pour vouloir s’occuper directement des lois qui doivent gouverner la France ». Ironie qui frise le mépris dans l’esprit des fondateurs de la République, il ne saurait y avoir de démocratie directe ou de peuple souverain en l’absence de régulateurs politiques. Ce pourquoi les élus se dissocient du peuple d’en bas pour se donner les moyens de gouverner en marge d’une démocratie délibérative directe. Restera toujours l’empreinte de la citée d’Athènes sous le siècle de Périclès, des Doges vénitiens et génois entre les VIIIe et XVIIIe siècles ou autres exemples atypiques dont recèlent les annales en différents lieux du vieux continent, où la démocratie ne fut pas un vain mot, même si chacune de ces pages civilisatrices, transposée à notre temps, n’apparaissent jamais parfaites ou accomplies.

Certes aujourd’hui et à notre endroit, les Français sont globalement plus érudits que sous la Révolution, sauf que la souveraineté populaire, exprimée en termes de démocratie participative, semble ne vouloir rester qu’un mythe qui se retranche derrière une stratégie discursive de légitimation, seulement présente à travers les symboles d’une Révolution qui n’appartient plus qu’à une histoire jamais aboutie. En effet, pour le girondin Jacques Pierre Brissot de Warville, « La plupart des désordres qu’ont connus les cités démocratiques antiques peuvent être attribués à leur manière de délibérer ».

Autant dire que laisser parler le peuple est inaudible puisqu’il ne peut s’exprimer d’une seule voix derrière le brouhaha désordonné et véhément des foules. Ce pourquoi il fut institué le mode électoral pour désigner celui qui parlera à sa place (décret du 11 août 1792 suspendu par le Directoire et rétabli lors de la Révolution de 1848). Or, depuis la fin du XIXe siècle, il semble que même les standards démocratiques les mieux aboutis sont bafoués, les règles d’équité laminées et les représentants du peuple dans les assemblées écrasées sous la densité des moyens juridiques et l’autorité d’un exécutif absolutiste qui explose l’équilibre des pouvoirs. Quant à James Madison (quatrième président des États-Unis d’Amérique), celui-ci exprima cette crainte de laisser parler le peuple pour lui-même : « Si chaque citoyen avait été un Socrate, chaque assemblée athénienne aurait été malgré tout une cohue […]. L’idée que le peuple est le meilleur gardien de sa liberté n’est pas vraie. Il est le pire envisageable, il n’est pas un gardien du tout. Il ne peut agir, ni juger, ni penser, ni vouloir ». Ainsi naquit l’antidémocratisme de la bouche d’un démocrate ; l’un des principaux auteurs de la Constitution américaine qui se distingua pour avoir soutenu la séparation des pouvoirs. Ce pourquoi, puisque la démocratie, selon l’analyse académique évoquée plus haut, est « l’art de défendre le bien commun », il semble convenu d’abandonner aux représentants supposés méritants et vertueux – là est toute la difficulté – la mission de conduire le destin de la Nation selon les normes instituées dont les droits imprescriptibles, et non pas le peuple se conduire lui-même en l’absence de guide ou sans porte-parole. Entre l’anarchie et l’autoritarisme, « in medio stat virtus » !

À SUIVRE

Daniel Desurvire


Ancien directeur du Centre d’Étude juridique, économique et politique de Paris (CEJEP), correspondant de presse juridique et judiciaire. Daniel Desurvire est l’auteur de : « Le chaos culturel des civilisations » pointant du doigt les risques de fanatisme de certains cultes et de xénophobie de certaines civilisations, auxquels s’ajoutent les dangers du mal-être social, de la régression des valeurs morales et affectives ou de la médiocrité des productions culturelles, dont la polytoxicomanie en constitue l’un des corollaires. L’auteur choisit d’opposer le doute et le questionnement aux dérives dogmatiques et aux croyances délétères » (in, Les cahiers de Junius, tome III, “La culture situationniste et le trombinoscope de quelques intellectuels français” : Édilivre, 2016).


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By Observatoire du MENSONGE

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3 thoughts on “Histoire d’un Président qui n’aime pas la France 2”
  1. Ce n’est plus entre grandeur et décadence qu’il faut situer la République actuelle mais juste en décadence. Devoir choisir un député quasiment forcément de gauche est une catastrophe que les Français ne mesurent même pas.

  2. Merci, une nouvelle fois, comme toujours, Daniel DESURVIRE vous avez écrit une Excellente réflexion sur un président qui voulut être roi , permettez-moi de vous annoncer ( si besoin), qu’il est paru un livre remarquable ( de Droit), qui a pour titre :  » LE PRESIDENT ABSOLU » .
    La France à cause de Français anesthésiés et laxistes , à la botte d’ un système qui ne pratique que le mensonge et la  » COM  » à outrance, comme dans un régime fasciste ( et non républicain), nous entraîne vers la misère et l’affrontement inéluctable, une seule petite chance existe encore :
    Ne pas voter pour ce président « propagandiste » qui se prend pour le Roi et méprise le peuple de France. Il est urgent de lui faire comprendre que Nous ne sommes pas des gueux !

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