Prolifération des taxes : une imposition qui grignote le pouvoir d’achat


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À force d’empiler les taxes, l’État entretient un ras-le-bol fiscal et détourne l’attention des réformes de fond.

Hausse des péages, factures d’électricité alourdies, écotaxes sur nos vêtements ou nos livraisons : la fiscalité française prolifère dans tous les domaines. Derrière des objectifs souvent louables – écologie, justice fiscale, sobriété – se cache une inflation silencieuse qui grignote chaque mois un peu plus le pouvoir d’achat. À force d’empiler les taxes comportementales et sectorielles, l’État entretient un ras-le-bol fiscal et détourne l’attention des réformes de fond.

Début 2025, les automobilistes français constatent une nouvelle hausse – certes modérée – des tarifs de péage autoroutier. Ce renchérissement, après deux années de fortes augmentations, est révélateur d’une tendance préoccupante : l’empilement de taxes sectorielles décidé depuis 2023. En tête de liste figure la taxe sur les infrastructures de transport de longue distance, mise en place par la loi de finances pour 2024. Censée rapporter 600 millions d’euros par an pour la transition écologique elle frappe les concessions d’autoroutes et les grands aéroports via un prélèvement de 4,6 % sur leur chiffre d’affaires (au-delà de 120 M€). Officiellement, le gouvernement assure que cette mesure ne se répercutera pas sur les usagers.

Dans les faits, Vinci Autoroutes estime que la taxe lui coûtera 280 millions d’euros en 2024 et a déjà averti qu’une « hausse des taxes, c’est inévitablement une hausse » des péages, évoquant +5 % en 2025 pour compenser. De son côté, le groupe ADP (aéroports de Paris) chiffre l’impact à 90 millions d’euros sur ses aéroports parisiens et prévoit d’en répercuter 75 % sur les compagnies aériennes, c’est-à- dire… sur le prix des billets !

Le secteur de l’énergie n’est pas épargné par cette inflation fiscale. Après avoir été abaissée au minimum pendant la crise énergétique, la fiscalité de l’électricité est repartie à la hausse dès 2024. L’accise sur l’électricité (anciennement CSPE) – taxe finançant notamment les énergies renouvelables – a bondi de 21 €/MWh à 33,7 €/MWh au 1er février 2025, soit +60 % en un an. Certes, cela fait suite à la fin du bouclier tarifaire qui avait contenu artificiellement les prix, mais le résultat est là : les factures d’électricité ont grimpé (près de +10 % sur le tarif réglementé début 2024). Désormais, les taxes représentent environ 22 % de la facture d’électricité d’un ménage, ponctionnant d’autant le pouvoir d’achat des Français.

Le numérique n’est pas en reste. L’Assemblée nationale a voté fin 2024 le relèvement de la taxe GAFAM – cet impôt sur les services numériques des géants du Net – de 3 % à 5 % du chiffre d’affaires réalisé en France. Cette hausse, intégrée au budget 2025, vise officiellement des multinationales comme Google, Amazon ou Facebook. Mais on peut craindre qu’elle soit indirectement répercutée sur les consommateurs, par exemple via des hausses de tarifs de services en ligne ou de frais pour les vendeurs et clients du e-commerce. De même, un amendement prévoit d’étendre aux GAFAM la taxe dite télécoms qui finance l’audiovisuel public, signe que chaque opportunité est saisie pour multiplier les prélèvements sur l’économie numérique.

Même nos vêtements sont concernés par cette frénésie fiscale. La filière textile française, soumise au principe du pollueur-payeur, a vu son éco-contribution (pour le recyclage des vêtements usagés) augmenter de 23 % en 2023, un surcoût répercuté sur les prix de gros et, in fine, sur l’étiquette des articles neufs. S’ajoute désormais la future loi anti-fast fashion, qui prévoit une éco-contribution spécifique pouvant aller jusqu’à 10 € par article pour les vêtements à bas prix, souvent importés et livrés rapidement. Officiellement destinée à freiner la mode jetable, cette taxe frappera surtout les jeunes et les ménages modestes, premiers clients des plateformes visées comme Shein ou Temu. Là encore, c’est le consommateur final qui risque de trinquer.

Au-delà de ces exemples, c’est toute une dynamique inflationniste de la fiscalité française qui se dessine : chaque année apporte son lot de nouvelles taxes spécifiques, ajoutées aux précédentes sans que leur efficacité soit vraiment évaluée. On assiste à un empilement de taxes sectorielles souvent inefficaces, qui alourdit la facture finale pour les particuliers sans apporter de solution structurelle aux problèmes visés (transition écologique, régulation du numérique, etc.). La France affiche déjà un niveau de prélèvements obligatoires record – près de 45 % du PIB en 2022, de loin le plus élevé de l’OCDE – et les trois quarts des Français jugent le niveau d’imposition « trop élevé ». Le ras-le- bol fiscal s’installe : beaucoup de contribuables ont le sentiment d’être étouffés par une pression fiscale qui monte plus vite que leurs revenus. En témoigne l’émergence de la tendance « c’est Nicolas qui paye » sur les réseaux sociaux, expression virale d’un mal-être fiscal croissant parmi les jeunes actifs, qui dénoncent une ponction disproportionnée sur les trentenaires au profit d’autres catégories de la population.

Face à cela, les pouvoirs publics semblent privilégier des taxes ponctuelles et symboliques là où une vraie réforme d’ensemble serait nécessaire. Certes, taxer telle ou telle activité peut paraître juste ou écologique sur le papier. Mais à force de privilégier le symbole (faire payer un secteur mis en cause) au détriment d’une refonte globale, on complexifie le système fiscal et on entretient la grogne. Plutôt que d’empiler un énième impôt, ne vaudrait-il pas mieux s’atteler à une réforme fiscale ambitieuse, visant à la fois l’efficacité économique et la justice sociale, qui redonnerait enfin un peu d’air aux contribuables français ?

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Boulevard Voltaire

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3 responses to “Prolifération des taxes : une imposition qui grignote le pouvoir d’achat”

  1. Avatar de Jean-Luc Saviem
    Jean-Luc Saviem

    Le gouvernement nous demande de serrer encore plus la ceinture jusqu’à épuisement tandis que lui mène grand train et que la gauche gagne les élections dans ce pays de veaux.

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  2. Avatar de Pierre Texier
    Pierre Texier

    Le but de tout ce budget merdique est simple : faire en sorte que les vieux ne résistent pas pour ainsi faire de substantielles économies. Cela ressemble à un film d’horreur, non ?

    J’aime

  3. Avatar de Le Redoutable
    Le Redoutable

    Vous avez totalement raison Baudouin
    d’ Amayé . Comme vous le savez déjà, depuis de nombreuses années, nos gouvernants sont des menteurs tricheurs manipulateurs et de très mauvaise foi.
    Ce ne sont que des politiques .il ne faut rien attendre de positif de cette engeance qui nous trompe et nous trahit de longue date .
    Que faire ? J’ai vécu une période où les peuples osaient taper sur leurs casseroles , dans leurs appartements, pour se libérer de leurs geôliers très malhonnêtes .
    Si le peuple de France est incapable et trop paresseux pour  » taper sur des casseroles » et hurler leur  » ras le bol  » en attendant sereinement et très sagement dans leurs appartements que les malfaisants démissionnent. Alors, ils deviendront d’excellents esclaves. Tout simplement. Espérons qu’ils liront votre article et entendront les sirènes émises par la multitude de nombreux « lanceurs d’alerte » de plus en plus nombreux à vouloir
     » réveiller » les Françaises et Français endormis parce qu’ ils ont peur de découvrir l’ horrible réalité , que leurs politiques n’aiment pas la France semant la division, et l’ injustice sociale pour créer la haine parmi nous sur l’ensemble de notre territoire.
    Voilà les vrais ennemis de l’intérieur qui ont créé tous les éléments pour détruire la France. Merci Baudouin d’Amayé pour votre article que j’ai beaucoup apprécié, pour votre lucidité.
    Le Redoutable

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Brigitte Bardot vient de partir pour un monde meilleur, celle qui resplendissait, incarnait une belle image de la France nous manquera ! Adieu BB !

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  1. Avatar de Maurice MAX
  2. Avatar de Brigitte Van Peel

    Question qui me taraude : les Français seraient-ils des veaux ? Je crois que oui !

  3. Avatar de Edmond Cossa

    « Les politiciens de nos jours sont des larbins qui desservent le peuple. »Votre citation est excellente.

  4. Avatar de Toussaint Siméoni

    L’ampleur des dégâts est énorme avec ce président narcissique qui n’a eu de cesse que de détruire la France.

  5. Avatar de Roland Tartavusse

    Effectivement, l’économie française sous Macron et ses différents gouvernements, s’est effondrée comme un château de cartes. Malheureusement, ce n’est pas…

  6. Avatar de Guillaume Marchand

    Oui, il faut absolument voter, dès mars 2026, nous avons une occasion unique pour exprimer notre très fort mécontentement et…

  7. Avatar de Sydney Farrow

    Voilà un article qui dit les choses et qui est plaisant à lire et à partager.

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