Par Stephane Goldin
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Trump cherche donc une porte de sortie sans donner le sentiment d’un recul.
Donald Trump veut un accord avec l’Iran. Mais plus encore qu’un accord, il veut une image, celle du président qui aura obtenu de Téhéran ce que Barack Obama n’avait jamais réussi à arracher. Toute la stratégie américaine actuelle repose sur cette bataille de perception. Trump ne négocie pas seulement le nucléaire iranien, le détroit d’Ormuz ou les sanctions, il négocie sa propre victoire politique.
Le problème est qu’il se retrouve piégé par sa propre rhétorique.
Depuis des années, Trump répète que l’accord nucléaire d’Obama était une capitulation américaine. Il lui est donc impossible de revenir avec un texte ambigu.
Il lui faut un trophée visible :
Le retrait des stocks d’uranium enrichi, leur destruction ou au moins un mécanisme de contrôle crédible lui permettant d’affirmer que la menace iranienne a été neutralisée.
Sans cela, il sera accusé d’avoir signé un accord encore plus faible que celui qu’il dénonçait hier et c’est là que commence son dilemme stratégique.
Plus Trump veut éviter une guerre, plus il risque paradoxalement de s’en rapprocher.
S’il accepte un compromis trop souple, ses adversaires parleront de reddition face à Téhéran.
S’il refuse les concessions iraniennes, il devra démontrer que la pression américaine reste crédible, et si l’Iran continue de jouer avec la menace sur Ormuz, Washington pourrait être poussé vers une escalade militaire simplement pour sauver la face.
Les Iraniens l’ont parfaitement compris.
Téhéran cherche désormais à nourrir le récit de Trump sans céder sur l’essentiel: Offrir une accalmie à Ormuz, poursuivre les discussions, accepter des formulations vagues sur le nucléaire, afin de fournir à Trump la matière d’un discours triomphal sans démanteler ses véritables capacités stratégiques.
Car même si un accord est trouvé sur l’uranium hautement enrichi, les stocks à 20 %, les capacités techniques iraniennes et les délais de percée nucléaire resteront au cœur du problème.
Washington pourra proclamer avoir éliminé la menace, Téhéran affirmera avoir préservé ses acquis.
Pendant ce temps, les États du Golfe avancent sur une ligne de crête. Ils veulent la stabilité et la liberté de navigation, mais craignent qu’un mauvais accord ne transforme durablement l’Iran en puissance de chantage régional.
Et au-dessus de tous plane la question israélienne. Jérusalem ne peut affronter ouvertement Trump, mais Israël ne peut accepter un arrangement qui laisserait intacte l’architecture nucléaire iranienne tout en limitant sa liberté d’action face au Hezbollah et à Téhéran.
Trump cherche une porte de sortie sans donner le sentiment d’un recul.
Je ne remets pas en cause la stratégie du Président des USA qui souhaite un accord régional et qui serait bénéfique à tous, mais à force de vouloir raconter une histoire de victoire, il pourrait finir par accélérer précisément ce qu’il voulait éviter, une nouvelle détérioration du Moyen-Orient.

Stephane Goldin
Analyst on security and military matters and Managing Editor
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