Par Alain Weber
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Encore un scandale dû à l’idéologie actuelle !
Intimidation 6
Philippe Lellouche, artiste interdit de scène :
quand la tribune politique remplace la scène culturelle !
Le témoignage a la sobriété des constats glaçants. Invité mardi de l’émission Pascal Praud et vous sur Europe 1, le comédien et metteur en scène Philippe Lellouche a livré une confidence qui en dit long sur l’époque : plusieurs villes françaises refusent désormais de l’accueillir en spectacle. Motif invoqué ? Son soutien affiché à la communauté juive de France. « On m’a refusé parce que je suis pro-génocidaire, paraît-il », a-t-il résumé, le ton à mi-chemin entre l’ironie et l’accablement.
Une accusation aussi brutale qu’infondée, propulsée par des groupes militants, et qui trouve une caisse de résonance jusque dans les institutions municipales. Derrière la formule choc, c’est le mécanisme d’une censure douce qui se dessine, une exclusion du débat public par la porte dérobée de la programmation culturelle.
Philippe Lellouche n’est pas un pamphlétaire. Humoriste populaire, acteur reconnu, il cultive un rapport au public fait de connivence et de légèreté. Son crime ? Avoir exprimé publiquement son attachement à la cause des Juifs de France, dans un contexte de montée de l’antisémitisme, et ne pas condamner Israël avec la vigueur qu’exigerait une certaine doxa militante. Suffisant, pour que des édiles ferment leurs théâtres à ses one-man-shows.
Le comédien détaille le processus : des associations exercent une pression directe, parfois assortie de menaces, et des mairies, de gauche cèdent. Le producteur Gilbert Coulier, qui l’accompagne en tournée, aurait essuyé plusieurs refus nets. On ne parle pas ici de propos condamnés par la justice, ni d’appels à la haine, mais d’une opinion jugée incompatible avec la couleur politique locale.
L’affaire dépasse le cas Lellouche. Elle illustre une dérive profonde : la politisation du guichet culturel. La scène, espace par essence libre et contestataire, devient un territoire sous surveillance idéologique. La mécanique est rodée : on qualifie l’artiste de complice de Netanyahu, on agite le spectre du « génocide » et l’on somme l’élu de choisir son camp. Dans ce climat binaire, la présomption d’innocence intellectuelle vole en éclats. Celui qui ne condamne pas avec les mots attendus est aussitôt relégué au rang de paria.
Ce phénomène marque une rupture préoccupante avec la tradition républicaine. La liberté d’expression ne saurait s’arrêter aux frontières du périphérique d’une ville dirigée par tel ou tel parti. Or, en cédant aux injonctions militantes, certains maires transforment l’accès aux équipements publics en permis à points idéologique. La culture n’est plus ce lieu où l’on peut être en désaccord, elle devient une chambre d’écho d’une pensée unique.
Ce qui se joue ici est la capacité de la France à tolérer l’altérité intellectuelle. En érigeant des artistes en boucs émissaires, on fragilise l’édifice démocratique lui-même. Car si l’on sanctionne un citoyen non pour ce qu’il fait sur scène, mais pour ce qu’il pense en dehors, où s’arrêtera la liste des interdits ?
Il est urgent que les pouvoirs publics, au plus haut niveau, rappellent un principe simple : nul élu ne peut s’arroger le droit de bannir un artiste au motif que ses idées déplaisent à une faction. La liberté de création et d’expression est un droit fondamental, pas une variable d’ajustement au gré des rapports de force militants. Les mairies ne sont pas propriétaires des consciences.
Le cas Lellouche n’a rien d’anecdotique. Il est le miroir d’une société fracturée, où la nuance est broyée, où l’accusation la plus infamante circule sans filtre, et où la peur de déplaire l’emporte sur le courage républicain. Dans une démocratie adulte, on combat les idées par d’autres idées, pas par l’exclusion administrative. Redonner aux salles de spectacle leur vocation première, est une urgence. Défendre la liberté de parole, surtout quand elle dérange, demeure notre meilleure assurance contre l’obscurantisme.

Alain Weber
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Alain Weber
Image de couverture par Guren-The-Thirdeye de Pixabay

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