Par Georges Michel
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À la tête de l’État mendiant, il faut un Président-guichetier.
Emmanuel Macron ou l’État mendiant
Oui, bien sûr, on va dire qu’il n’est pas temps de polémiquer, alors que des dizaines de milliers d’hectares de forêts et de bois partent en fumée, des centaines de maisons ravagées, que des milliers de sapeurs-pompiers et secouristes, professionnels et volontaires, civils et militaires, sont sur la brèche, que des centaines de milliers de nos compatriotes ont dû quitter leur domicile dans la précipitation en laissant tout sur place, comme aux pires heures de notre Histoire, que le feu, ce dimanche soir, n’est plus qu’à quinze kilomètres de la métropole bordelaise. Mais tout de même, il faut bien avouer que cet été 2026 – le dernier, normalement, sous le règne chaotique d’Emmanuel Macron – prend des couleurs apocalyptiques. Certains y verront comme un signe du Ciel qui sait rappeler aux hommes, et en tout premier lieu à ceux qui pensent être issus de la cuisse de Jupiter, que leur rêve prométhéen peut tourner au cauchemar.
Macron imperator
Sans aller jusque-là, comment ne pas être frappé par le contraste de deux images à seulement quelques jours de distance. La première image, le 14 juillet – le dernier, normalement, sous le règne cataclysmique d’Emmanuel Macron –, dans la tribune présidentielle s’entassait une ribambelle de chefs d’État et de gouvernement venus à l’invitation, pour ne pas dire à la convocation, du co-initiateur de cette fameuse « coalition des volontaires » qui devrait intervenir en Ukraine, lorsque le cessez-le-feu aura été signé – c’est-à-dire pas demain. L’illusion, le temps d’un défilé militaire impeccable, que la France menait la danse. Macron imperator distribuait les accolades, les embrassades, se prenait pour le roi en faisant le baise-main à sa dame, tel le bourgeois gentilhomme qui n’en peut plus.
Actualité de la fable de La Fontaine Le Lion et le Rat
La seconde image, c’est celle d’une France en flammes. Image terrible. Terrible image, aussi, que celle d’un Emmanuel Macron obligé d’en appeler à la solidarité européenne. Certes, les circonstances sont plus qu’exceptionnelles – du moins, on l’espère – et l’orgueil mal placé serait irresponsable. Mais tout de même ! Vendredi 24 juillet, pile poil dix jours après ce grandiose 14 Juillet, Emmanuel Macron postait un long message, sur X, dans lequel il déclarait notamment : « La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne. Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque. » La septième puissance mondiale, dit-on, en appelle à la petite Croatie, aux modestes Républiques tchèque et slovaque, au discret Portugal. Jamais la fable de La Fontaine Le Lion et le Rat n’a été autant d’actualité : « On a souvent besoin d’un plus petit que soi. » Mais Macron l’Européen y voit sans doute l’occasion de démontrer que rien, désormais, ne peut se faire sans l’Union européenne. Ce qui, en l’occurrence, n’est pas tout à fait vrai, car si ce « mécanisme de protection civile » est labellisé « Union européenne », il s’agit bien de moyens nationaux – croates, tchèques, slovaques, portugais – qui interviennent à notre profit.
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« À votre bon cœur ! »
L’État français, historiquement protecteur de ses citoyens, de son territoire, de sa souveraineté, s’est, au fil du temps, transformé en État nounou avec, en corollaire, son incapacité à protéger ses citoyens, ses frontières, et son lâche et paresseux abandon de pans entiers de souveraineté à Bruxelles. Nous sommes désormais dans la troisième phase – d’aucuns diront phase terminale – où l’État français devient l’État mendiant. Une mendicité qui ne s’arrête pas à la demande de renforts à nos amis européens. En effet, le 16 juillet dernier, alors qu’il était à Fontainebleau après l’incendie qui a dévasté plus de 2.000 hectares, Emmanuel Macron annonçait la mise en place d’« un guichet unique » afin de collecter des fonds pour la forêt de Fontainebleau. À la tête de l’État mendiant, il faut un Président-guichetier. Certes, la solidarité des Français joue à plein et c’est une bonne et belle chose. Mais comment ne pas voir là le naufrage de l’État régalien ? On pense à Colbert, qui lança une véritable politique de plantation de forêts, non pas pour sauver la planète mais plus modestement la France, afin de construire les bateaux de guerre de notre Royale. L’impôt pourvoyait à cette politique visionnaire et de longue haleine. Aujourd’hui, c’est « à votre bon cœur » ! Triste fin.

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Boulevard Voltaire

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