Par Ophélie Roque
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Et un nouveau portrait qui vaut le détour !
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J’ai longuement lutté mais l’on ne se refait pas.
Car que m’importent le creux de l’été, les insouciants vacanciers et la politique en berne ? J’entends au loin (légèrement assourdi par le bruit des travaux simultanés sur le métro/rer/transilien/autoroute) l’appel de Valérie !
Valérie Pécresse !

« Voix mal assurée et sébile de sortie, elle quémande aux Français de quoi éponger la dette de sa propre ambition. Elle finira par grapiller, ici et là, les promesses de dons. Probablement de braves personnes gênées d’une telle indécence. Cachez ce dénuement, madame, on vous regarde ! »
Valérie, la plus femme de toutes les chattes
Il est rare d’observer pareille plasticité, pareille prédisposition au burlesque chez un politique. En général, on les cantonne à un ridicule en particulier, or Valérie a ceci de grand qu’elle les cumule tous !
Elle voit le jour une année avant la grande chienlit de Mai au sein d’une famille appartenant à la haute bourgeoisie parisienne. Valérie Roux, car tel fut son nom avant qu’un mariage ne la fasse Pécresse, est fille d’un professeur d’économie devenu plus tard président de Bolloré Télécom et grandit entre les bonnes écoles et les honorables fréquentations. Autant dire que le printemps 68 n’a en rien dépoussiéré le tranquille alignement des vaisseliers dans la salle à manger. Ça non ! le bruit et la révolution sont uniquement pour les enfants de pauvres, les fils d’ouvriers et les rejetons perdus de la gauche.
Elle fit donc HEC puis l’ENA, convaincue d’avoir des idées parce qu’elle eut des diplômes. Elle apprit d’ailleurs le russe et rêva un temps de diplomatie. Peut-être s’imaginait-elle hanter la gare d’Obiralovka, le corps recouvert d’une pelisse en astrakan. Quelque chose de grand, d’exalté, de romantique. Tant de minauderie en elle qui mériterait de s’exprimer ! Une sorte d’Anna Karénine, la tragédie en moins parce que ce serait quand même par trop triste qu’un train ne froisse ce joli minois là. Valérie n’étant rien d’autre que le croisement manqué entre le chiffonné d’un modèle de François Boucher et les caprices d’une minette. C’est qu’elle a des moues extraordinaires, de véritables agaceries de chattes !
Mais si la moue est expressive, le caractère ne marque pas. Elle a la froideur du marbre sur lequel les doigts n’impriment pas. L’ordre, selon elle, est moins une pensée ordonnée qu’une absence de pensée qui aurait réussi.. Le néant, quoi ! En économie aussi, elle voulut être Colbert quand elle ne fut que caissière. Ce sont là des choses qui arrivent.
Le parcours, pourtant, avait tout du sans-faute. Conseillère à l’Élysée auprès de Jacques Chirac, députée des Yvelines en 2002, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sous Nicolas Sarkozy en 2007, elle devient ministre du Budget puis porte-parole du gouvernement en 2011. Reconnaissons-lui un « succès », elle réussit à faire passer la loi portant sur l’autonomie des universités. La chose est passée au forceps mais elle en est ressortie avec la réputation d’une femme « ayant réussi l’amalgame de l’autorité et du charme ». Une sorte de Margaret Thatcher sans le succès, la poigne et l’énergie.
Car que défend-elle, au fond ? Qui peut le dire avec certitude ? Elle-même d’ailleurs le sait-elle seulement? A-t-elle pris le temps de s’interroger là-dessus ? Ou -à défaut d’avoir une opinion en propre- a-t-elle osé faire appel à un ami, à une voyante, à l’épicier d’en bas de chez elle qui, lui du moins, doit avoir des idées… Pour l’instant, toutes les étiquettes qu’on a tenté de lui accoler se sont décrochées d’elles-mêmes. Libéralisme, ordre, fermeté… Tout fout le camp dès qu’on lui applique.
Mais Valérie a en elle le talent d’une ménagère habile. Haute technicienne de la chose publique comme certains sont techniciens de surface, elle gère un budget de près de 6 milliards d’euros (je sais, ceci fait frémir) et intervient notamment sur l’épineuse question des transports, des lycées ou encore des subventions publiques. Je me souviens avec émoi de la distribution aux lycéens des ordinateurs floqués du logo Ile-de-France, j’en étais si émue que je me suis baladée pendant plus d’une année avec son portrait en fond d’écran afin de me souvenir à qui j’étais redevable.
Bref, elle aurait pu se contenter d’être chatelaine de ce beau fief d’Ile-de-France mais une ambition aussi colossale qu’incompréhensible l’a poussée à emprunter de bien plus sombres chemins, je reconnus Virtus à sa proie attachée. Elle emporte la primaire des Républicains face à cet autre monstre charismatique qu’est Éric Ciotti. Il faut dire qu’elle se révéla aussi un peu sorcière puisqu’elle serait même parvenue à faire voter un chien. Le digne Douglas s’en souvient encore. Créditée jusqu’à 17 % dans les sondages à la mi-décembre, elle fut un temps en capacité d’inquiéter Emmanuel Macron. Du moins jusqu’à l’ébouriffant meeting du Zénith.
Je me souviens d’avoir fait partie des quelques happy few à l’avoir suivie en direct à la télévision. Je garde le souvenir du plus sombre moment de jouissance malsaine qui m’ait été donné d’expérimenter. Une fascination qui vous pousse aux extrêmes rebords du précipice. Une scénographie digne du plus raté de tous les spectacles de sosies de Céline Dion. Elle avouera elle-même avoir voulu prononcer « un discours d’homme, avec des mots d’homme ». A ce compte-là il aurait peut-être fallu se doter d’un pénis artificiel et risquer le tout pour le tout.
Surtout qu’après ce raté, le couperet ne tarde pas à tomber. Elle ne récolte que 4,78 % des suffrages. Sous le seuil fatidique des frais remboursés donc ! A défaut d’être devenue présidente, la voilà qui devient première nécessiteuse de France. Voix mal assurée et sébile de sortie, elle quémande aux Français de quoi éponger la dette de sa propre ambition. Elle finira par grapiller, ici et là, les promesses de dons. Il reste d’ailleurs à s’interroger sur le profil si particulier des donneurs. Probablement de braves personnes gênées d’une telle indécence. Cachez ce dénuement, madame, on vous regarde !

Ophélie Roque
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