Par Ophélie Roque
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Et un nouveau portrait qui vaut le détour !
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Comme Lucky j’ai dégainé au plus vite et c’est avec une infinie émotion que je vous propose ce portrait Hors Série de la belle :

Nadine, celle « dont l’amie est plus noire qu’une arabe »
Il y a de ces journées qui vous offrent des révélations fortuites, de l’ordre du galant oublié qu’on retrouve un jour dans un fond de placard. Mince ! il était là tout ce temps ! Et dire que je me plaignais de ne plus avoir de nouvelles… Anyway, j’ai ressenti un sentiment assez similaire en voyant passer dans mon fil d’actualités l’affiche « promotionnelle » de Nadine Morano. Tout de blanc vêtue, habillée comme pour une fête d’Eddy Barclay, fond orangé qui sent son coucher de soleil, cartouche végétal, regard de braise, bouche entrouverte et ces deux inscriptions : « Nadine Morano aux cotés des jeunes » et ce formidable « Viens la retrouver ! » qui fait indéniablement songer aux anciennes réclames des années 2000 qui promettaient -contre espèce sonnante et trébuchante- de venir à la rencontre des femmes les plus chaudes de ta région. Nadine, je vous le dis, je suis faible et face à pareille invite je ne peux résister et même si je ne suis plus de prime jeunesse je viens à vous !
Mais qui êtes-vous Nadine ?
Plantons d’abord le décor: Haut-du-Lièvre, Nancy, appartement étalonné d’une barre de béton qui fut, un temps, la plus longue d’Europe. Lieux de rien qui semblent abriter des existences suspendues et qui pourtant sont pleins de vie ! La fillette qui y passera son enfance est née en 1963 d’un chauffeur de poids lourds et d’une standardiste de compagnie de taxis. Pour la petite histoire, le patriarche -Michel Pucelle-dépité de porter pareil patronyme transformera le nom en un plus sérieux « Pugelle » avant que Nadine n’épouse, en 1988, un certain Angelo Morano, originaire de Calabre. Nom qu’elle conservera après le divorce puisque Pugelle sonnait un peu quand même comme le nom d’une marque d’huile d’olive.
Diplômée d’un DESS de communication à Nancy (il faut du moins lui reconnaître un parcours d’autodidacte), elle emprunte l’escalier de service du RPR au milieu des années 1980 et y rencontrera celui qui fut l’indéniable coup de foudre politique de toute une vie en la personne d’un certain Nicolas Sarkozy. Nadine tient là quelque chose, elle sera dévote mais plutôt que de se tourner vers les ordres, elle vouera sa vie à ce petit être, ce presque Napoléon : elle sera sarkozyste jusqu’au tréfond de sa moelle, fera sienne la voix de son maître et ira sans frémir -le sourire aux lèvres et le soupir au corps- au front pour le défendre quand les autres ténors -plus prudents ou peut-être moins amoureux- sauront conserver leurs distances. Devenue députée de Meurthe-et-Moselle en 2002, elle devient secrétaire d’État à la Famille en 2008 avant de glisser à celui de la Solidarité et enfin de devenir ministre de l’Apprentissage. De tout ceci, on retiendra surtout le « décret Morano » portant sur les crèches et assouplissant les taux d’encadrement des tout-petits. C’est pas forcément l’héritage le plus glorieux qu’on puisse rêver laisser derrière soi mais enfin c’est toujours mieux que rien puisque chez elle le fond est toujours resté le parent pauvre de la forme.
Et pour ceux qui veulent la croire « peuple » méfiez-vous. Nadine est tout sauf une Patrick Sébastien spontanée au féminin. Chacune de ses « sorties » est sciemment préparée, paraître bête demande pas mal de boulot -en plus d’une certaine prédisposition. La glissade provocante n’a rien de l’accident de parcours, c’est le parcours ! À l’époque, elle rêvait de siphonner l’électorat frontiste au profit de l’UMP et sa stratégie, aussi claire qu’eau de roche, consistait à dire tout haut ce que les beaufs pensaient tout bas.
Battue aux législatives de 2012 et recasée au Parlement européen en 2014, Morano sut, du moins durant un certain temps, se construire une seconde carrière: celle de l’invitée permanente. La télévision, ébahie, ne cesse d’appeler à elle cette femme (faussement ?) vulgaire qui exhibe face à un Michel Denisot qui n’en demandait pas tant une bague à 119 euros pour se démarquer du bijou à quinze mille euros porté par sa consœur Rachida. Parce qu’elle est peuple, bordel ! Qu’est-ce qu’il faut qu’elle fasse pour qu’on le comprenne ? Alors, pour se constituer un collier d’âneries, elle va enchainer les perles : « j’ai une amie plus noire qu’une arabe », « Il y a une recrudescence des viols de portable à l’arraché, une violence qui n’existait pas avant que les portables n’existent » et surtout elle aime à rappeler qu’un de ses amis, pizzaïolo de métier, a crée une pizza DSK dont la base consiste bien évidemment en une sauce blanche.
Au fond Nadine Morano c’est la politique sans l’élégance. Pour cela, elle est pleinement une femme de son temps.

Ophélie Roque
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