François Fillon, c’est d’abord le candidat…


Alain de Benoist : son point de vue sur le candidat Fillon… [interview]

TRIBUNE

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François Fillon, c’est d’abord le candidat patronal du Wall Street Journal et des actionnaires du CAC 40

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Fillon, proche et ami de l’ancien pdg d’AXA, Henri de Castries, actuellement président du comité directeur du groupe de Bilderberg

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Alain de Benoist intervient régulièrement sur Breizh-info.com afin de commenter et d’analyser les faits d’actualité récents. Cette semaine, c’est au sujet de la victoire de François Fillon lors de la primaire des Républicains qu’il s’exprime.

Breizh-info.com : La victoire de François Fillon signifie-t-elle une «révolution conservatrice» comme beaucoup, à droite, le laissent entendre. Avec Fillon assiste-t-on au « triomphe de la droite des valeurs »?
Alain de Benoist : Des valeurs cotées en Bourse, c’est en effet probable. Pour les autres, vous me permettrez d’en douter.
La droite HLM (« hors les murs ») cherchait depuis des mois un candidat qui soit plus libéral en matière économique et plus « conservateur » en matière sociétale que ne l’est aujourd’hui le Front national. Ce candidat, elle l’a trouvé. Il s’appelle François Fillon. Il présente bien, il est convenable, propre sur lui, bien élevé, fidèle à sa femme, il n’épile pas ses sourcils, il vote en faveur de l’IVG et n’a pas la moindre intention de revenir sur la loi Taubira mais en son for intérieur il n’en pense pas moins (sic). De surcroît il va à la messe, et puis il habite un manoir, ce qui fait décidément de lui un homme très bankable.
Personnellement, je me réjouis bien entendu de la défaite du maire de Bordeaux, qui avait cru intelligent de faire une campagne de gauche dans une primaire de droite, comme de celle du mari de Carla Bruni, qui n’a pas vu qu’une primaire « ouverte » lui serait fatale. Fillon, me semble-t-il, a d’ailleurs surtout été perçu comme un moyen de se débarrasser de ces deux-là. Mais à mes yeux, cela ne suffit pas à en faire un héros.
D’abord et avant toute chose, je suis un adversaire du capitalisme libéral. Or, François Fillon, si sympathique qu’il puisse être (mais ce ne sont pas les individus qui m’intéressent), est de toute évidence un libéral. Si j’en crois les médias, c’est même un « ultra-libéral ».
Je ne peux donc que lui être ultra-hostile. Son programme nous ramène directement au XIXe siècle : destruction des services publics, suppression de l’impôt sur la fortune et hausse de deux points de la TVA (ce qui augmentera le coût des produits de première nécessité), démantèlement du système de santé (exclusion des « petits risques » de la couverture maladie), simplification des licenciements, diminution des allocations chômage, proposition faite aux travailleurs de travailler plus en étant payés moins, baisse des retraites et des salaires, soumission à la Commission de Bruxelles, problème des banlieues réduit à l’emploi, nouveaux cadeaux aux entreprises pour faciliter l’embauche (alors que celle-ci dépend de la demande, et que la demande est tuée par la baisse du pouvoir d’achat induite par les politiques d’austérité). Bref, une « casse sociale » qui correspond très exactement au programme du MEDEF.
Henri Guaino, qui n’est pas à proprement parler un gauchiste, parle déjà du « pire programme de casse sociale imaginé depuis 1944 ». Il ajoute, non sans raison, que « ce sont les politiques économiques absurdes qui minent la protection sociale, et non la protection sociale qui détruit l’économie ». François Fillon, c’est d’abord le candidat patronal du Wall Street Journal et des actionnaires du CAC 40.
Cela dit, je suis bien conscient que ce n’est pas ce programme qui lui a permis de remporter la victoire. Et que ceux qui ont voté pour Fillon ont d’abord voté pour sa personne. Mais pour être franc, je suis vraiment fatigué de cette droite bourgeoise imbécile, dénuée de la moindre structuration idéologique, toujours à la recherche d’un « homme providentiel », et à laquelle il suffit de faire de vagues promesses qui n’engagent à rien pour qu’en toute bonne conscience elle puisse se concentrer sur la seule chose qui l’intéresse vraiment, à savoir la défense de ses intérêts. Comme disait Céline, « ce sont les surfaces les plus lisses qui prennent le mieux la peinture ». Cette droite conservatrice et « nationale-libérale », qui n’a jamais été capable de comprendre qu’elle adhère à un système économique qui détruit tout ce qu’elle prétend conserver, qui mélange libéralisme économique et conservatisme social, logique du profit et appel aux « valeurs », ordre moral réactionnaire et xénophobie, n’a rien pour me plaire – et c’est pourquoi je la combat depuis toujours.
On le sait, certains cathos ont préféré voter pour Fillon plutôt que pour Jean-Frédéric Poisson, plus proche pourtant de leurs convictions, mais qui avait aussi pris position pour un revenu de citoyenneté et qui estime que « le libéralisme est la pensée unique d’aujourd’hui, qu’il soit majoritairement économique comme le libéralisme de droite, ou majoritairement sociétal, comme le libéralisme de gauche, les deux n’étant évidemment pas incompatibles ». Poisson se prononçait aussi « contre la domination du marché sur tous les domaines de la société humaine ». Un discours insupportable pour ceux qui, oubliant les critiques du pape François dirigées contre le néolibéralisme, voient avant tout dans l’Église une « gendarmerie sacrée » (Georges Sorel) destinée à mater les « classes dangereuses ».
Breizh-info.com : François Fillon peut-il être un « Victor Orban » ou un « Donald Trump » comme certains semblent le croire ?
Alain de Benoist : Ni l’un ni l’autre, pour l’excellente raison que François Fillon est tout sauf un populiste. A la limite, c’est même son antipopulisme qui a convaincu ceux qui l’ont élu. Le fait dominant des primaires auxquelles nous venons d’assister, c’est en effet que les classes populaires ne se sont pas déplacées pour aller voter, sans doute parce qu’elles ne se reconnaissaient dans aucun des candidats – et qu’elles savaient bien que les trois problèmes qui les préoccupent le plus, à savoir l’immigration, l’Europe et la mondialisation, ne seraient abordés par personne.
Le sarkozyste Gérard Darmanin, maire de Tourcoing, en a fait le constat : « Les classes populaires ne sont pas venues voter […] Or, ces électeurs constituent la majorité des voix pour une élection présidentielle ». Les couches populaires abandonnées, en France, cela représente en effet 24 millions de voix. On voit par là que Fillon n’est nullement le « candidat du peuple de droite », mais seulement le candidat de la moyenne bourgeoisie de province, et plus particulièrement des seniors, plutôt riches et inactifs, qui se fichent bien des questions sociales, puisqu’ils font partie des classes protégées. C’est ce que Patrick Buisson vient de déclarer lui aussi : « La France sénatoriale et provinciale de François Fillon n’est pas la France en souffrance des catégories populaires, qui ne sont pas allées voter ».
Fillon avait commencé par être « gaulliste social » avec Philippe Séguin (c’est à son exemple qu’il avait appelé à voter « non » au traité de Maastricht, choix qu’il déclare regretter maintenant). Aujourd’hui, il se réclame de l’abominable Margaret Thatcher, qui représente très exactement tout ce que Séguin détestait.
Breizh-info.com : Peut-on dire néanmoins qu’après ce scrutin, les jeux sont déja faits ?
Alain de Benoist : J’ai déjà eu l’occasion de dire que le système des « primaires », que l’on a importé des États-Unis en France, est une absurdité. Les primaires se conçoivent très bien outre-Atlantique, où l’élection présidentielle ne comporte qu’un seul tour, ce qui impose aux partis de ne présenter qu’un seul candidat. En France, où l’élection se déroule en deux tours, elles ont pour seul but de donner aux partis le monopole de la désignation des candidats en même temps qu’elles instituent une sorte de vote censitaire parfaitement contraire à nos institutions. Les vraies primaires, en France, ce devrait être le premier tour.
Cela dit, voir dans cette primaire de la droite et du centre l’annonce du résultat final de la présidentielle est d’autant plus absurde que ce scrutin a rassemblé moins de 4,5 millions de voix (dont il faut encore déduire 600 000 voix « venues d’ailleurs »), alors que l’on dénombre en France près de 45 millions d’électeurs, dont 36 millions qui devraient participer à l’élection présidentielle soustraction faite des abstentionnistes. Sur ces 36 millions, il y a encore au moins 20 millions d’électeurs de droite. Ce sont eux qu’il va falloir convaincre, ce qui n’est pas gagné.
Il y a six mois, l’élection de Hillary Clinton ne faisait aucun doute, mais c’est Trump qui l’a emporté. Il y a deux mois, l’élection d’Alain Juppé à la primaire ne faisait aucun doute, mais c’est Fillon qui l’a emporté au terme d’une campagne qui a également démontré l’extraordinaire versatilité des électeurs de droite. Croire que l’élection présidentielle ne va pas nous réserver d’autres surprises est extrêmement naïf. On ne sait pas si Bayrou va se présenter. On ne sait pas si les libéraux auront à choisir entre Fillon, Bayrou, Valls et Macron. On ne sait pas ce qui va se passer à gauche. On ne sait pas ce que va faire Mélenchon.
On ne sait même pas si Marine Le Pen sera au second tour. Considérer que les jeux sont faits et que le second tour opposera immanquablement Marine et Fillon est donc pour le moins aventuré. Cinq ou six mois à l’avance, une élection présidentielle n’est jamais jouée.
Breizh-info.com : Marine Le Pen est-elle plus en danger pour l’élection présidentielle avec François Fillon qu’avec Alain Juppé ?
Alain de Benoist : A supposer qu’elle soit présente au deuxième tour, Marine Le Pen aurait probablement préféré se retrouver face à Juppé, voire à Sarkozy. Mais face à Fillon, elle conserve toute ses chances à condition d’employer la bonne tactique : d’un côté mettre en accusation Fillon sur l’immigration, et chercher à rallier les ex-sarkozystes qui ne se reconnaissent pas dans le programme de l’ancien Premier ministre, mais surtout s’adresser en priorité aux classes populaires directement menacés par le libéralisme patronal de Fillon en s’attachant à faire comprendre à une gauche aujourd’hui en déshérence qu’elle ne peut pas, en conscience, aller voter pour un ultra libéral qui ne rêve que de renforcer l’emprise du Capital, d’augmenter la précarité et le nombre des travailleurs pauvres.
Le rôle naturel de Marine Le Pen est de s’adresser à une France périphérique qui se sent aujourd’hui exclue et abandonnée, qui voudrait voir embaucher plus de gendarmes, de policiers, de pompiers, d’infirmières et d’enseignants, qui ne veut pas travailler plus pour gagner moins ni voir démanteler les derniers mécanismes de protection sociale auxquels elle peut encore avoir accès. Cette France périphérique ne se reconnaîtra jamais dans un représentant de la bourgeoisie traditionnelle. Contre Fillon l’ultra-libéral, le FN n’a donc qu’une chose à faire : durcir et amplifier impérativement sa critique du libéralisme.
Propos recueillis par Yann Vallerie

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2016

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5 réflexions sur “François Fillon, c’est d’abord le candidat…

  1. SURICATE

    Le seul parti capable de ressusciter notre France moribonde est celui de MARINE.

    Les journaleux ont beau dire de façon récurrente que le FN se fissure, se divise, qui ceci que cela . Taratata ! c’est le seul parti qui tient ses troupes, qui tient la route actuellement.

    Droite-gôche lui ont même piqué certaines de ses idées…tout en vociférant que le seul danger de la France, c’était MARINE.

    Tout comme Attention, Poutine=Danger ! On dit même ce soir qu’il est un Marionnettiste qui n’est pas étranger à la victoire de D. Trump. Ben moi je préfère franchement ce marionnettiste à un Obama ou à une Clinton, voire même à tous nos guignols qui ne savent qu’inventer pour gagner en 2017.

    Poutine est populaire dans son pays, c’est ce que lui envient nos politiques Français.

    Bref, à choisir, je préfère être sous dominance Russe demain que sous dominance ARABE !

    Avec Fillon, nous avons toutes les chances d’être sous dominance musulmane. Mélenchon ne doit donc pas désespérer …Je viens d’entendre que Sarko s’était fait vulgairement JETER par POUTINE en 2007 sur sa manière de conduire la France.! AÏE…pas « con » le Russe.

    Monsieur POUTINE, Oui, allo ? Pouvez-vous « influencer » nos prochaines élections en MAI 2017 via Marine LE PEN ? Spasiba Vladimir !

    Merci aussi d’avoir prêté de l’argent à MARINE après que les BANQUES Françaises aient refusé de le faire. Spasiba !

    Kalinka, kalinka, kalinka moïa! v sadou iagoda malinka, malinka moïa ! Akh, pod sosnoïou, pod zelionoïou, Spať polojite vy menia !

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  2. Thierry Theller

    « LE COUP D’ETAT FINAL DE L’OLIGARCHIE »

    Malcom Lowry : « C’est stupéfiant comme l’esprit humain peut s’épanouir à l’ombre de l’abattoir ».

    2O16 : Preuve que les maîtres du pipeau électoral connaissent bien la musique, le syndicat du crime mondialiste (Bilderberg) semble toujours conserver un net avantage.

    […]

    2017 : Paix des esclaves par arrêt du jeu entre les « corniauds » et les « pitbulls ».
    youtube.com/watch?v=RtuOkX5NU-Y

    […]

    Suite (Deux textes) sur – finalscape.com/bilderberg-le-president-du-groupe-bilderberg-dans-le-gouvernement-de-fillon/

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  3. SURICATE

    Si Fillon qui se lance pour « sauver la FRANCE » était sincère, sous l’ère RPR- UMP il aurait commencé par démissionner en s’indignant sur la politique menée à l’époque, pour créer un autre parti politique Digne de gouverner un Pays en perdition, nous pourrions alors espérer, avec lui demain, retrouver notre FRANCE.

    Il n’a rien fait … mais alors RIEN pour

    Cette douce France, cher Pays de notre Enfance.

    Fillon ? OUSTE !

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  4. MAXE

    – On ne peut rendre la santé à la France avec un des élus qui l’a rendue TRES malade….Cela me semble bien logique pourtant ! Mais les électeurs veulent choisir celui qui va ENCORE les faire souffrir et ce, depuis plus de 40 ans ! L’animal est moins bête que l’homme Français
    – Concernant le FN, TOUS nos élus sont contre ce parti, le dénonçant de tous les maux possibles et inimaginables…. POURQUOI donc ?
    Ces 2 partis de clowns, bien nourris sur la bête que nous sommes, ne veulent pas partager, habitués aux ors et bons repas etc. Ils ne sont pas fous et défendent leur GROS butin, acceptant l’un après l’autre, de se partager le pouvoir ! En coulisses ils se tapent sur les cuisses
    – Alors détester le FN, avant de l’avoir rencontré, je refuse ce conditionnement car :
    Croyez vous qu’elle pourrait faire pire que ces 2 partis, depuis 40 ans ? Leurs résultats est il donc aussi exemplaire lorsque l’on voit le bilan de leurs actions, l’état de NOTRE France ?
    – Pourquoi PS et LR favorisent ils autant les étrangers et nous appauvrissent tant ?
    – Pourquoi nous refusent ils les avantages qu’ils allouent à ceux ci ?
    – Pour conclure, je pense que NOUS sommes TOUS fautifs de cette situation, par notre laxisme
    > NOUS les avons mis au pouvoir et nous dormons à présent ? POURQUOI ce SILENCE
    > NOUS sommes TOUS coupables car VOS et MES propos ici déposés n’intéressent personne
    PS. Supprimons toutes ces allocations / primes diverses / CMU / Sécu, vous les verrez tous repartir pour d’autres cieux plus cléments (ils nous détestent malgré nos bontés)
    Ex. au Portugal, d’immigration ZERO car ILS NE RECOIVENT AUCUNE AIDE du pays !
    >> Redescendons sur terre , aimons nous les uns les autres en commençant par les nôtres !

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