La corruption financière au plus haut 5


Les affaires gagneraient à être transparentes et non pas opaques !

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Observatoire du MENSONGE 

La corruption financière au plus haut

L’affaire Alstom

Par Daniel Desurvire

La cession d’Alstom masque une corruption économique et financière privée étendue au monde politique que protège la concussion et le népotisme de l’oligarchie française.

Chapitre 5

1°) Les marionnettistes 3

Des observateurs bleu blanc rouge y voient un retour de bâton avec la récupération opportuniste par des multinationales américaines des entreprises lourdement sanctionnées, affaiblies et placées en état de vulnérabilité par suite d’un jugement étranger en corruption ; ainsi Alstom. Certes oui, mais le laxisme politique français – voire sa complicité – fait la part belle à la férocité des marchés commerciaux et financiers internationaux qui finissent par engloutir le patrimoine industriel de la Nation. Or, gageons que si la France – ou l’UE – se dotait d’un dispositif judiciaire de l’envergure de celle d’Outre-manche, puis avait le courage de juger sur son territoire ses propres entreprises et leurs dirigeants entachés de malveillances qui ressortent de crimes caractérisés, soit par la voie de nationalisations ou d’appel d’offres contrôlés par la puissance publique, une telle gabegie ne frapperait pas aux frontières du pays, puis l’État conserverait la main sur son industrie la plus sensible en termes d’indépendance et d’industrie de pointe.
Entre les pots-de-vin d’Airbus, les logiciels truqueurs de Volkswagen, les bakchichs de la FIFA, les gratifications sous contrat d’EDF, les violations d’embargo de BNP Paribas, le système de corruption d’Alstom, puis ce qu’il ressort des auditions sur des opérations opaques de la Société Générale (Affaire Kerviel, commissions occultes à un intermédiaire en Libye, via un compte en Suisse au profit d’un membre de la famille de Kadhafi), d’Alcatel (procès et condamnation au Costa Rica et aux États-Unis), de STX (prêt de main-d’œuvre illicite et travail dissimulé), de Naval Group (secret défense contre droit du travail) et moult manipulations de taux de plusieurs banques européennes ; la coupe est pleine. Les entreprises européennes réputées corrompues, lorsque rarement elles se font épinglées, font pléthore. Plus vertueuses ou moins lisibles, les scandales de ce type outre-Atlantique semblent mieux affranchies des règles internationales, quoique le monopole de fait des Gafam restent sous surveillance européenne pour des motifs d’exonération fiscale, totale ou partielle, que leur offrent certains membres de l’Union aussi coupables que ces entreprises US qu’ils hébergent.

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Derrière ce fait avéré en France, « Les entreprises corrompues ne sont pas du tout poursuivies » selon le Magazine Marianne (Durand, Florence/Sipa, 12 juillet 2016). Et le Canard Enchaîné du 29 août 2012 d’ajouter, « En dépit d’une impressionnante série de décisions de justice rendues à l’étranger, défavorables à Alstom, la société n’a jamais été vraiment inquiétée sur le sol français » (Source Wikipédia.org/wiki/Alstom). Pire encore, Patrick Kron, alors PDG d’Alstom et grand acteur du CAC 40, auditionné le 4 avril 2018 par une commission d’enquête parlementaire sut jouer la partition du grand naïf en cherchant à excuser la corruption dont fut condamné son groupe : « Le système, s’il n’était pas généralisé, était quasiment institutionnalisé » ! Fort de cette certitude plombée, Alstom fonctionnait sur de vieilles habitudes qui furent pourtant sanctionnées de 772 millions de dollars US d’amende, en témoigne les affaires malhonnêtement traitées en Indonésie puis au Brésil (op. cit. Marianne).
Lorsque l’on sait que le groupe Alstom produisait des turbines nécessaires à l’alimentation de la majorité des réacteurs nucléaires français et de quatre sous-marins nucléaires, il est difficile d’imaginer que son principal dirigeant, Patrick Kron, ait pu vendre son entreprise à un concurrent étranger sans en référer au Gouvernement de son pays, sachant qu’il aurait ainsi trahi les intérêts économiques et géostratégiques de la France de son seul chef. Pour payer la dette colossale d’un procès en corruption mené par le Department of Justice (DOJ) américain et faire libérer l’un de ses complices incarcérés sous ce chef d’accusation, un accord amiable entre les deux groupes fut obtenu le lendemain de la validation en assemblée générale des actionnaires, à la majorité écrasante de 99,2 %, du 19 août 2014 de la vente à la branche Énergie du géant US General Electric, pour 12,35 milliards d’euros (± 13,5 milliards de $-US).
Si cette précipitation peut surprendre, gageons que d’aucuns penseront à une machination, voire à de la complicité parée des vertus de la légalité, avec le concurrent historique de chez l’oncle Sam. En clair, la plupart des engagements du cessionnaire ne fut pas respecté, pas même du côté du cédant coauteur de l’acte de cession, voire ne pouvait l’être en regard de discrets alinéas du contrat où chacune des promesses même contraignantes n’invalidait pas la vente et ne pouvait l’être à défaut de clause abusive de façon irréfragable, dite léonine. Au final, la société Alstom sera entièrement engloutie par le géant américain, nonobstant les assurances d’une survivance du secteur de l’énergie de l’entité française, fleuron de l’industrie et de la technologie européenne. De surcroît, la pression, sinon le chantage exercé sur cette vente colossale, à l’appui de quatre collaborateurs d’Alstom arrêtés sur le sol américain dont l’un d’eaux incarcéré, aura vraisemblablement exercé un impact négatif sur le cédant. Cet accord impose à Alstom la présence d’un moniteur pour procéder à la mise en place des procédures de compliance ; un monitoring judiciaire exigé par le DOJ.
Certes, il ne fut pas difficile de bluffer les actionnaires en leur promettant qu’ils ne perdraient rien de leur capital, puisque l’aliénation de l’entreprise au groupe GE devait les exonérer du paiement de l’amende au DOJ, dont cette dernière devait s’acquitter en échange de ce rachat, alors même que cette annonce ne fut qu’un pieux mensonge que devait révéler a posteriori un arrangement contractuel. De même que le prétendu maintien des emplois, selon le partenariat annoncé, fut une autre duperie orchestrée par les noyaux durs respectifs de cet accord papier, puisque le groupe avait confirmé l’arrêt de la production de son usine de Belfort dès 2014. De même que la prétendue création d’un millier de salariés sur l’hexagone fut un autre bluff du géant américain General Electric, lequel renonça rapidement à ses engagements sociaux ; un objectif prétendu hors d’atteinte du fait de l’évolution jugée arbitrairement défavorable des marchés conclurent-ils. Tous les dés étaient pipés !
Rappelons, entre autres, que Alstom fut soupçonné d’avoir versé 7 millions d’euros en échange du silence de Radès à Slim Chiboub, gendre de l’ancien président à vie de Tunisie Ben Ali, s’agissant de défaillances techniques dans l’exécution de travaux dans une centrale électrique (Source : WikiVividly), puis que les filiales Alstom Hydro et Network en Suisse et en Lettonie, ont été conjointement condamnées à verser 9 millions de dollars de compensation, puis interdites d’appel d’offre par la Banque mondiale pour avoir versé des gratifications occultes afin de soutirer un marché en Zambie en 2002. Alors que des proches collaborateurs de Patrick Kron furent impliqués par le DOJ au motif de corruption, Frédéric Pierucci, cadre dirigeant d’une filiale du groupe, par imprudence ou naïveté, fut appréhendé sur le sol américain, jugé par la cour fédérale de New Haven dans le Connecticut, puis condamné à 20 000 $-US d’amende et trente mois d’incarcération dans une prison de haute sécurité Wyatt à Rhode Island, avant d’avoir été libéré un an après sous caution, pour avoir plaidé coupable, pour avoir violé les règles du Forein corrupt practices act (FCPA).
Rappelons que cette loi américaine autorise les autorités judiciaires nord-américaines à traquer les entreprises coupables de prévarications financières, quel que soit l’endroit sur la planète, dès lors qu’elles sont cotées à Wall Street ou que de telles transactions prohibées transitent par le circuit financier des États-Unis (source : JDD, dossier Alstom, 26 sept. 2017). Les faits reprochés audit « cadre maudit d’Alstom » relèvent de pots-de-vin versés entre 2002 et 2009 en Indonésie par le biais de la filiale américaine d’Alstom dans un contrat de construction de la centrale à charbon de Tarahan en Indonésie, mais aussi de malversations de ce type en Égypte, en Arabie Saoudite et aux Bahamas.
D’autres cadres dirigeants furent inquiétés, ainsi Denis Cochet vice-président exécutif et Jean-Daniel Lainé directeur Conformité pour le secteur Power, alors même que le PDG plaide son innocence et prétend ne rien savoir de ces malversations, voire que certaines pratiques déliquescentes lui paraissent néanmoins normales, sinon habituelles dans le monde des affaires. De sorte que Patrick Kron effectua régulièrement de nombreux allers-retours aux États-Unis sans jamais avoir été inquiété ni appréhendé sur le sol de l’oncle Sam. Cette situation, plutôt inique en rapport à ses subordonnés, l’un interné et les autres menacés hors des frontières de la France, laisse deviner que ce PDG français bénéficiant d’un blanc-seing et d’un statut d’immunité quasi plénipotentiaire, aura agi d’abord pour le compte des intérêts du groupe General Electric, tout en arguant sauver les meubles à ses actionnaires ; capitaux et emplois ; des arguments de défense pour se dédouaner, lesquels ne furent évidemment pas suivies d’effet.
Ce patron, sorte d’agent double qui berna son AG et le Gouvernement français, était devenu un maillon indispensable pour finaliser les prétentions américaines quant à l’absorption d’Alstom et ses deux filiales éphémères ; trois coentreprises, dont les énergies renouvelables et le nucléaire. La partition était donc jouée d’avance, sachant que la joint-venture des énergies renouvelables devrait à terme être rachetée par la France ; mais un conditionnel qui se conjugue au passé composé, eu égard à un partenariat déjà dissout par d’obscurs paragraphes mal perçus par le corps politique de Bercy dans ce marché de dupes. Oui mais voilà, Patrick Kron martela devant les élus en commission parlementaire et son ministre de tutelle n’être coupable de rien, alors même qu’il était fatalement coauteur dudit contrat de cession, puis encore un leader multipolaire qui ne pouvait absolument pas ignorer des grandes lignes financières et commerciales dans sa propre affaire arachnéenne !
à suivre

Daniel Desurvire

Ancien directeur du Centre d’Étude juridique, économique et politique de Paris (CEJEP), correspondant de presse juridique et judiciaire.

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Daniel Desurvire pour Observatoire du MENSONGE

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Un commentaire

  1. Quand on voit la répercussion que l’affaire Alstom aura ,c’est juste incroyable ! c’est la face immergée de l’iceberg de toutes les corruptions, par rapport à ce que cela va engendrer ! il y a eu deux émissions sur le sujet et personne n’en parle , la France préfère parler de petites affaires qui nous occupent au quotidien pour cacher les beaucoup plus grosses ..

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