Conférence annulée de Mme Agacinski: une lâche servitude

L’immense majorité des maître penseurs vont dans le sens du vent et se plient au conformisme.

Conférence annulée de Mme Agacinski: une lâche servitude

Par Maxime Tandonnet

La philosophe Sylviane Agacinski a été contrainte d’annuler une série de conférences prévues à Bordeaux sur la « reproductabilité » de l’être humain, sous la contrainte de divers groupes idéologiques qui l’ont menacée de violence.

L’intellectuelle, épouse de Lionel Jospin, est en effet une opposante à la GPA. La réforme, en cours de discussion devant le le Parlement, soulève de gigantesques questions liées, non seulement à l’avenir de la civilisation, mais à celui de la nature humaine: elle introduit dans le droit la possibilité de créer l’enfant sans père; elle ouvre une voie possible, à travers l’intervention sur les cellules souches, à la sélection des embryons; elle modifie le sens de l’acte médical et de la solidarité nationale face au risque santé en prévoyant la prise en charge par la sécurité sociale d’un acte qui n’est pas de soin face à la maladie; en préparant le terrain de la future PMA, elle annonce la marchandisation du corps humain.
La GPA est au coeur de l’idéologie dominante, un vaste courant de pensée correcte fondée sur l’individu roi: tout est possible, tout est permis, sans limite éthique et par delà les notions de bien et de mal.
L’immense majorité des maître penseurs vont dans le sens du vent et se plient au conformisme.
Non qu’ils soient convaincus, mais surtout par soumission à l’apparence de modernité et de progressisme.  Se placer dans le sens du vent…  Il se trouve une poignée d’intellectuels dissidents, résistants, comme Mme Agacinski, pour résister à la force de ce conformisme. L’empêcher de s’exprimer est un fait de dictature, au sens fort du mot, celle des dictatures fascistes ou soviétiques des années 1920-1930.
Peu importe que l’interdiction émane de l’Etat ou de groupuscules extrémistes et violents. Le chaos, l’anarchie, la disparition de l’autorité dans l’espace public, sont tout autant propices à la tyrannie des groupes extrémistes et violents, qu’un Etat totalitaire. D’ailleurs, l’un engendre l’autre. « L’ordre seul, fait la liberté, le désordre fait la servitude » (Charles Péguy). La servitude? Nous pataugeons dans une mare de lâche servitude. Il est scandaleux que Mme Agacinski n’ait pas pu s’exprimer.
La responsabilité du politique est clairement engagée.
Un Etat qui cède face à des groupuscules extrémistes et qui ne parvient pas à faire respecter la liberté d’expression est aussi coupable qu’un Etat invasif: chaos et dictature sont les deux faces d’une même médaille.
A moins qu’il ne soit, tacitement, idéologiquement, complice de ces groupes extrémistes.

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