Rebondir 7


Si les petites et moyennes entreprise (PME) ne changent pas leur façon de procéder, la crise risque fort de les dévorer.

Rebondir

Par Robert Coignard

Chapitre 7

OPPORTUNITES A SAISIR
Mettre plusieurs « fers au feu » pour les avoir « sous le coude »
en permanence !
Voilà une « résilience » à la portée de chacun !
De la vulnérabilité à la résilience
(Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), le site Web de Vigie-PME (www.vigiepme.org))
(développer une capacité stratégique à gérer les risques dans les PME)


o Problématique et objectifs s’inscrivent dans l’urgence de réagir aux problèmes environnementaux
o Créer des occasions de conversations avec les praticiens actuels et futurs
o Notre défi scientifique : développer un outil de diagnostic solide
o Notre défi managérial : surmonter les contraintes d’un financement non récurrent et des attentes institutionnelles parfois contradictoires
o Notre défi technique : automatiser ce qui peut l’être
o Impacts sur la pratique : difficile mesure des bénéfices de la sensibilisation et de la diffusion d’information
o Impacts sur les connaissances : une boussole de la durabilité bien calibrée



Hébergé depuis 2010 par l’Institut de recherche sur les PME (INRPME) de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), le site Web de Vigie-PME (www.vigiepme.org) diffuse en continu les connaissances sur les thèmes du développement durable (DD), de la durabilité et de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) en contexte de PME. Spécialisé en veille informationnelle et en transfert de connaissances auprès d’un public composé surtout de praticiens, Vigie-PME a été conçu dès le départ comme un pont entre la recherche universitaire et la pratique.
La mise en ligne du site découle de deux constats effectués lors d’études de terrain. En 2008, une recherche menée au Québec (Labelle, 2008) révèle l’existence d’un écart important entre la théorie sur les thèmes de la durabilité, domaine toujours fortement influencé par le contexte des grandes entreprises, et la réalité des PME. Par ailleurs, le manque de connaissances des dirigeants de PME sur le sujet apparaît flagrant.
L’idée s’impose alors au sein du Laboratoire développement durable et PME (Labo DD-PME), de créer un corpus adapté aux PME, utile à la fois aux chercheurs et aux praticiens, gestionnaires de PME ou entrepreneurs, actuels et futurs.
Fortement influencé par les besoins des praticiens en exercice, le projet de Vigie-PME s’articule en trois volets : (1) la veille automatisée qui effectue en permanence un balayage de plus de 100 revues scientifiques ; (2) la vulgarisation, par des étudiants au MBA, des articles scientifiques les plus pertinents repérés par l’outil de veille ; et (3) un outil de sensibilisation et de diagnostic qui renvoie à un référentiel original, développé par le Labo DD-PME en partenariat avec des chercheurs de l’Observatoire international du développement durable en PME (OIDD, http://www.oiddpme.org), soit Jean-Marie Courrent (Université de Montpellier, LabEx Entreprendre, France) et Martine Spence (Université d’Ottawa, Canada).

Problématique et objectifs s’inscrivent dans l’urgence de réagir
aux problèmes environnementaux
Face aux enjeux pressants de nature environnementale et climatique, les interventions gouvernementales, la couverture médiatique, et surtout la recherche et la formation, concentrent encore leur attention sur les grandes entreprises (Spence, 2007). Étant donné la place occupée par les PME dans les économies[1], et leurs impacts majeurs aux plans social et environnemental[2] (Berger-Douce, 2007), il y a urgence à enrichir les connaissances sur le DD en contexte de PME. Par ailleurs, les gestionnaires de PME sont disposés à aller de l’avant sur la voie de la durabilité, mais le manque de connaissances et de savoir-faire demeure l’un des principaux freins à leur engagement (Berger-Douce, 2007). La problématique s’avère double : il faut d’abord développer un appareillage théorique et conceptuel adapté aux particularités des PME, puis assurer une diffusion qui coïncide avec les besoins des utilisateurs.
Communiquer avec les praticiens requiert de respecter leurs particularités. Les acteurs des PME travaillent entre 50 à 70 heures par semaine ; ils n’ont pas le temps de lire des revues scientifiques, dont ils ne maîtrisent pas les codes hermétiques, ni même parfois, la langue de publication (l’anglais, dans une forte proportion). De plus, ils utilisent massivement Internet pour s’informer. La plateforme et les outils de Vigie-PME se présentent comme un support à la traduction, au sens de Callon et Law (1989), en proposant la connaissance scientifique dans un langage qui soit celui des praticiens et selon leur mode d’acquisition d’information.
Avec cette double perspective, enrichir la connaissance et la diffuser, nous avions aussi l’objectif de développer un projet qui s’inscrive dans la durée, avec des mécanismes robustes malgré les contraintes changeantes en termes de personnel, de technologie et de financement.
Créer des occasions de conversations
avec les praticiens actuels et futurs
Le rapprochement avec les praticiens s’est effectué avant la conception de Vigie-PME et a été maintenu tout au long de la mise en œuvre du projet.
L’impulsion de départ a été fournie par la consultation de gestionnaires de PME. Nous sommes allés au-devant de leurs besoins lors de la recherche qualitative réalisée en 2008. Trois catégories d’apports souhaitables pour la pratique ont été identifiées : contribuer à la connaissance sur les sujets du DD et de la RSE, établir des diagnostics d’entreprise en matière de DD, et accompagner les PME pour faciliter l’intégration du DD.
En 2010, plusieurs chantiers s’ouvraient donc pour Vigie-PME : créer un référentiel du DD et de la RSE pertinent pour les PME ; acquérir des données de recherche ciblées (Comment les PME intègrent-elles les concepts du DD ? Quelles sont les bonnes pratiques ?) ; et diffuser les connaissances scientifiques sous une forme compréhensible et utilisable par les gestionnaires praticiens.
Le référentiel a été créé avec l’apport des praticiens qui ont participé à sa validation et fourni les données étalons qui rendaient possible la mise au point d’un outil de diagnostic. Identifié comme la « Boussole de la durabilité », l’outil de diagnostic est le volet qui touche le plus directement les praticiens en exercice. La Boussole de la durabilité a été développée grâce à la contribution de 350 PME du Québec. Sa forme sommaire, sous forme d’un jeu-questionnaire, est accessible à tous sur le site. Lorsque l’outil a été bien calibré, il a été offert comme soutien à l’intervention à des organismes d’accompagnement de PME intéressés par l’enjeu du développement durable. Par exemple, la Société d’aide au développement des collectivités (SADC)[3] dans la région de Mékinac au centre du Québec s’est servie de la Boussole de la durabilité pour évaluer les PME de son territoire en regard des pratiques de DD et en comparaison avec les résultats des 350 PME constituants le référentiel. Cette forme de benchmark a participé à l’élaboration d’un programme de suivi adapté par la SADC.
Figure 1
La « Boussole de la durabilité » correspond à une matrice qui permet un positionnement selon deux axes, soit l’axe de l’orientation durable, qui évalue les pratiques de développement durable, et l’axe de l’orientation entrepreneuriale qui mesure l’attitude envers trois comportements fondamentaux de l’entrepreneuriat
De la vulnérabilité à la résilience : développer une capacité stratégique à gérer les risques dans les PME

Notre défi scientifique :
développer un outil de diagnostic solide
Alors que les deux premiers volets de Vigie-PME, soit la veille informationnelle et la vulgarisation, n’ont pas posé de défi scientifique particulier, le développement de l’outil de diagnostic et de sensibilisation (et éventuellement d’accompagnement) s’est avéré plus complexe sous cet angle. La construction de la Boussole de la durabilité a nécessité plus de deux ans de travail, d’abord en circuit fermé, au Labo DD-PME, mais également à travers un partenariat de recherche au sein de l’Observatoire international du développement durable en PME (OIDD, http://www.oiddpme.org). La mise en commun des expertises et des outils développés dans cet observatoire a soutenu le développement d’un questionnaire intégrant toutes les variables pertinentes aux deux dimensions de la Boussole de la durabilité, ainsi que la prise en compte, lors de l’analyse des résultats, d’autres construits et variables (comme la structure de l’entreprise et les préférences en matière de soutien public).
Partant des constats révélés par la littérature, la Boussole de la durabilité a été calibrée avec la prémisse que les PME n’intègrent pas le DD de manière uniforme et qu’il existe divers niveaux d’engagement stimulés par des motivations distinctes[4]. La Boussole croise deux axes qui permettent de saisir ces variations, soit l’orientation environnementale et sociale (OES) et l’orientation entrepreneuriale (OE).
L’OE renvoie à un répertoire de comportements en matière de stratégie et de prise de décision. Ces comportements correspondent à l’idée de la performance telle que véhiculée dans la littérature sur les PME. Ils relèvent de trois dimensions : la proactivité, la prise de risque et l’innovation. Alors que le construit concernant l’OE était disponible, reconnu et considéré comme valide dans la littérature (et jugé pertinent par les praticiens qui ont testé notre questionnaire), celui de l’OES demeurait à développer. Notre construit de l’OES s’appuie sur l’amalgame et la synthèse de plusieurs grilles disponibles dans les écrits scientifiques, associés à celles d’organismes de soutien aux organisations[5] et à celle de nos partenaires de l’OIDD. Les réactions des praticiens avec qui nous avons fait les premières validations ont ensuite permis d’affiner l’outil[6].
Pour valider le questionnaire, et pour constituer notre étalon (ou benchmark) nous l’avons testé en 2014 auprès d’un échantillon de 350 PME québécoises. Les tests de qualité scientifique de toutes nos mesures ont généré des coefficients ne laissant aucun doute quant à la fidélité et à la cohérence de notre outil. Ainsi, notre défi scientifique a été relevé.

À suivre

Robert Coignard


(Ingénieur Conservatoire National des Arts et Métiers) (DEA images et communications – Labo. IMAC de Paris Nord) (Euring : Ingénieur européen FEANI)


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