Qui sont les « Décodeurs » ? (2ème partie)


Aujourd’hui plus que jamais la vérification d’information, aussi appelée « fact checking » a le vent en poupe. Les journalistes et médias dispensent leurs vérités ou ce qu’ils estiment telles, sous l’ombre protectrice des multinationales américaines. Deuxième partie

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Qui sont les « Décodeurs » ?

Par Observatoire du journalisme

Entre GAFAM, argent et influence.

Deuxième partie

AUJOURD’HUI PLUS QUE JAMAIS LA VÉRIFICATION D’INFORMATION, AUSSI APPELÉE « FACT CHECKING » A LE VENT EN POUPE. LES JOURNALISTES ET MÉDIAS DISPENSENT LEURS VÉRITÉS OU CE QU’ILS ESTIMENT TELLES, SOUS L’OMBRE PROTECTRICE DES MULTINATIONALES AMÉRICAINES.

L’AFP : LE SERVICE « FACTUEL »

Le service appartient à l’Agence France Presse, l’AFP. Conformément à sa politique, le service « Factuel » de l’AFP est tourné vers l’international, et surtout vers la francophonie : une équipe multi-ethnique qui « s’efforcent de vérifier les informations dans 13 pays en français, anglais, espagnol, portugais grâce à un réseau de 21 journalistes dédié » Vous pouvez trouver ici la liste des équipes « Factuel » de Paris, Tunis, Abidjan, Dakar et Bruxelles. Fondé en 2017, travaille avec Facebook depuis l’année fondatrice, de la même manière que les autres médias cités plus haut ; Facebook utilise les « vérifications » de l’AFP-Factuel dans les fils d’actualités. En 2019 « le contrat (avec Facebook) est en vigueur pour l’AFP dans une trentaine de bureaux dans le monde, couvrant plus de 70 pays. » Ce contrat rapporterait 2 millions d’euros par an à l’AFP, son PDG Fabrice Fries cherche à aller plus loin en nouant « d’autres «relations commerciales» avec des plateformes comme YouTube (propriété de Google) » En outre, le service a pu compter sur le soutien du groupe TF1, qui diffuse ses vidéos en 2019 sur le 20 H de TF1 et sur LCI. Pour les têtes dirigeantes, c’est Grégoire Lemarchand qui a été de 2016 à 2020 responsable du fact checking à l’AFP, relevons qu’il est professeur dans la filière « journalisme » à Science-Po Paris où il enseigne le « fact checking ». Début 2021, c’est Pauline Talagrand qui est « Adjointe à la rédaction en chef » de l’AFP Factuel. Pauline siège également au CSA dans le « Comité d’experts » contre la « désinformation en ligne, le monde est petit…

20 MINUTES ET FAKE OFF

La rubrique du journal « Fake Off », est, comme bien d’autres, lancée en 2017, avec dans l’immédiat un partenariat avec Facebook. Le journal a très rapidement obtenu la « certification Poynter-IFCN délivrée par l’International fact checking Network ». Ils ont aussi un partenariat avec Snapchat (Oh My Fake !) avec 227 000 abonnés. Côté finances, le journal 20 Minutes a obtenu une bourse de 40 000 dollars pour développer Fake Off en avril 2020 de la part de l’IFCN, le média a également reçu 30 000 euros de subvention du fonds d’urgence de Google. Les journalistes de Fake Off doivent signer la charte de la maison mère, 20 Minutes. Le journal est certainement le plus petit média à s’être lancé dans l’aventure de la vérification de faits, le quotidien est entièrement gratuit (mais financé par la publicité). La journaliste référente du projet est Mathilde Cousin, vous pouvez la trouver ici avec son équipe.

LES OBSERVATEURS DE FRANCE 24

Voici le cinquième et dernier réseau de « fact checking » en France, c’est aussi le plus ancien. Les Observateurs sont actifs à partir de 2007, dans un premier temps ils ne font que de l’analyse d’images et de vidéos. Service du média France 24, qui appartient au groupe France Médias Monde, détenu, rappelons-le, à 100 % par l’Etat français. Comme pour Fake Off et 20 Minutes, les « Observateurs » signent la charte déontologique de la maison mère, France Médias Monde. Ils font aussi partie de l’IFCN. De leur propres aveux, les financements du groupe Facebook (sur le même modèle que Le Monde et Libération) ont « permis à la rédaction de financer un poste de journaliste à temps plein sur le projet Info/Intox » Aussi « Entre avril 2016 et avril 2017, les fonds alloués par le New Venture Fund ont permis à la rédaction de financer un poste de journaliste à temps plein sur le projet Les Observateurs s’engagent. » Enfin, lors de l’élection de 2017, Crosscheck, un « projet ponctuel de vérification » a été lancé « autour de l’élection présidentielle, avec le soutien financier de First Draft News et Google News Lab ». Également « Google News Initiative fournit tous les ans un financement aux Observateurs dans le cadre de son programme Google News Initiative Fellowship en partenariat avec le Centre européen du journalisme, pour qu’un jeune journaliste puisse effectuer un stage de huit semaines au sein de la rédaction. »

Au cas vous n’auriez pas compris First Draft News est aussi une filiale de Google.

Les « Observateurs » ne semblent pas choqués d’être majoritairement financés par Google et Facebook, des multinationales américaines. Le créateur de cette rubrique, de France 24 (un média français s’il faut le rappeler), est le journaliste anglo-saxon, formé à Yale, Derek Thomson. On croise aussi l’ancien responsable éditorial, jusqu’en 2016, Julien Pain actuellement à France Info, qui gère le micro-trottoir « L’Instant Detox » et nous a gratifié d’une vidéo de propagande sur le Grand Remplacement. Voilà la liste des journalistes participant au projet en 2021 ; point notable : contrairement aux autres médias cités, les Observateurs recrutent des sources (images et vidéos) parmi leurs lecteurs, sur base de volontariat. Les journalistes sont ensuite chargés de vérifier le contenu, ils font participer une communauté à leurs travaux. Les vidéos des « Observateurs » sont également hébergées chez les confrères de France Info.

Eugénie Bastié se demandait dans Le Figaro « Qui Fact-checkera les fact-checkeurs ? ». Voici un début de réponse par ce dossier descriptif, nous y reviendrons sous d’autres angles. Ce sera l’objet d’une autre série.

Fin

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