Par Philippe Kerlouan

Édouard Philippe vient d’accorder au Parisien un entretien où il plaide pour un report de l’âge de départ à la retraite à 65, voire 67 ans. Se montrerait-il plus royaliste que le roi, auquel il aimerait bien succéder ? S’il fait de la surenchère pour montrer qu’il existe, sa politique ne se distingue guère de celle de Macron.

Cet entretien survient alors que le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a donné le coup d’envoi de la « concertation » sur la réforme des retraites. L’ancien Premier ministre assure que « [son] objectif n’est pas de plaider pour la solution la plus dure afin d’emmerder le monde », mais il ne voit pas comment la France pourrait se distinguer des autres pays européens qui reportent tous l’âge de la retraite, comme l’Allemagne et l’Italie qui « ont choisi 67 ans ». Il concède que « si on fait 65 ans et que cela marche, cela [lui] va très bien ». Au-delà, il faudra, bien sûr, tenir compte des longues carrières.


Arrêtons-nous un instant sur les motifs qu’il invoque pour justifier sa position. C’est d’abord le vieillissement de la population, qui réduit le rapport entre le nombre d’actifs qui financent les retraites et le nombre de retraités. C’est ensuite « un déficit important et une dépense publique qui progresse » : une réforme des retraites permettrait de limiter l’endettement de la France. C’est enfin la nécessité de revenir au respect des critères de convergence du traité de Maastricht : la France, rappelle-t-il, a fixé « un retour à 3 % de déficit vers 2027 », contrairement aux autres pays qui visent cet objectif pour 2025.

Si l’on comprend bien, cette réforme vise moins à équilibrer les comptes du système des retraites – nécessité que personne ne conteste – qu’à réduire la dette publique, qui ne provient pas que des retraites, et à dégager des marges budgétaires pour d’autres chantiers. Olivia Grégoire, la porte-parole du gouvernement, avait, le 2 juin 2022, reconnu que la réforme était « indispensable » pour « financer les grandes priorités » du quinquennat. En septembre, devant les journalistes de l’Association de la presse présidentielle, Macron l’a répété.

Pas plus que le chef de l’État Édouard Philippe ne prête la moindre attention aux études qui montrent qu’on pourrait assurer l’équilibre des comptes, d’ici 2032, sans toucher à l’âge légal ni à la durée de cotisation, notamment avec une hausse de dix points du taux d’emploi des seniors. Ils n’évoquent pas non plus, puisque la population vieillit, la mise en œuvre d’une véritable politique familiale. Ils pensent et agissent en technocrates, plus soucieux de suivre les directives de Bruxelles que de trouver des solutions justes et équitables qui aillent dans l’intérêt des Français.

Interrogé sur la politique migratoire, Édouard Philippe estime qu’établir des « quotas par professions » lui paraît « parfaitement envisageable », ajoutant qu’« on a besoin de compétences, de faire venir des gens ». Il ne s’éloigne qu’en apparence du sujet des retraites : pour lui comme pour Macron, les immigrés peuvent compenser le déficit démographique et sont indispensables pour faire tourner l’économie du pays tout en faisant rentrer des cotisations. Les technocrates ne s’embarrassent guère de savoir s’ils ont l’intention de s’assimiler et, comme on dit, de « faire nation ».

Une preuve de plus que la politique de nos dirigeants n’est inspirée que par des considérations matérielles et financières, tout le reste n’est pour eux qu’accessoire. Il leur manque une vision de l’avenir, « un supplément d’âme », pour reprendre la formule de Bergson, qui redonnerait de l’espoir aux Français. Il serait temps de les mettre en retraite anticipée !

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2 thoughts on “Réforme des retraites : Édouard Philippe plus macroniste que Macron ?”
    1. Macron est malin, il se sert des « vieux » qui sont hypnotisés et boivent ses paroles comme du petit lait pour mieux les détrousser ensuite et comme tous ceux-là vivent dans la peur, cela fonctionne fort.

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