Macron reproduit la fameuse journée des Dupes


Par Eric de Mascureau

🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷

En politique, le vainqueur n’est pas toujours celui que l’on croit et le pouvoir n’est jamais totalement acquis.

Macron reproduit la fameuse journée des Dupes [HISTOIRE]

Il est des journées où le pouvoir se joue en coulisses, dans une succession d’annonces, de rumeurs et de retournements, où, jusqu’à la dernière heure, nul ne sait encore qui en sortira vainqueur. Le 10 et le 11 novembre 1630, lors de ce qu’on appellera plus tard la « journée des Dupes », la France a connu l’un de ces moments suspendus. Ce qui semblait acquis à midi ne l’était plus à minuit. Ce jour-là, le cardinal de Richelieu, que tous croyaient condamné à la disgrâce, est finalement confirmé dans sa fonction de principal ministre par Louis XIII, tandis que ses adversaires, persuadés d’avoir gagné, découvrent qu’ils se sont eux-mêmes dupés sur leur avenir. Cette oscillation du pouvoir, presque heure par heure, résonne fortement avec les journées politiques qui viennent de s’achever autour de la renomination de Sébastien Lecornu, dont beaucoup imaginaient qu’il ne serait pas reconduit. Comme en 1630, les pronostics et les calculs n’ont pas suffi à prédire l’issue de la journée. Entre le palais du Luxembourg d’hier et les couloirs de l’Élysée aujourd’hui, le décor a changé, mais l’incertitude politique demeure la même.

En 1630, la France est engagée dans la guerre de Trente Ans. La politique extérieure menée par Richelieu, qui s’appuie sur des alliances avec des puissances protestantes contre la maison d’Autriche, suscite alors de vives critiques à la cour. Marie de Médicis, mère du roi et figure politique toujours influente, incarne l’opposition à cette ligne. Elle défend une politique plus conciliante envers les Habsbourg et s’appuie sur un parti catholique dévot et conservateur.

La santé fragile de Louis XIII au cours de l’année a également laissé le champ libre aux ambitions rivales, qui se sont développées au sein de la cour. Dans l’entourage de la reine mère se regroupent notamment Michel de Marillac, garde des Sceaux, ainsi que plusieurs grands seigneurs hostiles à Richelieu. Tous attendent alors le moment opportun pour provoquer sa chute.

À l’automne, l’équilibre politique est si instable que la moindre décision peut faire basculer le pouvoir. Le 10 novembre au matin, Louis XIII se rend au palais du Luxembourg, résidence de Marie de Médicis. Cette dernière profite de la présence de son fils pour exiger la disgrâce immédiate de Richelieu. Elle l’accuse de l’avoir écartée pour réduire son influence et impose au roi de choisir : « Préférez-vous un laquais à votre propre mère ? »

Louis, visiblement fatigué des conflits, donne des signes de concession et laisse entendre qu’il pourrait éloigner son ministre. Richelieu, informé de cette entrevue, se rend à toute vitesse au Luxembourg. Trouvant porte close, le cardinal, qui connaît les lieux, emprunte une porte dérobée pour rejoindre mère et fils. Marie l’accuse alors ouvertement, tandis que Richelieu s’agenouille par humilité devant le roi. Louis XIII, en plein doute, quitte le palais sans prononcer aucun mot.

Dans les heures qui suivent, les courtisans interprètent ce silence comme une disgrâce actée. Le parti de la reine mère célèbre ce qu’il croit être une victoire politique. Le cardinal, lui, regagne sa résidence du Petit Luxembourg, en attendant que son sort ne soit scellé.

À ce sujet — Bal tragique des cocus à l’Élysée : un mort…

La soirée est alors marquée par une agitation fébrile. Les rumeurs de la chute de Richelieu se répandent dans tout Paris. Les fidèles de Marie de Médicis se pressent autour d’elle pour s’assurer de son triomphe. Le pouvoir semble avoir changé de main.

Cependant, dans l’ombre, rien n’est encore tranché. En effet, Louis XIII, qui n’a rien décidé officiellement, quitte la capitale pour s’isoler dans son petit château de Versailles. Il veut réfléchir loin des pressions familiales et politiques. « L’obstination de ma mère me fera mourir. Elle veut que je chasse un ministre habile pour confier mon royaume à des ignorants, qui préfèrent leur intérêt à celui de l’État », confie-t-il.

Le 11 novembre au matin, Louis XIII reçoit Richelieu en tête-à-tête et lui annonce sa décision : « Je suis plus attaché à mon État qu’à ma mère. » Par cette simple phrase au cœur d’une entrevue, le sort de la crise politique est scellé : le roi reconduit son ministre dans ses fonctions.

À Paris, Marie de Médicis ignore encore tout. Elle poursuit ses entretiens avec les courtisans, persuadée de sa victoire. Mais lorsque la nouvelle de la décision royale se répand dans la ville et parvient à ses oreilles, sa colère est aussi immédiate que sa disgrâce est brutale.

La chute espérée de Richelieu se transforme ainsi en une consolidation spectaculaire de son pouvoir. Les alliés de Marie de Médicis sont écartés, tandis que la reine mère est éloignée de la cour et assignée à Compiègne. Elle ne reverra plus jamais son fils, contre lequel elle ne cessera de comploter pour laver l’humiliation de cette « journée des Dupes ».

L’expression, inventée par Guillaume Bautru, comte de Serrant, résume parfaitement la situation : ce sont ceux qui, trompés par leur propre interprétation de la décision royale et persuadés d’avoir triomphé la veille, furent finalement les grands perdants du pouvoir.

La journée des Dupes illustre ainsi une constante de la vie politique française : rien n’est jamais sûr jusqu’à la dernière minute. L’Histoire récente en a donné un écho frappant : la renomination de Sébastien Lecornu, au terme d’une journée saturée d’hypothèses et de paris, rappelle cet événement passé. Comme en 1630, les signaux interprétés comme des victoires peuvent n’être que des illusions. Ceux qui croient détenir le pouvoir à midi peuvent en être exclus le soir. Le vainqueur n’est pas toujours celui que l’on croit et le pouvoir n’est jamais totalement acquis.

Copyright obligatoire en cas de citation ou de transmission de cet article, vous pouvez le copier :
Boulevard Voltaire

Nous aimons la liberté de publier : à vous de partager ! Ce texte est une Tribune Libre qui n’engage que son auteur et en aucun cas Observatoire du MENSONGE 

Temps de lecture = 6 minutes

⬇︎⬇︎⬇︎⬇︎⬇︎⬇︎⬇︎

image

🌠 🌠 🌠 🌠 🌠 🌠 🌠

Articles à lire :

🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷

🌠 🌠 🌠 🌠 🌠 🌠 🌠

📺 📺 📺 📺 📺 📺 📺

Abonnez-vous gratuitement à notre chaîne en cliquant ICI

🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷

One response to “Macron reproduit la fameuse journée des Dupes”

  1. Avatar de Le Redoutable
    Le Redoutable

    C’est un grand plaisir de lire l’article rédigé par Eric de Mascureau, pas seulement pour sa parfaite connaissance de notre histoire de France . Cela me rassure de savoir qu’il existe encore dans notre Pays des citoyens instruits qui ont appris l’Histoire de France comme les professeurs nous l’ enseignait encore bien avant mai 1968.
    Aujourd’hui, mes amis enseignants m’ont remis le nouveau programme d’histoire établi par une grande ministre de la déconstruction de
    l’ Âme de la France afin que les jeunes français étudiants deviennent des zombies ignorants qui ne comprennent rien au monde nouveau qui les entoure , ceci, pour mieux les tromper , en les dominant pour les remplacer par de nouveaux esclaves toujours sous- payés soumis à une idéologie mondialiste wokiste très formatrice pour qu’ils deviennent des assistés.
    Cependant, nombreux sont ceux qui sont arrivés en France nous déclarant qu’ils ne peuvent travailler à cause de leur « mal de tête », ainsi ils bénéficient de l’aide sociale pour vivre dans notre pays sans vouloir vraiment parler notre langue, ils profitent d’allocations sociales en tout genre, aux frais des contribuables qui paieront toujours plus de taxes sur les taxes déjà taxées moult fois , en outre, ils paieront toujours plus d’impôts sur leurs maigres revenus , parce que sous-payés, traversant souvent les rues. Quant à leurs retraites, il ne faut pas rêver : ils redonneront leur patrimoine à un état toujours plus rapace , pour se maintenir au pouvoir, méprisant les peuples sans identité, ignorants même leur sexe. Ainsi, il n’y aura plus d’héritage et les rares héritiers fantômes en blouse blanche resteront pauvres et devront rejoindre les assistés qui perçoivent les aides sociales.
    Tout cela pour vivre dans un monde meilleur où ne rouleront
     » carosse » que nos Seigneurs et maîtres qui degusteront le grand homard bleu dans leurs palais dorés. Ainsi sera le nouveau monde où il n’y aura plus d’histoire.
    Sachant cela, dès maintenant, il nous appartient de réécrire notre propre Histoire .
    À bon entendeur
    Le Redoutable

    J’aime

Ecrire ci-dessous votre commentaire, vous pouvez utiliser un pseudo.

Recherche


N’hésitez plus ! Soutenez-nous avec un abonnement à 2 € par mois
et c’est 100% sécurisé


Abonnez-vous
Gratuitement :

Brigitte Bardot vient de partir pour un monde meilleur, celle qui resplendissait, incarnait une belle image de la France nous manquera ! Adieu BB !

🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷

Observatoire du MENSONGE a besoin de vous:
abonnez-vous un an à Semaine du MENSONGE*** pour seulement 15 €.
pour cela cliquez
> ICI

*** Pour tout abonnement en cadeau vous recevrez par mail un livre en PDF

Nous soutenir

🌠 🌠 🌠 🌠 🌠 🌠 🌠

🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷 🇫🇷

Translate our website into your language by clicking here.

Traduire le site dans la langue de votre choix et cliquer ICI

  1. Avatar de Catherine Rozières
  2. Avatar de Henri Lamazère
  3. Avatar de Roland Tartavusse
  4. Avatar de Maurice MAX
  5. Avatar de Brigitte Van Peel

    Question qui me taraude : les Français seraient-ils des veaux ? Je crois que oui !

  6. Avatar de Edmond Cossa

    « Les politiciens de nos jours sont des larbins qui desservent le peuple. »Votre citation est excellente.

  7. Avatar de Toussaint Siméoni

    L’ampleur des dégâts est énorme avec ce président narcissique qui n’a eu de cesse que de détruire la France.

Partagez merci

N’hésitez plus ! Soutenez-nous avec un abonnement à 2 € par mois
et c’est 100% sécurisé

En savoir plus sur Observatoire du MENSONGE

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture