Par Pr Jean-Richard Sulzer
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M. Retailleau exclut clairement tout projet d’immigration zéro ; et il privilégie explicitement l’immigration choisie.
Premier meeting de Retailleau : comme un soupçon de macronisme…
[ÉDITO]
Le programme énoncé par Bruno Retailleau lors de son tout premier meeting de campagne en vue de 2027 est d’inspiration centriste et européiste classique. Concentrons-nous donc sur son versant économique et financier.
Un programme macroniste
Tout au long de son intervention, le président des LR n’a cessé de fustiger Emmanuel Macron sans le nommer ; mais ses perspectives économiques ne diffèrent pas fondamentalement de la doxa en vigueur depuis 2017.
Il en est ainsi de l’immigration choisie : M. Retailleau exclut clairement tout projet d’immigration zéro ; et il privilégie explicitement l’immigration choisie. Mais, en tant que ministre, il avait pourtant pu constater que les pompes aspirantes génèrent une submersion incontrôlable.
Même posture pour l’AME (aide médicale de l’État) : le candidat dénonce le coût exorbitant de cette prestation qui sature notre système de soins au détriment de nos concitoyens cotisants. Mais, pour autant, aucune suppression n’est envisagée.
À ce sujet — « Nous en saurons plus le 7 juillet » : au RN, on attend un arbitrage sur les retraites
Deux dépenses publiques coûteuses
Bruno Retailleau réaffirme, à juste titre, la primauté de l’entreprise privée.
Et il propose, à cet égard, un allégement des charges patronales à hauteur de 40 milliards d’euros, une mesure cependant non financée en contrepartie.
Il en est de même pour un autre projet : l’instauration d’un revenu familial des foyers à partir du troisième enfant. Soit une charge nouvelle de 20 milliards d’euros.
Tout cela est-il bien réaliste, au vu de notre gigantesque dette publique ? Tous les instituts concordent : pour stabiliser la dette publique à l’horizon de 2030, il faudra assainir notre budget de 120 à 140 milliards d’euros par an. Soit en augmentations d’impôts, soit en annulations de dépenses. Faut-il y rajouter 60 milliards d’euros de dépenses nouvelles ?
Or, le candidat Retailleau expédie le problème de notre dette publique en cinq secondes… en la considérant comme excessive.
Haro sur les retraités
Le candidat pose clairement la question : « Où prendre l’argent ? »
Et il répond tout aussi nettement : « À ceux qui ne travaillent pas. »
Ce qui dans la population, représente trois groupes : les nourrissons, les scolaires et… les retraités. Gageons que seuls ces derniers seraient les dindons de la farce. Il est vrai que leur spoliation figure déjà dans les programmes de gauche.
Mais venant cette fois du centre droit, cette propension à piocher dans la poche des retraités ne manque certes pas d’audace. Question subsidiaire : ne serait elle pas électoralement suicidaire ?

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Boulevard Voltaire

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