Par Stephane Goldin
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Face à la guerre secrète que mène l’Iran, l’Occident doit se réveiller !
L’Iran n’a pas besoin de gagner une guerre conventionnelle pour menacer le monde libre.
Il lui suffit de déplacer le champ de bataille et d’opérer sous les radars, clandestinement, par des opérations secrètes et il le fait depuis 47 ans.
À l’approche des commémorations du 25ème anniversaire du 11 Septembre et des trois ans du 7 Octobre, une leçon devrait s’imposer au monde libre:
Prévenir vaut mieux que pleurer après.
Les démocraties occidentales, et plus particulièrement en Europe, par leur léthargie, par leur peur, ne peuvent attendre une nouvelle tragédie pour prendre au sérieux les signaux d’alerte.
Téhéran dispose d’une véritable boîte à outils clandestine:
Agents de renseignement, cyberattaques, proxys, réseaux criminels, financements occultes et intermédiaires.
Une guerre asymétrique qui permet au régime iranien d’exporter la menace sans avoir à franchir ses frontières.
Sa force de frappe ne réside pas seulement dans ses missiles balistiques mais dans son armée de l’ombre.
Le danger est d’autant plus sérieux que la confrontation avec la République islamique entre dans une phase nouvelle et une défaite militaire de Téhéran ne signifierait pas nécessairement la fin de ses capacités de représailles.
Les bombes détruisent le béton, pas les réseaux.
Elles n’effaceront ni les circuits financiers occultes, ni les cellules dormantes du Corps des gardiens de la révolution et de la Force Qods, passés maîtres dans l’art de la coercition transnationale.
La guerre secrète que mène l’Iran est déjà partout en Europe et dans l’ensemble des démocraties occidentales.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique, la Force Qods et le ministère iranien du Renseignement disposent depuis longtemps de leviers permettant d’agir bien au-delà du territoire iranien:
Espionnage, intimidation de dissidents, enlèvements, terrorisme et opérations cyber.
Bien sûr qu’une menace potentielle n’est pas automatiquement une menace imminente, la vigilance ne signifie pas paranoïa et la réponse doit évidemment reposer sur des renseignements solides, des enquêtes rigoureuses et des décisions ciblées mais ne soyons pas naïf.
L’Occident doit cesser de penser que la guerre se mesure uniquement aux missiles tirés.
Une cyberattaque contre une infrastructure peut perturber l’économie, la sécurité publique et la vie quotidienne sans qu’un seul soldat ne franchisse une frontière.
Vingt-cinq ans après le 11 Septembre et trois ans après le 7 Octobre, le véritable test de nos démocraties n’est pas leur capacité à réagir après la catastrophe.
C’est leur capacité à relier les signaux faibles, partager le renseignement avec des gens fiables et neutraliser les menaces avant qu’elles ne deviennent des tragédies.
L’Iran n’a pas besoin de gagner une guerre pour nous atteindre. À l’Occident de faire en sorte que sa guerre clandestine ne devienne jamais notre prochain 11 Septembre ou notre prochain 7 Octobre.

Stephane Goldin
Analyst on security and military matters and Managing Editor
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