La guerre souterraine 12


Renseignement contre libertés! Attention danger. Chapitre 12

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Observatoire du MENSONGE 

La guerre souterraine

Par Daniel Desurvire

Chapitre 12

Quand le renseignement d’État, au motif de terrorisme, explose le secret de la vie privée des citoyens, faisant fi de la corruption financière qui sévit dans ses rangs.

Quant au droit positif qui évolue en marge ou en décalage des changements de mentalités, de comportements ou de géographie, il se retrouve parfois paradoxalement hors-la-loi lorsqu’il est transposé à une autre époque, en un autre lieu. Ainsi l’arrêt de la Cour de justice dans l’affaire C-379/11 Caves Krier Frères, où la codification au Duché du Luxembourg en matière d’aide à l’embauche est apparue contraire à la libre circulation des travailleurs (13 décembre 2012). Bien d’autres bouleversements législatifs historiques sont venus brutalement inverser les mœurs et les mentalités durant l’histoire contemporaine, ainsi la loi Marthe Richard légiférant la fermeture des maisons closes, la loi Neuwirth autorisant pour la toute première fois la contraception sous l’enseigne de la régularisation des naissances, la loi Veil relative à l’IVG qui légalisa l’avortement, ou encore l’interdiction de la mendicité abrogée le 1er mars 1994 ; les unions libres interdites sous l’Ancien régime, mais progressivement admises de jure et facto, dont la loi de 1972 sur la légalité des enfants naturels hors mariage et une loi de 1975 qui dépénalise l’adultère. Enfin la loi n° 2013-404 du 17 mai 2013 relative au mariage pour tous qui s’ouvre officiellement à l’homosexualité. Et pour finir, la loi relative au renseignement constitue l’une des plus invisibles réformes que le droit français n’ait jamais connu, lorsque l’on sait qu’il ne s’agit ici, rien de moins, que la violation autorisée de la vie privée de tout un peuple.
D’autres verrous sauteront tôt ou tard, comme la prohibition de la toxicomanie, déjà amorcée par l’adoption à l’Assemblée nationale le 7 avril 2015 par l’ouverture des salles de shoot ; une expérimentation dite de consommation à moindre risque. À cet endroit, le ministère de la Santé prend le risque de transformer un délit ou un crime en pathologie, un mot acceptable qui remplace un autre mot coupable ; une astuce qui transforme autant les mentalités en inversant du même coup le droit positif. Voilà donc encore une valeur socio-sanitaire et morale qui s’évapore sous le mobile glauque de soigner la drogue par la drogue, autre que par des produits de sevrage. Cette banalisation, énième disparition d’un radar de notre société contre cette délinquance criminelle, n’est jamais que permettre à des drogués, prétendument précarisés, de pouvoir s’injecter de l’héroïne en toute légalité, le dealer ici n’étant autre que l’État français. Cette mesure, qui prélude à la dépénalisation des stupéfiants et psychotropes en France, à l’instar des Pays-Bas, confirme ce virage à 180 ° des mœurs, des usages et des droits ; les uns étant salutaires et se dirigent dans le bon sens, ainsi les droits de la femme, les autres déliquescents faisant de ces volte-face idéologiques la perdition de standards éthiques.
Ces grandes mutations attestent des changements inéluctables dans le parcours d’une civilisation. Cependant, il faut reconnaître qu’en un demi-siècle, la rapidité-éclair de ces révolutions sociales, éthiques et juridiques force l’inquiétude quant à comprendre l’acceptation silencieuse du peuple à se laisser métamorphoser à une telle vitesse. Selon Saint Augustin : « À force de tout voir on finit par tout supporter… À force de tout supporter, on finit par tout tolérer… À force de tout tolérer, on finit par tout accepter… À force de tout accepter on finit par tout approuver » ! Tant il est vrai que l’érosion de l’habitude emporte les derniers remparts de notre vigilance. De façon plus prosaïque, en 1939, Louise-Marie Damia chantait tout fout l’camp ! Autrement dit, certaines valeurs jugées jusqu’ici intouchables, lesquelles bornent le savoir, la morale et la politique, versent progressivement dans l’oubli, s’effondrant dans l’indignité pour les uns, le progrès pour d’autres.
Il est des mots qui résonnent plus que d’autres dans l’imaginaire de la caste dirigeante, non pas à cause de leur signification lexicologique, mais par leur implication étrange, profonde, mystique, sinon dépréciative et réductrice dans l’esprit qui en est traversé. Ces vocables sont mis à l’épreuve d’une machine à broyer les cerveaux par des pratiques insidieuses de persuasion, d’imprégnation et de conditionnement. On y change un mot pour un autre, le premier étant dénaturé, mis en berne pour être proscrit, oublié, et son supplétif réinventé selon une norme intellectuelle car chargé d’entendus pour marteler les consciences rattrapées par ce leitmotiv qui se prête au langage véhiculaire. De sémantique proche, leur déclinaison linguiste respective suggère selon le contexte quelques nuances d’approche, quoique le résultat, dans tous les cas, est catastrophique en termes d’auto-détermination et de discernement cognitif. Dans Pierre de la folie (1963) le poète Fernando Arrabal exprima singulièrement ce pesant ressenti derrière cette parabole : « Dès que j’ai mis les pieds dans la rue, j’ai commencé à parler cette langue incompréhensible ».
Autre relief de ce mécanisme insidieux, le conditionnement psychologique succède à l’aliénation de la personnalité. Il s’agit d’une prise de pouvoir sur l’individu, la capture de son libre-arbitre à l’aide d’un protocole de déstructuration de l’être inhibé, déprogrammé, décervelé, pour être reprogrammé selon un cérémonial à terme consenti. Le sujet conditionné n’est alors plus l’objet d’une récupération car à ce stade fini, il incarne la substance clonée qui lui aura été administrée. Surviennent différentes phases de ce mécanisme d’autodestruction progressif, de refoulement puis de capture mentale. Ici, nous ne sommes plus dans un simple processus d’information, un paradigme cognitiviste où certes cohabitent des clichés évocateurs et abondants comme l’enseigne d’une bonne moralité instituée, car les gardiens de la vertu emmènent tout droit le peuple dans la phase terminale d’une dictature de la pensée unique. Cependant, ayons le réflexe d’une prudente réserve en regard des évènements liés à l’insécurité et la tournure que prennent les lois en France pour y répondre, car la démocratie poussée dans ses retranchements peut insidieusement en prendre le chemin.
C’est ainsi que par le processus d’une lente absorption poussé jusqu’à la frontière d’une narcose indolore, le sujet obéit à une pensée dirigée dans un monde globalisé qui feint la diversité, donc la liberté d’opinion. Or, s’il on n’y prend garde, toute idéologie politique qui étrangle ses citoyens dans le couloir d’un raisonnement obligé, avec une morale obligatoire et un sens unique de l’esprit en guise de libre-arbitre, peut sombrer, sans que les citoyens l’aient pressentie, dans une autre forme de totalitarisme qui ne se nomme pas. Jusque dans les années 1990, la locution « pensée unique » était considérée comme la marque de fabrique d’un mode politique communiste, ainsi sous la Chine de Mao, des khmers rouge avec Pol Pot, ou de Lénine à Staline en Union soviétique, puis encore plus tardivement avec les régimes castristes et de la Corée du Nord sous la dynastie des Kim Jong, puis encore avec le Viêt Nam et le Laos où le marxisme à encore la vie dure. En fait, cet avatar du collectivisme socialiste, vu par Karl Marx ou Friedrich Engels entre autres, suscite le paradoxe de Russell, dès lors que « l’unique » triomphe de la « multitude ».
À suivre…

Daniel Desurvire

Ancien directeur du Centre d’Étude juridique, économique et politique de Paris (CEJEP), correspondant de presse juridique et judiciaire.

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