Un monde irréel 6.1


EXCLUSIF : l’inexorable déclin, entre le désengagement des peuples et la dégénérescence morale des élites… Chapitre 6.1

Un monde irréel

Par Daniel Desurvire

Chapitre 6.1

VI – La démocratie, l’authentique, n’aurait jamais existé. Toutes les politiques qui s’en réclament ne sont que de pâles succédanées

Autour de ce registre contingent sur la capacité de l’establishment républicain pour s’affranchir des droits naturels extorqués aux citoyens, citons un document riche de courage pour un universitaire qui aura franchi le Rubicon en s’émancipant d’un tabou, comme de décliner les avatars de la démocratie. Ce dernier mot, en regard de sa force incantatoire et du sacro-saint esprit humanitariste qu’il recouvre, se pose d’ordinaire comme la pierre angulaire de toute fonction politique. Francis Dupuis-Déri, professeur à Montréal au département de science politique, publia en ligne : « L’esprit antidémocratique des fondateurs de la “démocratie” moderne » (août 1999, UQAC).

Cette étude fait la part entre le peuple d’un côté et ses représentants de l’autre, ces derniers entrant d’abord dans un système politique qui les gouverne, avant de servir leurs électeurs. Il en résulte que ledit système piège les citoyens que leurs élus sont censés informer, cela en s’emparant avec audace du mot démocratie ou en falsifiant le langage qui l’interprète, voire en confisquant auxdits citoyens le droit de se défendre d’une censure non judiciarisée (droit de réponse devant une justice équitable). Les discours et pratiques des politiciens qui œuvrent sous l’étiquette démocrate, auraient permuté la démocratie en anti-démocratie. Le Docteur JS McClelland, auteur de : Une histoire de la pensée politique occidentale (éditions Kindle, 27 mars 1998) écrivit, « On peut presque dire que la théorisation politique a été inventée pour montrer que la démocratie, le gouvernement des hommes par eux-mêmes, vire nécessairement en règne de la populace… S’il existe quelque chose telle que la tradition occidentale de la pensée politique, elle débute avec ce biais profondément antidémocratique ». Cet examen hardi laisse apparaître deux réflexions de fond autour de ce qu’est devenue la démocratie par endroits ; un parangon social et politique rassérénant, dont la plupart des intervenants intellectuels, médiatiques ou des élus se réclame pour lustrer le blason du parti auquel ils doivent allégeance. Dans un premier volet, il fut remarqué que la fonction de ce « hoi polloi » (la plèbe méprisée) autorise les partisans de la bonne conscience dominante, tels les socialistes prétendument alliés à la vox populi, à se démarquer de leurs adversaires qu’ils jugent en-dehors du cercle vertueux de leur coterie élective. Ceux-là sont tellement persuadé de leur bon droit et de la morale qu’ils portent, qu’ils se choisissent un vocabulaire dispensé dans un microglossaire qui préconise l’usage de certains vocables choisis, tout en s’interdisant d’en prononcer d’autres, sinon d’en détourner la sémantique. Puis ce sera aux électeurs de jouer de mimétisme avec ce thesaurus dans un concert dialectique sans fausses notes, sinon gare aux imprudents, aux auteurs maudits de la République !
De fait, ce pur produit d’un néo-collectivisme élitiste s’autorise à diaboliser tout ce qui n’entre pas dans la norme fixée par cette idéologie ; une pensée unique revue et corrigée depuis Staline, Mao, Pol-Pot, Tito, Castro, Kim Jong-un… car jalonnée de clichés huilés aux pigmentations du politiquement correct. La radicalisation du discours des gardiens du temple social-démocrate aboutit à l’annihilation des autres formes d’entendement en imposant son champ lexical, par la voie de ses parangons médiatique.

Aujourd’hui, le marketing politique professe dans un mercantilisme démagogue ; une entreprise électorale qui choisit ses propres marques, son blason et, contre toute logique consumériste, se comporte comme un marché oligopolistique. De sorte que le corporatisme social-démocrate se scinde entre deux à quatre ou six partis complices de gauche à droite ; autant de sphères en apparence autonome, lesquelles règnent néanmoins dans une entente cordiale. Toutes ces ramifications polychromiques attachées à un même socle idéologique sont d’accord pour évincer les non-alignés, les sans-parti (sauf le LREM qui plutôt les fédère), les intellectuels polémiques mais sagaces, autrement dit les écrivains maudits de la République !

À suivre

Daniel Desurvire


Ancien directeur du Centre d’Étude juridique, économique et politique de Paris (CEJEP), correspondant de presse juridique et judiciaire. Daniel Desurvire est l’auteur de : « Le chaos culturel des civilisations » pointant du doigt les risques de fanatisme de certains cultes et de xénophobie de certaines civilisations, auxquels s’ajoutent les dangers du mal-être social, de la régression des valeurs morales et affectives ou de la médiocrité des productions culturelles, dont la polytoxicomanie en constitue l’un des corollaires. L’auteur choisit d’opposer le doute et le questionnement aux dérives dogmatiques et aux croyances délétères » (in, Les cahiers de Junius, tome III, “La culture situationniste et le trombinoscope de quelques intellectuels français” : Édilivre, 2016).


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Copyright obligatoire en cas de citation ou de transmission de cet article, vous pouvez le copier: Daniel Desurvire pour Observatoire du MENSONGE


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Note *** [1] Voir en bibliographie in fine, le chapitre III, § d, in Et la laïcité bordel ! « Esclavagisme et torture, les deux singularités de l’islam intégriste mystifiée par l’Oumma que feint d’ignorer le politiquement correct de l’Occident pusillanime ».

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synopsis : dans une réalité alternative, ce voyage entre la Terre et Sagittarius A, le trou noir de la Voie lactée, met en exergue les conséquences de nos mentalités projetées dans le sombre devenir de la planète. On y découvre l’inexorable destin d’une civilisation insouciante quant aux pollutions anthropiques qui annihilent la planète, ou les dogmes réducteurs que la social-démocratie hésite à repenser sous le sceau de ses labels complaisants…

2 commentaires

  1. Vous avez raison de souligner que le système piège les électeurs qui élisent souvent les plus mauvais. Tant que cela durera, il n’y aura point de salut et le pire est à craindre.

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