Lassitude démocratique

Face à l’incohérence d’un pouvoir dépassé par la crise sanitaire, les Français ont choisi de ne plus voter. Le peuple est fatigué.

Lassitude démocratique

Par Claude Picard

Pour essayer de comprendre la rupture démocratique des Français, qui, en allant crescendo, se concrétise, il faut revenir sur le point d’orgue que fût la crise sanitaire provoquée par l’épidémie Covid. Car, comme jamais, c’est en son nom que l’on a pu faire et dire n’importe quoi. Nos gouvernants ne s’en sont pas privés ! D’autant que, pour diverses raisons pas toujours avouables, ils ont très vite compris les opportunités qu’elle pouvait leur offrir. Une véritable course à l’échalote s’est alors arrangée entre les ministres concernés et d’autres conseillers médiatiques ; c’est à qui aura été le plus astucieux et, en même temps, le plus outrancier ou le plus surabondant. Mais les contradictions des uns et des autres, n’auront accouché que de mesures sanitaires incohérentes qui, du début à la fin, n’avaient de sanitaires que le nom. Ce sont bien des mesures politiques qui ont été prises, avec une série d’aberrations insoutenables. La pire : la privation des libertés fondamentales. Libertés pourtant inscrites dans le marbre de notre constitution ! Tout au contraire, en Suède, c’est au nom de ces libertés que le gouvernement de ce pays a refusé d’imposer le masque, les gestes barrières ou le confinement. Ces précautions étaient recommandées, jamais imposées et encore moins réprimées. En France, prétendument, pays des droits de l’homme, la dictature sanitaire a été ordonnée, orchestrée et justifiée par le gouvernement Macron. Sans états d’âme ! L’opposition, elle aussi, en acceptant docilement la situation, a sa part de responsabilité dans l’apathie démocratique qui s’ensuivit.

 

S’instituant en véritable père fouettard, Macron n’avait pourtant pas, a priori, l’étoffe d’un dictateur. Plutôt faible et fragile, c’est une peur du peuple, chevillée au corps, qui lui imposa d’affirmer un autoritarisme préventif : les Gilets jaunes étaient passés par là ! Et la crise sanitaire arriva au bon moment pour lui confirmer que l’absolutisme était la meilleure solution pour faire face. Mais cela vira vite au psychodrame parce qu’il aurait été trop difficile d’admettre, pour un jeune blanc-bec avide de pouvoir et pour qui la confiance n’est pas une prédisposition spontanée, que le peuple était suffisamment majeur ! Pour notre malheur, Macron avec son manque d’expérience politique évident, reste et restera toujours un adolescent attardé trop vite porté au pinacle par des oligarques en perte de repères et plus impuissants qu’il n’y paraît. Eux aussi ont peur du peuple, car ils commencent à comprendre que les Français ne supportent plus la démagogie, le moralisme à deux balles et les mensonges de son élite politique.
C’est un cocktail explosif qui, aujourd’hui, se met en place. Avec un monarque républicain immature, plus une élite hors-sol et un peuple excédé, au bord de la crise de nerfs, le risque est grand que tout cela finisse mal ! Pour l’instant, lâché par une opposition quasi-absente, le peuple cherche ses marques. Même s’il peut admettre que quelques notables, avec le camp des petits partis souverainistes, l’ont soutenu contre toutes les mesures coercitives pendant le confinement, ce peuple sait que cette coalition est trop frêle pour devenir une véritable alternance. Reste Marine Le Pen, qui doit encore convaincre de sa capacité à gouverner. Pour l’instant, ce n’est pas gagné, car le résultat de son parti, le RN, aux dernières élections, laisse perplexe. Les Français veulent-ils, réellement, un changement ? Plus simplement, en attentant mieux, veulent-ils une stabilité même très aléatoire ou leur faut-il encore d’un peu plus de temps pour se décider à sauter le pas ? Dans un contexte très dégradé, il ne leur reste que peu d’occasions pour choisir.
Peut-on en déduire que demain, il sera trop tard ? En tout cas, jour après jour, les espoirs s’amenuisent et cela n’est pas bon pour la démocratie. Un peuple a besoin de se projeter ; sans boussole, il trébuche et il peut se faire mal, très mal. Il peut, aussi, parce qu’au bout du rouleau, choisir de se suicider. Cette option serait insensée et n’est sûrement pas désirable. Pourtant, ce peuple, qui a, maintes fois, prouvé qu’il pouvait avoir des rebonds salutaires, donne des signes de fatigue incontestable. Il est, considérablement, épuisé ! Par quarante ans de propagande gauchiste, assénée par des apprentis sorciers bornés et prétentieux et par, pendant plus d’un an, un enfermement « sanitaire » qui a mortifié la France et les Français.
Si, aujourd’hui, la lassitude démocratique semble consommée, il ne faut pas s’en étonner !

Claude Picard


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2 commentaires

  1. Je partage votre analyse Monsieur Picard notamment sur la remarque concernant l’opposition absente, ce qui explique le naufrage de Marine Le Pen. Elle avait un boulevard devant elle et elle a pris un sentier caché. Quand la droite est au pouvoir, la gauche s’oppose sur tout et quand c’est l’inverse, il n’y a plus d’opposition et les électeurs ne se déplacent pas. ce qui fait que Macron n’est pas battu pour 2022 avec de pareils opposants!!!

  2. Ce n’est pas de la lassitude mais de l’écœurement. Je ne regarde plus les infos à la télé tellement cela est énervant. Cela fait des dizaines d’années que j’entends les mêmes nous dire la même chose et pendant ce temps, le pays s’est écroulé. Je ne vote plus.

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