… qui galvaude la démocratie, désinscrit les libertés naturelles et viole le droit à une vie privée

Le nouveau livre de Daniel Desurvire (existe aussi en format liseuse) :


Histoire d’un Président qui n’aime pas la France

Par Daniel Desurvire

Chapitre 8

I / La démocratie : entre grandeur et décadence -suite –

B) L’histoire d’un Président, le 5ème et très inattendu des rois maudits, lequel déposa la démocratie sur l’autel sacrificiel de sa curia regis

Dans un second volet, il est annoncé que le petit peuple (selon l’expression de Cicéron) ne peut agir sans ses représentants, car les masses populaires sont considérées immatures, donc présumées dépourvues de compétence et de discernement. Ainsi, pour l’Abbé Emmanuel-Joseph Sieyès, l’un des principaux promoteurs de la Constitution française, « La grande majorité des Français n’a pas assez d’instruction, ni assez de loisir pour vouloir s’occuper directement des lois qui doivent gouverner la France ». Ironie qui frise le mépris dans l’esprit des fondateurs de la République, il ne saurait y avoir de démocratie directe ou de peuple souverain, ce pourquoi les élus se dissocient du bas-peuple pour se donner les moyens de gouverner en marge d’une démocratie délibérative ou participative.

Pour qu’une démocratie mérite la légitimité de sa propre sémantique, et plus loin encore depuis les fondements de son étymologie, faut-il encore que le concept permette de faire partager les décisions politiques des représentants de la nation avec la vox populi. Cette dynamique implique de l’écoute, de la patience et de l’humilité ; ce qui ne sont généralement pas des qualités particulièrement courantes chez les élus. Cependant, le concours de l’informatique, de la 5G, de l’IA et des visio-conférences devraient normalement permettre ces échanges dans des délais acceptables. Mais qui l’enseigne ou qui le souhaite réellement ? Or, le droit d’expression se trouve de plus en plus muselé, et l’information se voit enfermée entre la censure de la bien-pensance et de l’omertà du politiquement correct, via les autorités dites de régulation que sont les relais inquisiteurs de l’État comme le CSA en France.

L’assemblée populaire fut jugée improductive car trop animée et dispersée. Au final, les débats contradictoires entre les représentants du peuple se déroulent dans une sérénité dûment ordonnancée dans les hémicycles et sous le contrôle balisé des seuls responsables impliqués dans la direction des affaires publiques. À ce stade de la désunion des forces, entre l’omniscience de l’énarchie au contrôle et les citoyens ordinaires, la notion d’égalitarisme n’a plus sa place, ni en politique ni en droit. Seuls subsistent pour la gestion des affaires nationales les deux principaux pouvoirs, l’un exécutif et l’autre législatif, à la condition que le premier ne finisse pas par absorber l’autre. Parfois même ou trop souvent, l’Exécutif procède à des intrusions chez le petit dernier : un pouvoir judiciaire laminé d’ingérences politiques. D’ailleurs, si les juges des juridictions judiciaires sont, sur le papier, indépendants et inamovibles, il n’en est rien du Conseil d’État dédié aux affaires publiques, où les magistrats sont hiérarchisés, donc aux ordres.

Gardien emblématique des institutions et principe fondateur, le Conseil constitution est censé mettre de l’ordre au milieu de ces joutes entre projets de loi et propositions de lois agrémentés de moult amendements. Cependant, le principe d’égalité aura fini par oublier le peuple souverain, pourtant bien présent dans les institutions réputées inaliénables (Article 6 et 13 de la Déclaration de 1789, article 3 de la Constitution et préambule de la Constitution de 1946 ; composante du bloc de constitutionnalité depuis la décision de 1971). Mais ici encore, regrettons que la Constitution ait choisi d’abandonner à l’Exécutif la nomination du président de cette Haute cour par le chef d’État, ce qui revient à fragiliser encore davantage l’équilibre entre les pouvoirs toujours en faveur d’un Exécutif déjà beaucoup trop nanti.

Le pouvoir est d’une boulimie insatiable. Ce que l’État ne possède pas, ou qu’il n’a pas l’autorité pour asservir, il se l’accapare par des moyens les plus perfides. Ce leitmotiv des dirigeants au XXIe siècle converge entre la communication et l’information ; des instruments redoutables pour diffuser les messages, parfois subliminaux pour mieux investir le cortex des gens, mais surtout pour surveiller, pister, classifier, espionner. Il n’existe plus de données personnelles inaccessibles et inviolables pour les barbouzes de la place Beauvau, à quelques encablures du palais de l’Élysée. Cependant l’État légifère et réglemente, avec la complicité du CNIL qui ainsi le dédouane, pour imprimer sur toutes les lois et décrets le sacro-saint respect de la vie privée, subornant ainsi la vigilance des électeurs. Les industries du Big Data, via les Gafam, sont devenus l’objet de convoitise du pouvoir régalien.

Les AAI, API et autorités de régulation sont toutes créées pour faire illusion, comme de faire croire que l’État protège le citoyen contre les intrusions indiscrètes dans la vie privée, professionnelle, sociale et sanitaire. Pourtant, une seule autorité s’autorise cet accès confidentiel depuis Bercy, le CSA ou autres agent administratif du renseignement : l’Exécutif lui-même en prétendant faire la chasse aux hackers. Quand bien même ces derniers existent, il servent d’alibi aux espions de l’État. Nous avons aperçu plus haut que le Conseil d’État, une justice déléguée, était l’émanation directe du pouvoir exécutif, puisque son président de droit n’est autre que le garde des Sceaux depuis le Consulat en 1799. De sorte qu’à ce jour, la présidence est relayée par son vice-président qui l’intronise sous l’investiture du chef d’État, sachant que le ministre de la Justice ne siège pas officiellement.

Quant aux autres pièces plus discrètes dans cet échiquier politiques, les médias, les éditeurs et la presse en général, elles sont enfermées dans un piège arachnéen, où règle un berlusconisme fiscal. Le chantage aux subventions, aux exonérations et autres aides devenues indispensables à l’économie privée, fonctionne au quart de tour. Les indésirables, les insoumis et non-alignés à la curia regis de l’Élysée sont fichés sur des listes secrètement distribuées par la puissance publique, où figurent les « auteurs maudits de la [leur] République ». Gare aux comités de rédaction qui laisseraient imprimer ces œuvres pamphlétaires, caustiques et railleuses par trop intellectuelles et perspicaces, lesquels dérangent et parlent trop !

Seul le maljournalisme, avec ses colonnes d’informations produites pour encenser et flatter la majorité dominante peut s’offrir le droit de tricher, de manipuler, de mystifier et de mentir effrontément. Cette clientèle est acquise par la recherche obscédante d’une tranquillité sociétale, pour s’auto-convaincre et se rasséréner, plus que par volonté de vérifier ou de comparer l’information avec la réalité, à l’aide d’une prospection vers d’autres sources ennuyeuses. Une remise en cause des certitudes plombées s’avère douloureuse, obsédante et humiliante. Pour ce profil de citoyen soumis, l’insécurité c’est de pas croire à la sécurisation qu’administre la propagande d’État, a fortiori lorsque l’insécurité rode en bas de l’immeuble. Nul ne doit mettre en doute ce vigile, même s’il est absent, car à la peur de la rue viendrait s’ajouter l’angoisse de l’inefficacité séculière du gendarme.

À SUIVRE

Daniel Desurvire


Ancien directeur du Centre d’Étude juridique, économique et politique de Paris (CEJEP), correspondant de presse juridique et judiciaire. Daniel Desurvire est l’auteur de : « Le chaos culturel des civilisations » pointant du doigt les risques de fanatisme de certains cultes et de xénophobie de certaines civilisations, auxquels s’ajoutent les dangers du mal-être social, de la régression des valeurs morales et affectives ou de la médiocrité des productions culturelles, dont la polytoxicomanie en constitue l’un des corollaires. L’auteur choisit d’opposer le doute et le questionnement aux dérives dogmatiques et aux croyances délétères » (in, Les cahiers de Junius, tome III, “La culture situationniste et le trombinoscope de quelques intellectuels français” : Édilivre, 2016).


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By Observatoire du MENSONGE

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3 thoughts on “Histoire d’un Président qui n’aime pas la France 8”
  1. Toute rébellion non dissimulée et franche contre le pouvoir a été, jusqu’ à présent, n France comme partout dans le monde , severement réprimée, il nous aura fallu sept révolutions et seize changements de régimes et moult batailles et guerres violentes pour parvenir à ÇA !
    TOUT a été VERROUILLÉ …
    Au cours de notre histoire planétaire. certains peuples se sont libérés de leurs dirigeants qui détenaient le pouvoir , qu’en commettant des attentats ( les Espagnols contre l’occupation de leur territoire par l’armée napoléonienne, par exemple, pour retomber ensuite , bien souvent, dans un régime tout autant répressif. , voire totalitaire .).
    Le nombre important de différentes dictatures en Amérique du sud n’a souvent apporté aux peuples que souffrance et misère , et la révolution dite culturelle en Chine a fait qu’ une soixantaine de millions de victimes.
    Certes, en France , comme nous,disait un peu vulgairement l’ami de mon père Pierre Dac :  » Liberté Égalité Fraternité …mon c.l. !  »
    Mais existe t-il un régime réellement Juste et meilleur pour que ‘ Humanité devienne meilleure ?
    Tout se résume dans la Nature dite humaine, tout simplement.
    Si les peuples réapprenaient à se parler et se comprendre avec leurs cœurs et non point existés numériquement, par la négation de leur chair , mais les secteurs de ce nouveau monde macroniste est lié et très fortement impliqué à l’usage du numérique nous imposant une réalité dite virtuelle dans laquelle l’espace et le temps semblent abolis.
    Cependant, à la lumière du livre de l’Apocalypse
    L’ être humain peut se replacer devant les fondamentaux de notre existence .
    Avant qu’il ne soit trop tard.
    André MALRAUX ne disait-il pas :  » Le XXI ème siècle sera mystique ou ne sera pas « ….
    A bon entendeur….

  2. Le pouvoir considère clairement le peuple comme immature et le traite comme tel. C’est donc au peuple à démontrer le contraire en se rebellant.

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