Par Alain Weber
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Intimidation 14
La censure « en marche »
Le Conseil constitutionnel vient de censurer l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Officiellement, pour atteinte disproportionnée à la liberté de communication. Officiellement.
Je vais être direct : je n’y crois pas. Ou plutôt, je n’y crois pas seul. Je pense qu’il y a autre chose derrière cette décision, et je veux poser la question que personne n’ose poser à voix haute.
Depuis des années, ce Conseil constitutionnel a l’image d’une institution alignée sur l’exécutif, validant loi après loi sans trop de vagues. Alors quand il retoque brutalement, en plein été, une mesure présentée par Emmanuel Macron lui-même comme une « avancée majeure », une des priorités de fin de quinquennat, je m’interroge. Sincèrement.
Un camouflet aussi frontal, aussi soudain, de la part d’une institution qu’on dit à sa botte : ça ne colle pas avec l’image qu’on nous en donne d’habitude.
Et si cette censure n’était pas une vraie divergence, mais un accord passé en amont ?
Une manière, pour le Conseil constitutionnel, de se donner un vernis d’indépendance à bon compte, en retoquant un texte que l’exécutif savait déjà fragile, voire bâclé, et qu’il pouvait sacrifier sans grand risque politique ?
Le texte, on le sait, avait été construit à la va-vite. Ses propres rapporteurs le qualifiaient de simple « marqueur », sans réelle portée normative.
Le Conseil d’État avait lui-même averti, dès janvier, du risque constitutionnel.
Autrement dit : tout le monde savait. Le gouvernement savait.
Alors pourquoi maintenir le texte en l’état, sans le sécuriser, si ce n’est pour offrir sciemment une victime consentante à un Conseil qui a besoin, de temps en temps, de prouver qu’il n’est pas qu’une chambre d’enregistrement ?
Politiquement, cette censure ne coûte presque rien à Macron.
Il peut se draper dans le costume du réformateur courageux stoppé par les « Sages », tout en évitant d’avoir à assumer l’application concrète, compliquée voire impossible, d’une loi mal ficelée dès le départ.
Et le Conseil constitutionnel, lui, redore son image d’arbitre indépendant à bon compte, sur un texte sans enjeu de pouvoir réel pour l’exécutif.
C’est bien entendu une hypothèse, née de la stupéfaction devant un scénario trop parfait : un texte fragile sciemment maintenu, un Conseil réputé docile qui frappe fort au moment précis où ça ne dérange personne au sommet de l’État.
Peut-être ai-je tort. Mais dans ce climat de défiance généralisée envers nos institutions, ce genre de coïncidence mérite d’être interrogé, pas balayé d’un revers de main.

Alain Weber
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Alain Weber
Image de couverture par Guren-The-Thirdeye de Pixabay

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