Battu mais soulagé, le troisième homme de la primaire a vite compris, dimanche soir, qu’il ne serait pas au second tour.

Rejoint par son épouse Carla Bruni à son QG de campagne, à Paris, Nicolas Sarkozy a annoncé, dimanche, à l’issue du premier tour de la primaire, son retrait de la vie politique. – Crédits photo : POOL/REUTERS
Nicolas Sarkozy veut « faire autre chose »
Par Marion Mourgue
NICOLAS SARKOZY a été soulagé. Non pas de perdre, mais d’être battu au premier tour, clairement, nettement, franchement par les Français. Et de ne pas avoir à affronter son ancien premier ministre François Fillon dans un mano a mano. C’était le scénario qu’il redoutait le plus : enchaîner les meetings pour un second tour, sans trop y croire, et sans aucun ralliement. Il a été heureux d’éviter cette humiliation-là, presque apaisé que la primaire s’arrête d’un coup. Tous ceux qui l’ont vu dimanche soir ont d’ailleurs été surpris de le voir « si serein » et « sans aigreur », confie un élu. « Je comprends que les Français se disent “ il a été président, il a eu sa chance ” », a d’ailleurs confié Sarkozy à ses proches, dimanche soir. Il a aussi ajouté : « C’était compliqué. On avait une partie de la gauche contre nous, Juppé contre nous, une partie des médias contre nous. »
Dimanche, lorsqu’il prend connaissance des chiffres de participation, Sarkozy saisit rapidement la tournure que va prendre la soirée. Alors que son équipe annonçait qu’il ne viendrait que « tardivement au QG », l’ancien président arrive bien plus tôt, vers 19 h 15. Dans son bureau, au deuxième étage, Sarkozy commence à analyser les premiers résultats qui lui parviennent. Si personne ne vient lui dire formellement qu’il est en train de perdre, c’est pour lui le moment le plus difficile de la soirée : « quand il comprend », raconte un fidèle. Un scénario nouveau qui explique que son épouse Carla le rejoigne pour vivre la soirée à ses côtés. Il est presque 20 heures quand l’ex-président prend connaissance des scores dans les Alpes-Maritimes. Dans ce fief pourtant très sarkozyste, Fillon arrive en tête. « On s’est dit : “c’est mal barré” », raconte un membre de l’équipe.
Sarkozy, lui, n’a plus aucun doute. Il ne tergiverse pas : « Si c’est ça, il faut qu’on prépare un texte. » Le candidat s’isole dans son bureau avec deux proches, Pierre Giacometti et Sébastien Proto, et Laurent Wauquiez, président par intérim des Républicains. Dans ce bureau, la phrase encadrée du footballeur Pelé – « Plus difficile est la victoire, plus grande est la joie de gagner » – paraît un peu décalée. Le candidat battu s’attelle à une première version de sa déclaration. Mais quelques modifications sont aussitôt ajoutées. Alors qu’il pensait apporter son soutien à Fillon « quels que soient (ses) désaccords personnels passés avec lui », il décide d’ôter in fine le mot « personnels ». L’ancien président demande à ses équipes de compléter avec un petit mot sur Laurent Wauquiez, « qui a su garantir l’unité de notre mouvement dans une période particulièrement sensible ». Mais surtout, à la tribune, Sarkozy va sortir de son discours et se livrer un peu. « Je suis sans amertume ni tristesse », souligne-t-il. « J’ai été content de participer à ce combat. »
Il en vient même à remercier les journalistes qui l’ont suivi pendant la campagne. « Je mesure les efforts demandés, par rapport à leur vie personnelle, et leur famille », indique-t-il, en écho à ce qu’il a lui-même vécu ces derniers mois. Très régulièrement, Sarkozy parlait de sa femme et de ses enfants. En Corse, mi-octobre, à cause d’un meeting, il avait loupé l’anniversaire de sa fille Giulia. Dès le lendemain, pour essayer de rattraper le temps, il avait écourté un échange informel avec la presse. Souvent, il regardait la photo de sa fille en fond d’écran de son téléphone. « C’est un miracle », répétait-il en parlant de sa « princesse ». Le lendemain du premier débat, le 13 octobre, il avait savouré quelques heures de tranquillité qui lui avaient permis d’emmener sa fille à l’école et de déjeuner avec son épouse. Manifestement, le politique Sarkozy et l’homme Nicolas avaient des envies de vie différentes. La primaire a tranché.
Lundi, après une matinée en famille, l’ex-candidat a reçu son équipe de campagne dans ses bureaux, rue de Miromesnil. Très détendu, Sarkozy les a remerciés, racontant quelques anecdotes sur sa jeunesse. Il n’a pas été question de politique. La page est tournée. Certains imaginent qu’il interviendra de temps en temps dans le débat, « comme une figure de référence ». Mais Sarkozy « n’entend pas prendre une part active dans la campagne », assure un intime. Pour son ami Brice Hortefeux, cette défaite ne marque pas « la fin d’une vie, c’est le début d’une nouvelle ». Et manifestement, l’ancien président a une idée très précise de son avenir. « Il sait ce qu’il va faire », souligne un très proche avec qui Sarkozy en a parlé. « Mais ça lui appartient. Il va enfin avoir une vie privée », ajoute cet intime. Dès dimanche soir, Sarkozy avait confié à un élu : « Je vais faire autre chose. » C’est le moment.
Marion Mourgue
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