La corruption financière au plus haut 6


Les marionnettes ou et tourne tourne la corruption financière !

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Observatoire du MENSONGE 

La corruption financière au plus haut

L’affaire Alstom

Par Daniel Desurvire

La cession d’Alstom masque une corruption économique et financière privée étendue au monde politique que protège la concussion et le népotisme de l’oligarchie française.

Chapitre 6 final

1°) Les marionnettes 3

La commission d’enquête parlementaire (n° 897 rec.) du 19 avril 2018, dans l’affaire Alstom, a révélé que « Les pouvoirs publics en savaient un peu plus et depuis longtemps », sachant qu’un rapport en ce sens avait été commandé dès octobre 2012, sans que la presse n’ait jamais été informée par qui. Dans l’urgence et sous le sceau de la confidentialité du commanditaire anonyme, l’Agence des participations de l’État (APE), au cabinet A. T. Kearney, avait prévenu le Gouvernement d’un risque de cession de la participation détenue par Bouygues dans Alstom (20 % prêtés pour le compte de l’État), pointant les faiblesses structurelles dans l’énergie et jugeant l’option de General Electric moins destructrice d’emplois. A fortiori, ajoute cette enquête interne, « Jamais l’APE, ni nos collègues de la direction générale des entreprises (DGE) ne commandent d’études dont les résultats ne sont pas communiqués au ministre » (Signé Martin Vial. Source Les Échos.fr, Anne Drif Véronique le Billon, article titré « Vente, mensonges et auditions : ces 5 questions au cœur de l’affaire Alstom »).
Pourtant, l’État a failli, n’a pas anticipé, a prétendu ne rien savoir, s’est offusqué et s’est dédouané avec un accord de partenariat où le provisoire s’inscrivait non pas en braille ni en filigrane, mais explicitait, sous des alinéas anodins, que la totalité des secteurs du groupe serait cédée à terme à General Electric. Avec son droit de veto éphémère, l’État a laissé croire qu’il conserverait sa golden share sur la joint-venture nucléaire, cela pour préserver ses privilèges de souveraineté selon les termes indiqués par le groupe américain ; davantage pour rasséréner les élus et électeurs français, plus que dans l’esprit d’une réelle collaboration fusionnelle dans le temps.

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Mais comment donc l’usus d’une industrie passée à l’étranger pourrait-il être grevé d’une sorte de réserve de propriété, d’un droit de jouissance ou d’une servitude, dès lors qu’une assemblée générale demeure souveraine, que son Conseil d’administration ou directoire est devenu la courroie de transmission d’une multinationale allochtone, que l’entreprise n’appartient plus en majorité au cédant déchu de son titre. Au surplus, le noyau dur d’Alstom étant exporté outre-Atlantique sous l’empire de Wall Street et du droit discrétionnaire des États-Unis, comment l’entreprise pourrait être récupérée, confisquée ou faire l’objet d’une spoliation ? En l’absence d’une clause compromissoire légale sur le contrat de cession, nonobstant le non-respect ultérieur d’un veto toujours provisoire en droit positif, voire d’une loi de nationalisation en amont de la vente, la France s’est faite dépossédée… voire tout court possédée ?
Comme vu au chapitre précédent, la vente de ce secteur sensible de l’industrie française, qui rappelons-le concerne directement les plus hautes technologies civiles et militaires de la Nation, s’est effectuée sans que le PDG de ce groupe ait requit l’accord ou l’avis de cette transaction à l’autorité du ministre de l’industrie ou autre compétence politique et administrative. En échange, il n’est guère vraisemblable que la puissance publique ait échappé à cette information de cette importance, sachant que l’État dispose de sycophantes de tous calibres, de moyens de contrôle par le biais d’actionnaires directs ou indirects comme Bouygues dans cette affaire.
De surcroît, sans évoquer l’indiscrétion de l’e-exécutif par la voie des logarithmes informatiques depuis la loi sur le renseignement du 24 juillet 2015* (n° 2015-912) complétant le code de la sécurité intérieure, des barbouzes du ministère de l’Intérieur, de Bercy et du quai d’Orsay, la diligence informative en ligne des blockchains, l’incontournable mission de l’AMF, le rôle central des grands médias depuis l’AFP et de la presse économique, l’intervention des salariés en comité d’entreprise et syndicale d’Alstom, dont l’émergence critique d’informateurs qui existe depuis les années 1990, puis enfin les lanceurs d’alerte institués par la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 ; en aucune manière l’État français ne pouvait ignorer les accords en amont de la vente au plus haut niveau entre les deux géants Alstom français et General Electric américain.
Autrement dit, derrière ces mystifications et non-dits, cette suffisance politique qui trouve plus facile d’espionner ses propres concitoyens, électeurs et contribuables, comme de violer leur vie privée pour soi-disant les protéger contre le terrorisme* que ces dirigeants introduisent au sein de milliers de réfugiés musulmans qu’ils accueillent en grand nombre, les consortiums de la haute finance et de l’industrie privée font ce qu’elles veulent, prospèrent et ne sont guère inquiétés. Ce manquement au patriotisme et à la probité de la part des élus qui président à la destinée de la France, ne saurait autrement s’expliquer que par la collusion des intérêts personnels entre les géants industriels, les hiérocraties islamiques entre autres et les politiciens en poste. Ici préside l’art de la corruption où les uns, sous le couvercle de l’omertà, soudoient la complicité de fonctionnaires et de politiciens, lesquels de leur côté thésaurisent le produit de leur concussion sous des comptes numérotés.
Les gesticulations des politiques n’ont certes pas manqué pour masquer leur crédulité ou leur collusion d’intérêt. D’abord, l’exécutif, qui en coulisse se moque de perdre tout contrôle sur la filiale Énergie, a publiquement renoncé l’achat promis des 20 % de parts consenties par Bouygues en 2014 pour peser face à GE. Mais avec le plus grand aplomb, Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, a déjà annoncé avant la date butoir du 31 juillet 2018, dernier acte de cette cession, « L’État n’a pas vocation à être assis sur un strapontin dans les conseils d’administration » (Source, Les Échos.fr, 19 avril 2018). Comprendra qui veut !
Plus loin en remontant au lendemain de cette vente masquée, un écorché vif, mais velléitaire quant à ses comportements et déclarations tonitruantes, Arnaud Montebourg alors ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique, déclara sans ambages, lors d’un déplacement à Abu Dhabi (un émirat de la fédération ÉAU) en 2013, « Qu’il existait une stratégie de dissimulation de la part des dirigeants d’Alstom » (Source : LCP, 13 décembre 2017). Déjà, à dater de cette période, la transaction était donc suspectée derrière un projet de restructuration. Pour se protéger de ce qui était plus qu’un pressentiment, le ministre estima « Qu’il ne pouvait pas faire le lien entre la procédure ouverte par le ministère de la justice des États-Unis et les appétits de GE, car il n’a pas été mis au courant par le service interministériel d’intelligence économique » Ingénuité ou mauvaise foi ?
Un tel dysfonctionnement dans l’appareil de l’État ne semble pas compatible avec la fonction. Ce pourquoi Arnaud Montebourg, après son départ du Gouvernement, n’hésita pas – à tort ou à raison – à casser du sucre sur la personne de son Président François Hollande, Emmanuel Vals Premier ministre, puis encore Emmanuel Macron alors secrétaire adjoint de l’Élysée. En clair, toute cette coterie se serait mise d’accord pour abandonner à l’Amérique le contrôle des activités Énergie d’Alstom. Les argumentaires, dans un débat contradictoire restent résolument absent mais demeurent dans l’opacité des tractations politico-financières. Comment autrement expliquer qu’un puissant État taxé de prédateur industriel, qui plus est hors de la CE, avec le concours d’un deal of justice bien rôdé dans sa mécanique anglo-saxonne, grâce à une procédure de Discovery (phase d’investigation et d’instruction préalable à un procès civil et/ou une transaction commerciale) ait pu se passer de l’autorité politique du pays hébergeur de l’objet de la vente ? Or sur ce registre, l’ancien ministre de l’économie s’en défend bien mal.
Par le décret n° 2014-479 du 16 mai 2014 relatif aux investissements étrangers soumis à autorisation préalable, modifiant les dispositions de l’article R 153-2 du Code monétaire et financier en étendant la liste des onze secteurs d’activité considérés comme sensibles, il fut ajouté les activités portant sur des matériels, des produits et des prestations de service […] essentielles à la garantie des intérêts du pays en matière d’ordre public, de sécurité publique ou de défense nationale. À l’appui de cette disposition réglementaire, Arnaud Montebourg se targua d’avoir obtenu un accord de partenariat tripartite entre Alstom, General Electric et l’État français, avec la création de trois entreprises distinctes au sein du groupe, dont la joint-venture des énergies renouvelable. Cette dernière devait être rachetée à l’horizon 2019 suivant le préalable susvisé. Mais l’option de rachat n’a pas été retenue par le Gouvernement suivant, plaida l’ancien ministre de l’économie.
De sorte que la volonté politique ne fut pas et l’un des grands noms de notre industrie s’est envolé de l’autre côté de l’Atlantique avec son savoir-faire et ses secrets de fabrication, même si une grande part des usines est implantée en France (8 sites) et en Europe (7 sites : Espagne 1, Italie 2, Allemagne 2, Belgique 1, Pologne 1), mais pour combien de temps encore et avec quel potentiel d’emploi ? Certes, les petits actionnaires restent, mais ils sont là pour se faire plumer à la prochaine augmentation de capital ou autre manœuvre spéculatrice et spoliatrice toujours inopportunément orchestrée par les non connaissables initiés.
Si les écoutes US de la NSA et les agissements du Department of Justice US se sont habilement employés pour avaler une industrie messagère du savoir-faire franco-allemand avec Siemens, rappelons que cette cession du patrimoine emblématique du terroir a pu se réaliser sur les décombres encore fumants de la corruption française. Accuser l’Amérique de tous les maux ne suffit pas pour excuser les tricheries, les mensonges et les concussions d’un parterre politique qui verse entre l’irresponsabilité, la défaillance et la mauvaise foi.
En France, cette corruption a la vie dure, car ses fondations reposent sur les fagots de milliards de coupures que détiennent les principaux acteurs des marchés boursiers et des places financières (services d’intermédiation et auxiliaires : sociétés d’assurances et fonds de pension) qui leur offrent des refuges fiscaux aux Bahamas, aux îles Caïmans ou ailleurs. Pour coiffer cette curie pyramidale du profit et du contournement fiscal, certains politiciens cupides se disent patriotes et honnêtes en France, mais seulement au jour de leur candidature. Or, ces discours finissent par manquer de pertinence car les Jérôme Kahuzac font légion sur l’Hexagone. Mais surtout, ciblons dans le viseur le maillage spécieux de l’establishment social-démocrate qui depuis des lustres fabrique des lois et des règlements favorables aux systèmes propices à la tricherie, puis par calcul façonne les mentalités citoyennes jusqu’à leur renoncement ou l’amnésie. Ces derniers sont ainsi bombardés de post-vérité[1] ou de fake news pour que perdurent des pratiques seulement profitables au méga-monde des marionnettistes.

FIN

Daniel Desurvire

Ancien directeur du Centre d’Étude juridique, économique et politique de Paris (CEJEP), correspondant de presse juridique et judiciaire.

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Daniel Desurvire pour Observatoire du MENSONGE

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