Le progressisme : trois siècles de compromissions ? 2


Le progressisme, hors des réalités, vit dans la théorie et de ce fait est dangereux. Chapitre 2

Le progressisme : trois siècles de compromissions ?

Par Un Regard Inquiet

Chapitre 2

Trois éléments laissent cependant craindre que cette prise de conscience ne demeure superficielle.
• Presque personne n’a émis d’autocritique (à l’exception notable de Raphaël Glucksmann, qui, dans le même texte, nuançait toutefois en ajoutant que son courant de pensée, la gauche progressiste, n’était pas seule responsable),
• Les personnalités de droite qui avaient mis en garde contre le danger de l’islamisation ne furent pas réhabilitées (ni Jean-Marie Le Pen, par exemple, ni Philippe de Villiers, moqué en son temps pour son livre Les Mosquées de Roissy ni même Jean-François Copé, souffre-douleur des Guignols de l’Info après sa sortie – pas très finement exprimée, il est vrai – sur le pain au chocolat). Les journalistes de Charlie Hebdo rappelèrent même fièrement, six jours après l’assassinat de Samuel Paty, qu’ils avaient demandé la dissolution du Front National en 1995.
• Enfin, ce n’est pas la première fois que la gauche progressiste, prétendant défendre des valeurs humanistes, s’allie aux pires ennemis de ces valeurs et verrouille le débat en diabolisant leurs opposants, pour ensuite s’étonner du désastre qu’elle a permis. Or jamais les responsables ne sont discrédités et le courant de pensée progressiste qui a permis cet aveuglement demeure dominant et s’engage dans de nouvelles illusions funestes.

Trois-cent ans de compromission : le militarisme prussien, le communisme, l’islamisme

L’Histoire de deux peuples, de Jacques Bainville, explique les enjeux des débats du XVIIIe et du XIXe sur l’équilibre géopolitique européen. Il fera l’objet d’un prochain article plus détaillé.

Au XVIIIe siècle, les penseurs des Lumières françaises (les « Philosophes ») prétendaient refonder le monde sur la raison humaine et mettre ainsi fin aux malheurs d’un passé obscurantiste : fin à l’ignorance, fin à l’intolérance, fin aux guerres fanatiques et à la tyrannie des monarques absolus. En politique étrangère, inspirées par le rousseauisme, elles défendirent le « principe des nationalités ». L’ordre géopolitique européen d’alors reposait sur l’héritage des traités de Westphalie (1648), construction diplomatique complexe qui fixait les frontières des empires et empêchait l’unification de la dangereuse Allemagne. Les partisans du principe des nationalités résolurent de détruire cette construction diplomatique qui, fixant l’existence d’empires multinationaux, entravait le droit naturel des peuples à disposer d’eux-mêmes, qu’ils plaçaient au-dessus de toute autre considération. Alors, pensaient-ils, l’homme étant naturellement bon, les peuples ainsi libérés vivraient en paix en Europe. Qui choisirent-ils comme champions ? Les rois de la nouvelle monarchie prussienne, militariste et absolutiste. Du XVIIIe siècle jusqu’à la guerre de 1870, les « Philosophes » et leurs héritiers libéraux, partisans de ce principe des nationalités, prirent le parti des Prussiens, en qui ils voyaient l’incarnation de la modernité.  Ils réussirent finalement à convaincre Louis-Napoléon Bonaparte. Grâce à son soutien, la Prusse, en qui ils voyaient « l’alliée naturelle de la France », put réaliser l’unité Allemande… avant de s’empresser d’attaquer la France. Bilan de leur combat progressiste pour une Europe plus juste : le désastre de Sedan, deux guerres mondiales, 70 millions de morts et une Europe en ruine. On se vante pourtant plus volontiers, de nos jours, de lire Voltaire ou d’Alembert que Jacques Bainville.

Les idées progressistes des Lumières avaient aveuglé les « libéraux », compromis avec le militarisme prussien et mené l’Europe à la ruine en 1918. Le nationalisme, idée progressiste des deux siècles précédents, devint réactionnaire et le XXe siècle eut un nouveau progressisme : le socialisme. Celui-ci prit, dès l’après-guerre, le relais de cette compromission avec la tyrannie. L’idéal communiste devait faire du passé table rase pour mettre fin aux guerres bourgeoises, fin à l’oppression, fin à l’illusion des prétendues libertés formelles qui masquaient la tyrannie réelle du capitalisme. Qui choisirent-ils comme champions ? Les dirigeants de l’Union Soviétique, impérialiste, totalitaire et génocidaire. Les preuves arrivèrent rapidement : le Holodomor en 1933, le Retour d’URSS d’André Gide, en 1936. Quelques-uns revinrent de leurs illusions mais, pour beaucoup, le temps restait à la compromission : les communistes français prirent leurs ordres à Moscou durant l’Occupation, puis, quand le soutien du stalinisme devint trop évidemment ignoble, les gauchistes de la génération suivante choisirent pour idole Mao Zedong et l’élite littéraire française se prit de passion pour le massacre des intellectuels chinois. Bilan de leur engagement pour un monde plus juste : 65 à 85 millions de morts. On fait pourtant lire aux lycéens Français, de nos jours, Marx, Sartre et Aragon, plus volontiers que Raymond Aron ou Frédéric von Hayek.

À suivre

Un Regard Inquiet
Réflexions sur l’effondrement de l’Occident


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L’article « Les 7 mensonges capitaux«  démontre bien cette incompétence et cette prétention d’un pouvoir qui a créé une dictature en France. A lire en cliquant ICI

« La France est en sous-France depuis pas mal d’années mais avec le macronisme, elle est dans le coma ».


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2 commentaires

  1. C’est une bonne idée que d’avoir publié cet article qui montre l’aveuglement de nos compatriotes, sensibles, on ne comprend plus pourquoi aujourd’hui, au baratin du méprisant qui préside la France.

    Aimé par 1 personne

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