Le progressisme : trois siècles de compromissions ? 3

Le progressisme, hors des réalités, vit dans la théorie et de ce fait est dangereux. Chapitre 3 fin

Le progressisme : trois siècles de compromissions ?

Par Un Regard Inquiet

Chapitre 3 fin

Après la passion des Lumières françaises pour le militarisme prussien, après l’engouement des socialistes et des soixante-huitards pour les totalitarismes communistes, la fin du XXe siècle vit apparaître un nouveau progressisme, qui trouva rapidement une nouvelle tyrannie auprès de laquelle se compromettre. Le progressisme anti-raciste et féministe veut lui aussi déconstruire les fondements des sociétés occidentale en se débarrassant de leurs structures paternalistes et racistes et ainsi mettre fin à l’impérialisme, fin à l’oppression des femmes et des minorités raciales, religieuses et sexuelles, fin à la tyrannie du patriarcat blanc. C’est, cette fois, notamment avec l’islamisme, que ce progressisme choisit de se compromettre : une idéologie impérialiste, voilant les femmes et exécutant les homosexuels. Bilan de leur engagement pour un monde plus tolérant : il faudra probablement attendre encore quelques décennies, avant de pouvoir le dresser mais, parmi les morts, il faut désormais compter un professeur d’histoire, qui avait voulu enseigner à ses élèves la liberté d’expression.veuglement demeure dominant et s’engage dans de nouvelles illusions funestes.

Une tendance intrinsèque du progressisme à la compromission ?

Ces trois périodes historiques mettent en scène des idéologies différentes mais qui ont toutes en commun d’être « progressistes ». Leur rapprochement révèle des similitudes édifiantes concernant leurs fonds idéologiques et leurs méthodes, qui nous semblent expliquer leur tendance à la compromission avec la tyrannie.

La première similitude concerne le caractère « progressiste » des idéologies défendues : la conviction de la supériorité de la théorie sur la sagesse pratique et le désir qui en découle de détruire l’ordre établi pour imposer un ordre idéal. Comme le note Tocqueville dans L’Ancien Régime et la Révolution, la réflexion politique française du XVIIIe fut portée par des hommes de lettres totalement étrangers à l’exercice des responsabilités politique et qui spéculaient sur les fondements de la société et les caractéristiques d’un régime idéal.1 Ces réflexions purement théoriques, détachées de la connaissance précise des sociétés concrètes, aboutirent logiquement à un progressisme révolutionnaire, qui est l’exact inverse du conservatisme : plutôt que d’essayer humblement de comprendre sur quels équilibres complexes hérités de l’histoire reposent les sociétés, avant de déterminer ce qui peut prudemment être amélioré, comme le firent les Lumières écossaises, on créa des systèmes idéaux qui ne pourraient se construire que sur les ruines de l’ordre existant. En politique intérieure, cela justifia la Révolution et la Terreur. En politique extérieure, la justice en Europe devait se construire sur les ruines du système westphalien, illégitime hasard de l’histoire. Le communisme est fondé sur des idées analogues, malgré sa vision dialectique de l’histoire : si le capitalisme fut bien une étape vers la société socialiste, c’est cependant sur ses ruines que celle-ci doit se construire, en faisant du passé table rase. Le progressisme antiraciste et féministe, enfin, procède de la même condamnation radicale de l’ordre existant, fondée sur l’idée que le sexisme et le racisme n’ont rien de naturel mais ne sont que les conséquences de l’histoire occidentale : il faut détruire tout son héritage.

Ces trois progressismes se ressemblent également par leurs tactiques déloyales : l’intrigue, l’étiquetage et le lynchage. En effet, les progressistes de ces différentes espèces sont chacun convaincu de lutter contre des forces réactionnaires volontairement maléfiques, cherchant à empêcher l’advenue du Progrès. Le débat public n’est donc pas un moyen de faire émerger la vérité par l’écoute de différentes opinions mais l’un des lieux d’affrontement dans une guerre pour imposer ses vues. Ainsi, les Lumières ont imposé leurs théories politiques relativement médiocres en plaçant leurs hommes dans les Académies littéraires et scientifiques, les communistes en pratiquant l’entrisme et les anti-racistes et néo-féministes en noyautant les universités. Chacun de ces progressismes disposait de son étiquette permettant de discréditer ses opposants sans s’intéresser au fond de leurs idées : les Lumières notaient d’infamie les « obscurantistes », les communistes dénonçaient les « fascistes » et les progressistes actuels stigmatisent les « racistes », « sexistes » et autres phobiques. Les premiers étaient exclus des salons, les seconds tournés en ridicule et leurs carrières universitaires ou artistiques bloquées, quant aux troisièmes, ils subissent l’intolérance de la « cancel culture » des plus radicaux ou sont exclus du « champ républicain » par les plus modérés, et parfois poursuivis en justice pour délit d’opinion.

Ces fondements révolutionnaires et cette diabolisation des adversaires idéologiques nous semblent pouvoir expliquer en grande partie la tendance du progressisme à la compromission : convaincu que son idéal ne pourra se construire qu’après la destruction de l’ordre social actuel et persuadé que son principal ennemi est constitué par des forces réactionnaires qu’il diabolise, le progressiste est tout disposé à s’allier à ceux qui ont intérêt à la destruction de l’équilibre du moment, qui sont souvent des ennemis de l’Occident et de ses valeurs et dont il relativise, voire nie totalement, le danger. Il s’en fait un « idiot utile », manipulé et méprisé par ces tyrans : Bismarck méprisait Napoléon III, qui servit l’impérialisme prussien, Staline enfumait les Occidentaux qui acceptaient ses voyages de propagande et les islamistes ricanent sans doute en voyant des féministes intersectionnels défendre le port du voile ou l’interdit du blasphème.

FIN

Un Regard Inquiet
Réflexions sur l’effondrement de l’Occident


Copyright obligatoire en cas de citation ou de transmission de cet article, vous pouvez le copier : Un Regard Inquiet 

L’article « Les 7 mensonges capitaux«  démontre bien cette incompétence et cette prétention d’un pouvoir qui a créé une dictature en France. A lire en cliquant ICI

« La France est en sous-France depuis pas mal d’années mais avec le macronisme, elle est dans le coma ».


Laisser un commentaire