« Sacralité » ou respect dû à la fonction

Dans une monarchie, le corps du roi est sacré. En République, le chef de l’Etat est un homme comme les autres. Sa personne n’a rien de sacré. Il n’incarne pas une fonction – définie par l’article 5 de la Constitution – il la remplit, il l’exerce.

« Sacralité » ou respect dû à la fonction

Par Maxime Tandonnet

Depuis que M. le président a été giflé par un individu dans la Drôme, les termes de « sacralité » ou de « respect dû à la fonction » prolifèrent. De ce qu’on entend, ce n’est pas l’homme qui était visé, mais la fonction présidentielle. A contre-courant, je m’élève contre cette conception. 

Dans une monarchie, le corps du roi est sacré. En République, le chef de l’Etat est un homme comme les autres. Sa personne n’a rien de sacré. Il n’incarne pas une fonction – définie par l’article 5 de la Constitution – il la remplit, il l’exerce. Il n’incarne pas non plus la Nation – ce sont les duce ou les caudillo qui prétendent incarner un peuple, pas les chefs de l’Etat républicains. L’expression « c’est la France ou c’est la république qui a été giflée » est idiote. En République, le président est un serviteur de la nation. Il n’est pas au-dessus de la nation, il est bien au contraire à son service

 Ce qui est scandaleux, insupportable dans l’agression dont l’occupant de l’Elysée a été l’objet, c’est la banalisation de la violence comme mode d’expression social et politique. Cette violence est exactement aussi inacceptable que celle que subissent dans la rue ou à la maison, des femmes, des enfants, des personnes malades ou handicapées. Ni plus, ni moins. Toute gifle est aussi odieuse – et condamnable -, qu’elle vise la joue d’un président ou de tout autre citoyen. Il n’y a strictement aucune raison de punir davantage la gifle subie par un président que celle reçue par les uns et les autres quotidiennement. Le président est un homme comme un autre dans une République, une démocratie. Quant au « respect dû à la fonction« , la formule est absurde. Qu’est-ce que la « fonction présidentielle » aujourd’hui (par-delà la personne de l’actuel titulaire)? Celle d’un histrion dont la mission consiste pour l’essentiel à gesticuler, provoquer et se pavaner quotidiennement dans la perspective d’une réélection pour détourner l’attention des vrais problèmes de l’époque (violence, chômage, pauvreté, déclin économique, effondrement intellectuel et moral). En quoi cette « fonction » serait elle respectable? On confond tout. A la grande époque des présidents jusqu’aux années 1980, personne n’avait la sinistre idée de parler de « sacralité » ou de respect dû à la fonction. Ces termes eussent été considérés comme obscènes. Leur banalisation aujourd’hui est un autre signe du déclin de l’intelligence démocratique. A l’époque, il n’était question que de confiance, la confiance de la nation en son chef de l’Etat et son gouvernement.

Or, la confiance ne se décrète pas. Contrairement à la notion de sacralité ou de respect, la confiance se gagne. Elle se mérite.

Maxime Tandonnet

max t

Ancien conseiller à la Présidence de la République sous Sarkozy, auteur de plusieurs essais, passionné d’histoire…
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4 commentaires

  1. La fonction de l’histrion comme vous dites a été de produire un Bénalla, de mettre des gilets jaunes dans la rue suivis les premiers temps par une bonne partie de la population – je sais de quoi je parle – , après qu’il eut prononcé les mots :  » venez me chercher  » , ce qui a produit des milliards de casse en deuxième temps, et des blessés à vie ! c’est un homme sans expérience qui a aussi prononcé des mots afin de culpabiliser la France et c’est celui qui la détruit en laissant entrer des assassins, qui ne remplit pas sa fonction régalienne, ce qui ne semble pas l’émouvoir . c’est aussi celui qui divise la population, c’est ainsi que certains parlent, pour la 1ere fois, de guerre civile ! beau bilan en vérité !

  2. La France des années lumières plonge dans l’obscurité. Cette France a perdu ses repères. Elle n’est plus celle qu’ont représenté et servi des hommes de grandes envergures, de grandes visions et de grandes idées. C’est une France qui a ouvert la porte aux opportunistes et aux vulgaires. Depuis l’avènement de Sarkosy, il n’y a plus eu de France. C’est devenu un pays à l’instar d’un pays sous-développé, de l’Europe en sus. Elle est entre les mains d’enfants gâtés et mal intentionnés.

  3. Comme vous avez raison M. TANDONNET
    Malheureusement, la république n’est plus, a -t-elle existée seulement un jour ?
    Vous le savez parfaitement bien.
    Lorsqu’une république accepte que dix millions de pauvres vivent au-dessous du seuil de pauvreté, que trois cent mille êtres humains dorment dans la rue, six millions de chômeurs , que 67 % des électeurs inscrits, dégoûtés des politiques, ne vont plus voter, que plus de trois millions cinq cent mille français ne sont pas inscrits sur les listes électorales, et la France sera découpée en régions (devenus états-poussières) par nos gouvernants qui n’aiment pas la France., ce n’est plus une république. DANGER!

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