Le lynchage de M. Fillon se poursuit. Ses conséquences politiques seront , quoi qu’il arrive désormais, gigantesques

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Le chaos et la désintégration
Par Maxime Tandonnet
Le lynchage de M. Fillon se poursuit. Ses conséquences politiques seront , quoi qu’il arrive désormais, gigantesques, incalculables comme le souligne à la perfection M Emmanuel Berretta, dans le Point. Cette curée, dirigée en ce moment contre un homme et sa femme, est détestable. Dans une tribune pour le Figaro Vox, je l’ai décrit en paria de la République, dans la continuité de mes réflexions, tout en distinguant bien les parias médiatiques actuels, victime d’un lynchage et traités en boucs émissaires, dont il est, des hommes d’Etat d’autrefois, frappés pour avoir eu raison avant tout le monde qui ont fait l’objet de mon livre « les parias de la République » (Perrin 2017). Nous sommes tous, vous et moi, profondément choqués de ce que nous apprenons concernant les emplois familiaux. Mais pour être honnête, il faudrait les resituer dans leur contexte et faire l’étalage complet de toutes les faveurs, passe-droits, copinages, privilèges, héritages, « fils et filles de », avantages, petits arrangements, dont la « France d’en haut », politique et médiatique, se délecte. Il faudrait soulever le couvercle dans sa totalité, pas seulement à propos de M. Fillon et dans l’objectif de le détruire la veille d’une élection cruciale. Quels hommes ou femmes politiques, sans exceptions, ont favorisé, rémunéré, employé un proche? Et vérifier pour chacun d’entre eux l’absence « d’emploi fictif », l’utilisation des fonds publics conformes à leur destination, contrôler effectivement, pour chacun, sans distinction, la réalité du travail accompli par ce proche. Je ne sais comment cela va finir. Nous sommes en plein cœur de la désintégration d’un système qui explose en plein vol. Nous vivons en temps réel le crash d’un régime politique. Nous sommes en 1870, en 1939, en 1958 mais avec une différence: rien n’émerge de la bêtise, de l’aveuglement, de la haine et de la cupidité qui se sont emparés de ce pays. Que « la gauche » (soi-disant « gauche ») se donne comme candidat un personnage qui promet à toute personne de plus de 18 ans un « revenu universel » de 750 euros, sans contrepartie d’un travail, au risque de créer une société de rentiers, d’isolés et de désœuvrés, et de détruire l’économie française, m’est insupportable, surtout en pensant à tous les jeunes, dont nous avons été, qui se lèvent tôt le matin et bossent pour s’en sortir, y trouvent la fierté et l’envie de vivre. Je suis révulsé devant l’apathie collective face à la puérilité de son slogan concernant le financement de la mesure: « taxer les robots ». Le pire n’est pas que ce genre de gadget soit lancé, mais qu’il triomphe! On se fout du monde et ça marche! Voilà le signe patent de l’effondrement intellectuel de notre pays. Je remercie du fond du cœur les Vingt députés socialistes courageux et responsables qui refusent de soutenir cette imposture. Peut-être qu’un jour, les historiens se souviendront d’eux en les appelant « les Vingt ». Par ailleurs, qu’un vaste courant d’opinion se rallie à M. Macron, simplement parce qu’il est télégénique, souriant, habile, « chouchou » des médias, me laisse pantois. Quel mérite en dehors d’avoir trahi Hollande? Quelle pensée, quelles idées? Quel projet un tant soit peu novateur et moteur? Nous sommes en pleine désintégration, révolution, en plein chaos. Un principe en ressort: la France est en train de tuer l’institution présidentielle, l’idée même d’un chef suprême, tout puissant et irresponsable pendant 5 ans, s’incarnant dans un visage. L’arrivée à l’Elysée d’un Macron signifierait l’élection du néant. Celle de le Pen l’ouverture d’un séisme politique gigantesque. Mais le chaos français fait partie d’une crise du pouvoir qui frappe tout le monde occidental. Cette nuit, j’ai reçu plusieurs textos et courriels d’amis qui me demandent ce que je pense de la situation et de la manière dont tout cela va se terminer. Mon véritable espoir: les législatives, l’arrivée au pouvoir d’une majorité de recomposition, avec tous ceux qui veulent sauver ce pays, d’un Premier ministre et d’un gouvernement de crise. Mais je ne suis même pas sûr que la nation française ait encore assez d’esprit, d’énergie et de volonté pour s’orienter dans cette voie.
Maxime Tandonnet
Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d’histoire…
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