« Aujourd’hui on vit côte à côte […] Je crains que demain on vive face à face. »

Par Philippe Kerlouan


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Migrants débarqués à Toulon : un tournant de la politique migratoire pour Gérard Collomb

« Gérard Collomb regrette l’accueil des migrants à Toulon », titre Le Figaro. Dans un tweet publié le 11 novembre, il a déclaré qu’« au-delà de l’émotion sur le sort des personnes, l’accueil en France de l’Ocean Viking marque un tournant dans la politique d’immigration en France ». Il a même ajouté : « Lorsqu’en 2018 avait été envisagée la création d’un hot spot à Toulon, je m’y étais opposé de toutes mes forces et avais démissionné. » On peut se réjouir d’une telle déclaration, venant d’un ancien proche de Macron. Mais ne vient-elle pas trop tard ?

Gérard Collomb semble s’être spécialisé dans les déclarations tardives. On se souvient qu’après sa démission, lors de la passation de pouvoir, il lança, devant Édouard Philippe, ce constat qui malheureusement se confirme : « Aujourd’hui on vit côte à côte […] Je crains que demain on vive face à face. » Certes, comme dit le proverbe, « mieux vaut tard que jamais » : il reste qu’on peut regretter qu’il ne se soit pas exprimé plus tôt sur ces sujets, notamment quand il était aux affaires. Il est vrai que notre Président, qui sait tout mieux que les autres, n’admet guère la contestation.

Rappelez-vous comment il désavoua publiquement le général de Villiers, qui s’était opposé aux coupes budgétaires imposées à l’armée et, comme c’était son devoir, en avait expliqué les raisons devant la commission de défense de l’Assemblée nationale. Voyez l’émoi suscité par les tribunes parues dans Valeurs actuelles, la première émanant de généraux en retraite, la seconde de militaires d’active qui lançaient un appel « pour la survie de notre pays ». Et pourtant, ils ne faisaient qu’un constat évident. Il faut saluer leur courage, car la plupart du temps, ceux qui sont lucides se taisent pour faire carrière et ne pas déplaire au pouvoir.

Admettons que Gérard Collomb ait voulu s’approprier, à sa manière, la fameuse ligne de conduite de Jean-Pierre Chevènement : « Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l’ouvrir, ça démissionne. » En la circonstance, il semble peu crédible, quand il prétend avoir démissionné pour un désaccord sur la politique migratoire, alors que tout laisse à penser qu’il voulait surtout préparer les élections lyonnaises. N’y a-t-il pas, de surcroît, quelque naïveté à voir, dans l’accueil de l’Ocean Viking« un tournant dans la politique d’immigration en France » ?

Certes, en 2018, les autorités ont fait la sourde oreille, ne souhaitant pas ouvrir un port aux migrants embarqués sur l’Aquarius : il fallait ménager l’opinion publique. Mais, cette fois, le gouvernement est tombé dans le piège qu’il a lui-même tendu. Après que l’Assemblée nationale a sanctionné un député RN, accusé d’avoir laissé entendre que les migrants de l’Océan Viking devaient retourner en Afrique, le pouvoir pouvait difficilement refuser de les accueillir, en assurant qu’ils seraient répartis dans les pays européens. Il n’a pas changé d’un iota sa politique migratoire, il se contente de feindre la fermeté. Ce que l’on connaît du projet de loi préparé par Gérald Darmanin en dit long sur les tergiversations et le laxisme qui le caractérisent.

C’est une marque de mauvaise gouvernance et de fragilité que de ne pas supporter d’être mis en face de la vérité. Macron devrait s’entourer de personnes qui aient pour devoir de tout lui dire, même si ce n’est pas agréable à entendre, afin d’en tirer toutes les conséquences. Au lieu de cela, il s’entoure de ministres complaisants, qui pensent plus à leur carrière qu’à l’intérêt de la France. Ils servent leurs maîtres plus qu’ils ne servent l’État et ne se réveillent que quand ils ne risquent plus rien et qu’il est déjà trop tard.

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One thought on “Migrants débarqués à Toulon : un tournant de la politique migratoire pour Gérard Collomb”
  1. Collomb, c’était un fidèle serviteur zélé de Macron, et là, il le lâche totalement : mieux vaut tard que jamais.

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