La stratégie du chaos


Par Claude Picard

TRIBUNE

La stratégie du chaos

En évoquant à propos du Brexit, « la stratégie du chaos », la présidente du Front national, Marine Le Pen, a parfaitement compris que les dirigeants actuels de l’Union européenne, la hargne au cœur, vont tenter de tout faire pour que les Anglais payent très chèrement leur audace de sortir de l’UE et rendre leur divorce le plus douloureux possible.
Ils veulent déjà démontrer aux autres peuples, pour qu’ils ne puissent plus jamais envisager la moindre sortie, que l’on ne peut quitter l’UE sans dommages et intérêts. Mais ce pari est risqué et jouer avec la chaos pourrait avoir l’effet contraire… Dur, dur, d’être euro béat, aujourd’hui !
Sidérés, vexés, ayant reçu une gifle magistrale, le ressentiment des gouvernants européistes est d’autant plus grand qu’ils ne croyaient pas vraiment à la possibilité de voir le peuple britannique voter à 52 % pour un « out ». Jusqu’au dernier moment, tous les sondages faisaient croire, dans les mêmes proportions, l’inverse.
Grosse déception ! Le décalage de plus en plus profond, qui se creuse entre les élites et les peuples, se vérifie encore une fois. Les résultats confirment ce fossé : à part, Londres, L’Écosse et l’Irlande du Nord, qui ont voté pour le maintien dans l’UE, toute l’Angleterre a voté contre. C’est dans les secteurs les plus populaires ou les endroits les plus oubliés, que le « out » obtient les plus gros pourcentages ; neuf secteurs (anciens bastions de gauche) ont voté pour la sortie de l’UE, à plus de 70 % ! Même en périphérie de Londres, comme à Thurrock, avec 72 % !
Le 23 juin 2016 restera dans l’histoire de la construction européenne comme un jour à marquer d’une pierre noire ou blanche, selon que l’on est pro-européen ou pro-Brexit. Pour les plus lucides, il s’agit maintenant d’être très pragmatiques.
Et ceux qui continuent à croire à l’UE doivent en rectifier le tir (bon courage !) et retenir les leçons de leurs échecs, plutôt que de chercher à rendre la vie impossible à leurs adversaires.
Comme le dit si bien Romano Prodi, c’est clair : « La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est un signe alarmant pour tous les dirigeants européens […] Il n’y aura pas d’effet domino. Mais la maladie va progresser lentement si on ne développe pas une nouvelle politique européenne « . Il sait de quoi il parle, puisqu’il a été président de la Commission européenne de 1999 à 2004…
Les peuples ne sont pas idiots et n’ont pas besoin des conseils « éclairés » d’un ancien eurocrate.
Ils constatent par eux-mêmes, depuis longtemps, que l’Union européenne est une structure politique qui fonctionne mal.
Et que, quand elle fonctionne, c’est d’abord contre eux !
Ils peuvent aisément comptabiliser les reculs sociaux, identitaires et culturels, infligés par l’UE depuis sa création, alors qu’elle devait leur apporter joie et prospérité. Économiquement, le désenchantement est sans appel : la zone euro est la moins performante du monde et ça ne s’arrange pas. Les prévisions de la croissance pour 2017 (BCE et FMI) viennent d’être revues à la baisse et passent de 1,6 à 1,3…
On pourrait peut-être se poser la bonne question : les institutions et les règles mises en place dans la zone euro pour gérer la monnaie et encadrer les politiques budgétaires nationales sont-elles appropriées ? Pour le reste, les peuples vérifient quotidiennement, que l’Union européenne, à part leur infliger toujours plus de normes contraignantes et inadaptées, ne leur apporte rien. Elle leur enlève, plus précisément, toujours plus de liberté et de souveraineté.
La désintégration de l’Europe, qui se voulait fédérale, est enclenchée. La France, qui a mille fois plus de raisons de sortir du carcan européen que le Royaume-Uni, ferait bien d’y réfléchir.
Alors, le Frexit, c’est pour quand ?

Claude PICARD

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2 comments

  1. Vous avez absolument raison Claude PICARD, et comme vous le dites si bien: « La France, qui a mille fois plus de raisons de sortir du carcan européen que le Royaume-Uni, ferait bien d’y réfléchir. »
    Alors, le Frexit, c’est pour quand ?
    Et poursuivons dans lancée: sortir de l’OTAN c’est pour quand ???
    Brexit : Bruxelles veut punir la Grande-Bretagne. André Noël écrit :
    C’est le ministre des finances allemand qui a demandé à ses homologues européens de ne pas « punir » la Grande-Bretagne après le vote en faveur du Brexit. Cela signifie que cette tentation existe bel et bien chez les dirigeants européens, ulcérés, vexés, que le peuple anglais leur claque la porte au nez. Il faut le faire payer aux Britanniques. Car, derrière les paroles résignées, l’affirmation qu’il faut s’incliner devant le verdict – mais peut-on faire autrement ? – il y a la volonté de faire de la Grande-Bretagne un exemple pour décourager ceux qui seraient tentés de l’imiter en démontrant que cela leur coûterait plus cher que cela ne leur rapporterait.
    C’est pourquoi, Junker et Hollande ne veulent pas attendre le mois d’octobre pour que le successeur de David Cameron demande officiellement la mise en oeuvre de l’article 50 du traité de Lisbonne qui prévoit les modalités du retrait de l’Union européenne. Le Royaume uni ne saurait profiter pendant trop longtemps des avantages de l’Union sans ses inconvénients disent-ils. « Ce n’est pas un divorce à l’amiable » a affirmé Junker, c’est donc une séparation dure que Bruxelles veut conflictuelle.
    L’article 50 prévoit deux ans pour cela ; probablement plus de temps serait nécessaire. Mais, à Bruxelles, on parle d’un an seulement ; on veut être expéditif, ce qui perturberait et fragiliserait l’économie d’outre-Manche. « Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement britannique a besoin d’attendre jusqu’au mois d’octobre pour décider si oui ou non il envoie la lettre de divorce à Bruxelles.
    J’aimerais l’avoir immédiatement. » a insisté Junker. Même son de cloche du président du Parlement européen Martin Schultz qui
    a jugé « scandaleux » le choix Cameron, estimant qu’il prenait « tout le continent (européen) en otage ». Or, Londres a besoin de temps pour purger sa législation des éléments qui lui ont été imposés par l’Union pour la remplacer par ses propres lois.
    Cela serait une leçon pour ceux qui ailleurs envisageraient de partir. A défaut de se faire aimer des Européens, Bruxelles veut leur faire peur. Junker n’a-t-il pas qualifié de « déserteurs » les Britanniques ? Ils doivent donc être châtiés comme des traîtres à la pseudo-patrie européenne. Ainsi se réaliserait la menace des européistes selon laquelle la Grande-Bretagne serait appauvrie en étant en dehors de L’UE.
    La veille du scrutin Donald Tusk, président du Conseil européen, déclarait que sa « plus grande crainte est qu’un éventuel résultat négatif puisse encourager d’autres eurosceptiques en Europe. » Nous y sommes mais c’est un résultat positif pour les Britanniques et pour les peuples qui sont las de la tutelle bruxelloise.
    Le mot d’ordre à Bruxelles, et dans les capitales européennes depuis vendredi matin, c’est : « Il faut éviter la contagion ».
    Tous les propos de Hollande, Merkel, Junker et les autres, ont pour objet de « rassurer », de promettre que l’on va faire ce qu’il faut pour remédier aux « dysfonctionnements » – un euphémisme ! – de l’UE qui ont entraîné son rejet en Grande-Bretagne. Mais ce sera insuffisant. Arrêtons-nous un instant sur ce mot, « contagion » qui assimile la consultation démocratique d’un peuple qui décide de son destin à une maladie contagieuse, un « sida démocratique », dont il faut enrayer la propagation !
    La « contagion » est déjà là ! En Autriche, l’Afd, qui fut près de la victoire en mai, a promis d’organiser un référendum en cas de victoire, tandis qu’aux Pays-Bas, le député Geert Wilders a réaffirmé que les Néerlandais « ont droit à leur référendum aussi » pour un « Nexit ». En République tchèque, le premier ministre a averti ses pairs en février : en cas de Brexit, « un débat sur le retrait de la République tchèque sera à attendre dans quelques années ». En Hongrie, le premier ministre a annoncé un referendum sur la question migratoire, au Danemark aussi, il est question d’un referendum. Marine Le Pen, chez nous, demande un tel referendum depuis 2013.
    Or, la problématique des européistes se résume à une interrogation inquiète : comme éviter que le peuple se prononce ?
    On voit que le fossé ne cesse de se creuser non seulement sur le fond des questions européennes mais sur la conception même de la démocratie. Or, le mouvement est inéluctable : même les électeurs, favorables à l’Europe telle qu’elle est, sont partisans d’un referendum. Selon Ipsos, 26% des Français refuseraient de quitter l’Union européenne mais 55% d’entre eux veulent qu’on les consulte ; même chose en Italie : 58% des Italiens sont d’accord pour un referendum, tout en voulant rester dans les structures actuelles.
    Les politiciens ne peuvent plus continuer à parler de démocratie, exalter la volonté populaire, prétendre qu’ils sont à l’écoute du peuple et finir par lui refuser la parole ! Tout spécialement sur l’Europe où les peuples voient chaque jour davantage qu’ils sont dépossédés de leur souveraineté au profit d’organismes non élus qui décident à leur place.
    Les européistes reprochent à David Cameron d’avoir ouvert la boîte de Pandore parce qu’il a donné la parole au peuple ; ce serait une « faute » qu’il a payée de sa proche démission. Même si, à l’origine, sa décision d’organiser un referendum avait un motif politicien – préserver l’unité du parti conservateur – le fait est qu’il a mis en harmonie ses propos sur la démocratie et ses actes. Ce n’est pas le cas des autres ! Chez nous, les hommes politiques y vont mais à reculons en se demandant comment échapper au désir grandissant des électeurs.
    Magnifique synthèse n’est-ce pas ???
    « La théorie de la peur nous amène plus sûrement et plus vite encore à la guerre qu’à la paix !
    C’est la fin d’une époque : la notre »
    Alexandre Goldfarb Observatoire du MENSONGE

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